Bien que les tensions des dernières semaines semblent s’être apaisées, une inquiétude persistante vis-à-vis de l’intelligence artificielle (IA) et des coûts croissants des puces de mémoire demeure sous-jacente. Ce jour, cette inquiétude s’est concrétisée. Entre 17h00 et 17h30, heure de la péninsule ibérique, une tempête de vente a frappé simultanément les marchés boursiers américains et européens, entraînant une chute des prix du pétrole, du bitcoin, de l’euro, des rendements des obligations américaines à 10 ans et des métaux précieux. La plus durement touchée a été l’argent, qui a vu son prix plonger de 8 % en quelques minutes, atteignant presque une baisse de 10 %.
L’origine de la crise d’aujourd’hui réside dans les résultats décevants de Cisco annoncés hier. La société a présenté des prévisions de bénéfices pour les prochains trimestres qui ont déçu, en raison de la pénurie de puces de mémoire et des prix élevés qu’elle doit payer, entraînant une chute de son action de plus de 10 %. Cette annonce a eu des répercussions sur plusieurs grandes entreprises du secteur, avec des baisses généralisées chez Apple, Amazon et Tesla. Le Nasdaq 100 a chuté de plus de 1,6 % et affiche désormais une performance négative pour l’année.
Le choc a été ressenti partout. Le Nasdaq 100 a baissé de 2,04 % pour atteindre 24 687 points, pénalisé par AppLovin (-19,68 %), dont les résultats ont déçu, Cisco (-12,32 %) et DoorDash (-8,17 %). Le S&P 500 a chuté de 1,57 % à 6 832 points, et accuse une baisse de 0,20 % depuis le début de l’année. Le Dow Jones a également perdu la barre des 50 000 points, enregistrant une baisse de 1,34 % à 49 451 points, avec des chutes notables de Cisco, Disney (-5,36 %) et Apple (-5 %).
Les matières premières n’ont pas été épargnées. Le baril de pétrole du Texas a reculé de 2,65 % pour s’établir à 62,92 dollars, tandis que l’or a diminué de 3,06 % à 4 943 dollars. De plus, la silvergarde a chuté de 10,90 % à 74,77 dollars. En parallèle, le rendement des obligations américaines a chuté de sept points de base pour atteindre 4,10 %, à l’anticipation d’éventuelles mesures de stimulation par la Réserve fédérale, tandis que le dollar a légèrement rebondi par rapport à l’euro. Cela témoigne d’un climat de peur généralisée qui règne sur les marchés depuis janvier.
Marko Kolanovic, ancien strateège en chef chez JP Morgan, a partagé via Twitter son avis : les entreprises du secteur logiciel devraient considérablement réduire leurs investissements en IA, “cesser d’acheter de la mémoire gonflée” et revenir à l’essentiel : le flux de trésorerie. La crise liée aux mémoires ne s’atténue pas, et elle apparaît comme la principale raison des difficultés rencontrées par le secteur technologique.
De plus, plusieurs données moins favorables que prévu en provenance des États-Unis ont été publiées, venant s’entremêler de manière préoccupante. Aujourd’hui, les ventes de logements anciens ont chuté de 8,4 %, une baisse deux fois plus importante que prévu par les experts, indiquant que la baisse des taux d’intérêt ne suffit pas à stimuler les achats importants. Les chiffres d’emploi d’hier ont surpris, mais le secteur qui crée des emplois de façon soutenue est celui de la santé, tandis que la construction et l’industrie manufacturière, que Donald Trump espérait relancer avec des tarifs douaniers, continuent de perdre des emplois.
Les investisseurs gardent une attention particulière sur l’indice des prix à la consommation (IPC) de demain, qu’ils anticipent à 2,5 %. Cependant, plusieurs analystes mettent en garde contre le risque d’un tassement ou d’un rebond de l’inflation. “Les marchés semblent convaincus que l’inflation va baisser, mais nous sommes toujours dans un environnement structurel d’inflation élevée”, prévient Benjamin Wiltshire de Citigroup. “Notre conclusion est que l’économie ne connaît ni déflation généralisée ni réinflation », ajoute Anna Wong de Bloomberg Economics. Un statu quo, particulièrement dans certains secteurs clés comme l’alimentation, constitue un problème préoccupant.
Le principal danger qui pèse sur les marchés est que la Réserve fédérale n’effectue pas de coupes dans les taux ou qu’elle le fasse plus lentement que prévu. L’outil FedWatch prévoit deux réductions de taux cette année, en juin et en septembre, avec la possibilité d’une troisième en suspens. Un chiffre d’inflation supérieur aux attentes obligerait à revoir de nombreuses attentes de marché et secouerait significativement Wall Street. Un statu quo inflationniste serait le pire des scénarios à moyen terme.
Points à retenir
- La vente massive sur les marchés a été déclenchée par les prévisions décevantes de Cisco.
- Les pertes ont été ressenties à l’échelle mondiale, touchant de nombreuses entreprises technologiques majeures.
- Les matières premières, y compris l’argent, ont également subi des baisses significatives.
- Des données économiques préoccupantes persistent, notamment dans le secteur immobilier.
- Le risque d’une inflation stagnante ou en hausse reste d’actualité, malgré les anticipations d’une baisse.
Il est intéressant de voir comment des éléments comme les prévisions économiques et les tendances du marché sont interconnectés, avec un impact direct sur notre quotidien. À l’heure où l’économie mondiale est en constante évolution, cela nous amène à nous interroger sur l’avenir des grandes entreprises technologiques et la manière dont elles s’adaptent aux défis actuels. Il devient crucial de rester vigilant et de comprendre ces dynamiques, car les choix d’aujourd’hui façonneront les marchés de demain.