Le capteur de saturation en oxygène du sang de l’Apple Watch est au cœur d’une saga judiciaire apparemment sans fin. En 2020, avec la sortie de l’Apple Watch Series 6, Apple a introduit un capteur mesurant le taux d’oxygène dans le sang (SpO2), essentiel pour évaluer comment les globules rouges transportent l’oxygène des poumons vers le reste du corps. La même année, la société Masimo, spécialisée dans la technologie médicale, a déposé une plainte, affirmant qu’Apple avait violé ses brevets.
En 2023, la Commission du commerce international des États-Unis (ITC) a tranché en faveur de Masimo, imposant une interdiction d’importation sur les modèles Apple Watch Series 9 et Ultra 2. En août 2025, Apple a contourné cette décision en relançant la fonction de mesure de la saturation en oxygène via un iPhone jumelé, permettant ainsi de continuer d’analyser et d’afficher les données du capteur.
Cependant, le vendredi précédent, l’ITC a rejeté la demande de Masimo d’imposer une nouvelle interdiction d’importation pour l’Apple Watch, précisant qu’elle ne réexaminerait pas une décision préliminaire selon laquelle la version redesignée de l’Apple Watch ne viole pas les brevets de Masimo. C’est une victoire significative pour Apple.
Un représentant de la marque a déclaré : « Nous remercions l’ITC pour sa décision, qui nous permet de continuer à offrir cette fonctionnalité de santé importante à nos utilisateurs. » Masimo, après plusieurs années de campagne juridique contre Apple, a vu la majorité de ses revendications rejetées.
À moins que Masimo ne décide de faire appel de cette décision, Apple peut continuer à proposer le suivi de la saturation en oxygène.
Chronologie de l’affaire autour du capteur d’oxygène de l’Apple Watch
La bataille judiciaire entre Masimo et Apple a réellement commencé en 2021, lorsque l’ITC a constaté qu’Apple avait violé les brevets de Masimo. En décembre 2023, l’ITC a interdit l’importation des montres d’Apple, y compris les modèles Series 9 et Ultra 2, aux États-Unis. Pour contourner cette interdiction, Apple a désactivé la mesure de la saturation en oxygène sur ses appareils.
Avant le lancement de l’Apple Watch Series 11, la mesure de la saturation en oxygène a été réintroduite en août 2025, avec l’aval des douanes américaines. Apple a contourné l’interdiction en utilisant un iPhone jumelé pour analyser les niveaux d’oxygène dans le sang, au lieu de le faire directement via l’Apple Watch. Masimo a ensuite engagé une action en justice contre les douanes américaines pour cette décision.
Dans une tournure des événements, un jury du tribunal de district des États-Unis pour le district central de Californie a trouvé qu’Apple avait violé un brevet de Masimo et lui a accordé 634 millions de dollars en dommages. Apple prévoit de faire appel, soutenant que le brevet en question avait expiré en 2022.
Bien que l’ITC ait rejeté une nouvelle interdiction sur la fonctionnalité de mesure d’oxygène sanguin d’Apple, Masimo pourrait décider de poursuivre son combat, notamment après sa récente victoire. La société a exprimé son engagement à défendre ses droits de propriété intellectuelle.
En attendant, pour ceux qui souhaitent surveiller leurs niveaux d’oxygène dans le sang de manière pratique et efficace, il reste possible de se tourner vers un oxymètre de pouls, un appareil sans complications légales, qui mesure le taux d’oxygène sanguin en analysant la lumière qui traverse le doigt.
Points à retenir
- Le capteur de l’Apple Watch mesure la saturation en oxygène dans le sang, une fonctionnalité essentielle pour les utilisateurs intéressés par leur santé.
- La bataille juridique entre Apple et Masimo dure depuis plusieurs années, avec des décisions contradictoires au fil du temps.
- Apple a trouvé un moyen de relancer la fonctionnalité de mesure grâce à un iPhone, contournant ainsi les interdictions d’importation.
- Masimo a obtenu des dommages mais pourrait continuer ses poursuites contre Apple, ce qui souligne l’importance de la propriété intellectuelle dans la technologie.
- Les utilisateurs ont d’autres options, comme les oxymètres de pouls, qui offrent une mesure simple de la saturation en oxygène sans complications légales.
Ce contexte soulève une question essentielle : dans un monde où la technologie évolue rapidement, à quel point doit-on protéger les innovations tout en permettant la concurrence? Je me demande si cette bataille juridique n’illustre pas un besoin d’innovation plus fluide au sein de l’industrie technologique, afin de bénéficier au consommateur final.