
Pour reprendre l’expression d’un bon ami, il est d’usage que tout chroniqueur digne de ce nom consacre son dernier article de l’année à commenter le cycle qui s’achève. Que voit-on de notre pays depuis ma fenêtre et que s’est-il passé au Chili durant ces 365 jours ? Au-delà des faits spécifiques, il est essentiel de se demander dans quelle direction nous avançons. Si tant est que nous avancions vers un but.
Einstein nous a enseigné que la réponse à cette question dépend de la position de l’observateur, car la vitesse à laquelle se déplace un objet influe sur la manière dont le temps s’écoule pour lui. Et puisque nous ne partageons pas tous la même position ni ne nous déplaçons à la même vitesse, la réponse est, à l’instar de la célèbre théorie, relative.
Le gouvernement a solidifié l’échec de son discours, de son projet et de son équipe. Malgré les tentatives de certains théoriciens d’interpréter ces échecs comme des expériences et les incohérences en modérations, la réalité est que l’équipe présidentielle de Boric a réussi à paralyser l’économie, à normaliser l’insécurité, et à accroître sans mesure ni contrôle la bureaucratie étatique. Cette année marque également la découverte d’une contradiction flagrante entre leur discours féministe et leurs actions.
Une partie de l’opposition a réussi à se repositionner pour un retour à La Moneda, mais comme aucun consensus minimal ne parvient à se former entre elle et les autres factions, il est probable qu’elle n’obtienne qu’un autre gouvernement minoritaire, se contentant de réformes qu’elle saluera comme des victoires, en arguant que “la gauche n’a pas obtenu tout ce qu’elle voulait”. De nombreux dirigeants demeurent convaincus que pour gagner, ils doivent dissimuler ce qu’ils pensent, conduisant à gouverner en regardant dans une direction tout en avançant dans une autre. Un tel décalage peut rendre le temps perçu très long.
Les entrepreneurs, pragmatiques par nature, ont continué à diversifier leur portefeuille, ce qui revient à dire qu’ils cherchent des pays offrant un meilleur rendement pour leur argent. Le Président de la République qualifie cela d’idéologie, sans réaliser qu’en paraphrasant Pascal, l’argent a des raisons que la politique ignore. Ils appellent également à des accords, presque n’importe quels accords, car cela permet de gagner du temps, et le temps, comme ils le savent bien, est précieux.
Et que dire des citoyens, ces gens ordinaires ? Pour eux, le temps s’est écoulé plus lentement, car ce sont eux qui ont souffert de l’impasse. Enfermé chez eux à cause du crime organisé, certains ont fait face au chômage, d’autres à la précarité, tandis que tous ont dû supporter l’absence de perspectives dans une économie structurellement bloquée.
Les gens n’ont pratiquement pas progressé et ceux qui tentaient de produire ont avancé au rythme lent des réglementations. En termes relatifs, en 2024, le statisme et l’insécurité ont gagné du terrain, tandis que la liberté et le progrès ont continué à reculer.
Gonzalo Cordero
Bon à savoir
- La position de l’observateur joue un rôle clé dans l’interprétation des événements politiques et économiques.
- Les contradictions entre discours et actions peuvent affecter la perception publique d’un gouvernement.
- La diversification des investissements est une stratégie adoptée par de nombreux entrepreneurs en période d’incertitude.
C’est fascinant de voir comment la perspective change tout. Dans ce contexte, les entrepreneurs doivent s’adapter rapidement, comme dans un jeu vidéo où chaque décision compte !