Ajith Sunghai, responsable du bureau des droits de l’homme de l’ONU en Palestine, a récemment déclaré que les rapports de son bureau font état d’une intensification du conflit, caractérisée par la destruction massive de logements dans le sud de la bande de Gaza et dans le nord-est de la ville de Gaza. Cette situation a provoqué des pertes civiles et un déplacement forcé des populations.
Sunghai a précisé à l’agence des Nations Unies que, selon le ministère de la Santé de Gaza, 813 Palestiniens ont perdu la vie entre le 26 août et le 1er septembre.
Il a ajouté qu’environ un million de Palestiniens demeurent dans le nord de la bande de Gaza, “confrontés maintenant à un espace qui se réduit continuellement en direction de l’ouest, dans des conditions humanitaires désastreuses“.
De nombreux habitants ne peuvent pas se déplacer en raison de l’absence de zones sûres et des dangers liés aux déplacements d’un lieu à un autre. D’autres, quant à eux, sont bloqués dans l’est de la ville de Gaza, rendant leur accès aux équipes de secours impossible.
Le responsable onusien a souligné que les frappes militaires israéliennes ciblent ceux qui tentent d’apporter une aide, tandis que les convois de secours rencontrent d’importantes difficultés pour entrer dans le territoire.
Le bureau des droits de l’homme de l’ONU a enregistré plus de 2 146 décès autour des sites de la “Fondation humanitaire de Gaza” et le long des routes de livraison de secours.
Situation en Cisjordanie
Sunghai a également relevé une augmentation des rapports concernant “les projets du gouvernement israélien d’imposer sa souveraineté”, ce qui revient à formaliser et renforcer l’annexion de la Cisjordanie occupée ou de ses parties.
Il a averti que toute déclaration d’imposition de la souveraineté sur la Cisjordanie aurait des conséquences catastrophiques pour les Palestiniens, “non seulement pour leur droit à l’autodétermination, mais aussi pour leur quotidien”.
Il a ajouté que cette imposition du droit israélien faciliterait l’expansion des colonies et donnerait une légitimité aux implantations existantes, permettant à Israël de contrôler totalement les ressources naturelles palestiniennes.
Appel à la solidarité des pays arabes
Lors de son intervention devant le Conseil de la Ligue des États Arabes, le Commissaire général de l’UNRWA a appelé à manifester solidarité envers l’agence et à protéger son rôle dans la défense des droits des réfugiés palestiniens, exhortant à utiliser tous les moyens nécessaires pour mettre fin aux souffrances inacceptables à Gaza.
Philippe Lazzarini, le Commissaire général, a évoqué la dégradation de la situation dans la bande de Gaza, parlant d’une “famine d’origine humaine” qui devrait rapidement s’aggraver.
Il a déclaré que cela résulte directement du blocus et des restrictions délibérées sur les organismes humanitaires, y compris l’UNRWA, qui sont contrées par des mécanismes militarisés et armés de distribution alimentaire. “Les habitants de Gaza sont confrontés à un choix tragique entre mourir de faim ou être tués dans leurs tentatives désespérées de trouver à manger.”
Le Commissaire a aussi dénoncé les attaques visant les journalistes à Gaza, souvent ciblés pour faire taire ceux qui documentent les violations des droits humains.
Concernant la Cisjordanie occupée, il a souligné les actes de violence exercés par les soldats israéliens et les colons armés contre les Palestiniens, signalant que l’annexion est désormais un objectif politique déclaré.
Il a exprimé son indignation face à l’indifférence du monde et son incapacité à agir, qualifiant cela de complicité et mettant en péril la stabilité de toute la région.
Campagne de désinformation contre l’UNRWA
Lazzarini a affirmé que les souffrances des Palestiniens sont amplifiées par les attaques contre les employés et les installations de l’UNRWA, ainsi que par des attaques à caractère politique et législatif. Plus de 360 employés de l’agence ont trouvé la mort à Gaza, et de nombreuses infrastructures ont été endommagées ou entièrement détruites.
Il a ajouté que des législations israéliennes interdisent la présence de personnel international dans les territoires palestiniens occupés, affirmant que “la campagne mondiale de désinformation a terni la réputation de l’UNRWA et entravé le financement essentiel” à ses activités vitales.
Malgré ces défis, le personnel palestinien de l’agence montre un dévouement remarquable, permettant à l’UNRWA de continuer à fournir des services essentiels, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation à Gaza et en Cisjordanie.
Lazzarini a mis en garde contre une situation financière catastrophique pour l’UNRWA. Bien que des mesures d’austérité permettent de garantir le paiement des salaires pour septembre, les prévisions financières pour le reste de l’année 2025 demeurent hautement incertaines.
Il a conclu en lançant trois appels :
- Premièrement, il a appelé les pays arabes à manifester leur solidarité envers l’UNRWA, non seulement par un soutien politique, mais aussi par un soutien financier significatif.
Les contributions financières provenant de la région n’ont représenté cette année que 3 % du total des contributions reçues par l’agence, soit une chute de plus de 90 % par rapport à l’année précédente.
- Deuxièmement, il a demandé la préservation du rôle de l’UNRWA dans la protection des droits des réfugiés palestiniens.
- Troisièmement, il a exhorté les pays arabes à utiliser tous les outils légaux, politiques, diplomatiques et économiques à leur disposition pour mettre fin aux souffrances inacceptables à Gaza.
Un cessez-le-feu est jugé indispensable, en soulignant la nécessité de permettre à l’UNRWA d’exploiter son expertise et son réseau unique pour distribuer l’aide et lutter contre la famine, fournissant ainsi l’assistance humanitaire nécessaire.
Il est urgent d’agir pour sauver des vies et garantir l’avenir de la Palestine et de la région.
Points à retenir
- Le conflit en Palestine a provoqué de lourdes pertes civiles et un déplacement massif des populations.
- La situation humanitaire à Gaza est critique, affectée par des restrictions sur les secours et les mouvements des habitants.
- Les actions israéliennes en Cisjordanie risquent d’aggraver la condition des Palestiniens, notamment en facilitant l’expansion des colonies.
- Les appels à la solidarité des pays arabes visent à renforcer le soutien à l’UNRWA, essentiel pour la protection des droits des réfugiés palestiniens.
- La situation financière précaire de l’UNRWA pourrait compromettre ses capacités à fournir des services essentiels à Gaza et en Cisjordanie.
La question de la paix en Palestine ne peut être résolue que par une coopération internationale efficace et un dialogue constructif, alors que les défis humanitaires continuent d’affecter la vie de milliers de personnes. Une mobilisation collective est indispensable pour alléger la souffrance et ouvrir la voie à une coexistence pacifique.