mar. Juin 23rd, 2026

Gaza – Le chercheur en sécurité et en affaires militaires, Rami Abu Zubeida, a dénoncé que la situation actuelle à Gaza n’est plus une simple série de bombardements sporadiques ou des attaques ciblées, mais plutôt un projet systématique d’expropriation. Ce projet, selon lui, vise à transformer la région en un espace vide et contrôlable, utilisant l’intégralité des capacités militaires et techniques à disposition dans cette opération de destruction massive.

Abu Zubeida a expliqué dans une analyse adressée à l’agence Shehab que la stratégie de bombardement des tours et leur évacuation éclaire l’état d’esprit de l’occupant. Ce dernier ne se contente pas d’attaquer des bâtiments spécifiques, mais vise à rayer des quartiers entiers. Il a affirmé que cette guerre ne s’attaque pas seulement à la résistance armée, mais aussi à l’urbanisme et à la population de Gaza. L’image des habitants jetant leurs derniers biens par les fenêtres avant l’effondrement de leurs maisons souligne la volonté de l’occupant d’imposer le déplacement par la force, en transformant les foyers en “pièges mortels”.

Il a également ajouté que l’État occupant déploie ce qu’il appelle une “ingénierie militaire du vide”, considérant la présence de la population dans ses villes comme un enjeu tout aussi crucial que la résistance militaire elle-même. Cela rend la démolition des tours résidentielles tant un instrument de pression psychologique que de déracinement forcé, cherchant à redessiner la géographie urbaine et à imposer une nouvelle réalité démographique au fur et à mesure que les habitants quittent progressivement la ville.

Il a noté que même les évaluations israéliennes révèlent l’ampleur du dilemme, le journaliste Alon Ben David, du quotidien Maariv, soulignant que le contrôle total de Gaza, tant en surface qu’en profondeur, pourrait entraîner environ 100 pertes humaines israéliennes et nécessiter au moins un an, sans garantir un dénouement militaire contre le Hamas. Abu Zubeida a précisé que le véritable défi pour l’occupant est avant tout social et démographique, avec plus d’un million de personnes demeurant fermement dans la ville, refusant d’émigrer.

Abu Zubeida a également critiqué ce qu’il a appelé “l’illusion des zones humanitaires”, soulignant qu’après l’échec des tentatives de déplacement par la violence, l’occupant a tenté de promouvoir la région de “Mawasi” comme un refuge sûr, alors qu’il ne s’agit là que d’une stratégie de propagande pour légaliser une politique de “meurtres avec aide” plutôt que de “meurtres sans aide”. De plus, l’absence des camps du centre sur ces cartes démontre l’intention de l’occupant d’ouvrir un nouveau front en même temps que la lutte à Gaza.

Pour conclure son analyse, Abu Zubeida a affirmé que l’occupant cherche à redessiner Gaza par la force, en détruisant son urbanisme et en évacuant ses habitants, tout en imposant l’expulsion comme une réalité inévitable. Toutefois, la résistance des habitants, qui demeurent attachés à leur terre, demeure le plus grand obstacle à cette “ingénierie criminelle”. Il en résulte que la lutte à Gaza va au-delà d’une simple question militaire, mais constitue aussi une lutte pour l’existence, la géographie et la survie.

Points à retenir

  • La stratégie actuelle à Gaza semble viser une transformation démographique par la destruction massive.
  • Le bombardement des quartiers entiers révèle une tactique d’effroi et de pression sur la population.
  • L’illusion des zones humanitaires pourrait dissimuler des objectifs politiques plus sombres.

Le conflit à Gaza soulève des interrogations sur les dynamiques humaines et géopolitiques en jeu. Comment les populations peuvent-elles résister à de telles stratégies de déplacement et quelles implications cela peut-il avoir sur l’avenir de la région ?


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