L’accès aux services – Santé mentale lors de catastrophes et d’urgences est le thème de la Journée Mondiale de la Santé Mentale (World Mental Day 2025), célébrée le 10 octobre, visant à sensibiliser sur l’impact des maladies mentales sur la vie des individus et sur les moyens d’améliorer les soins.
Santé mentale lors des urgences
Chaque année, des millions de personnes sont affectées par des situations d’urgence telles que les conflits armés et les catastrophes naturelles. Ces crises perturbent les familles, les moyens de subsistance et les services essentiels, ayant un impact notable sur la santé mentale. Près de toutes les personnes touchées ressentent un malaise psychologique, qui s’améliore généralement avec le temps. Cependant, une personne sur cinq (22 %) ayant vécu une guerre ou un conflit au cours des dix dernières années souffre de dépression, d’anxiété, de trouble de stress post-traumatique, de trouble bipolaire ou de schizophrénie.
Les individus présentant de graves problèmes de santé mentale sont particulièrement vulnérables en période d’urgence et nécessitent un accès à des soins de santé, mais les services sont souvent significativement interrompus et l’accès à des soins efficaces est limité.
Les urgences peuvent exacerber les troubles mentaux et les problèmes sociaux, tels que la pauvreté et la discrimination, tout en pouvant également engendrer de nouvelles difficultés, comme le séparatisme familial et l’abus de substances.
Directives internationales lors des urgences
Les directives internationales recommandent diverses actions pour fournir un soutien psychosocial et en matière de santé mentale (MHPSS) durant les périodes d’urgence, allant de l’auto-assistance à la communication communautaire, en passant par le premier secours psychologique et l’assistance clinique. La préparation et l’intégration des efforts de réduction des risques de catastrophe sont essentielles pour atténuer les conséquences. Les pays peuvent aussi profiter des urgences pour investir dans la santé mentale en utilisant les ressources et l’attention accrues pour développer des systèmes de soins à long terme.
Santé mentale et soutien psychosocial dans les urgences (MHPSS)
Les urgences sanitaires, les catastrophes naturelles, les conflits armés et divers phénomènes migratoires peuvent infliger de graves souffrances aux populations touchées. Les effets psychologiques et sociaux des urgences peuvent être sévères à court terme, mais ils peuvent également engendrer des répercussions sur le long terme.
Ces effets peuvent menacer la paix, les droits de l’homme et le développement.
Protéger et améliorer la santé mentale et le bien-être psychosocial des individus est donc une priorité en période d’urgence. Pour atteindre cet objectif, une action coordonnée entre les acteurs humanitaires, y compris les agences gouvernementales, les organisations non gouvernementales et les groupes de la société civile œuvrant dans le soutien à la santé mentale et psychosociale, est nécessaire.
Les rapports de l’OMS : “Un renforcement urgent des services est nécessaire”
Plus d’un milliard de personnes vivent avec des troubles mentaux, comme l’anxiété et la dépression, entraînant d’importants coûts humains et économiques à l’échelle mondiale, avec une augmentation des dépenses de santé pour les individus et les familles.
“Il est impératif de renforcer les services.” “Chaque gouvernement et chaque dirigeant a la responsabilité d’agir rapidement pour garantir que l’assistance en santé mentale soit considérée non pas comme un privilège, mais comme un droit fondamental pour tous”, a déclaré le Directeur Général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Bien que de nombreux pays aient renforcé leurs politiques et programmes en santé mentale, il reste un besoin accru d’investissements et d’actions à l’échelle mondiale pour élargir les services et protéger la santé mentale des individus.
Ces observations proviennent des nouveaux rapports de l’Organisation Mondiale de la Santé, tels que “World Mental Health Today” et “Mental Health Atlas 2024” qui mettent en lumière des avancées dans certains domaines, tout en révélant également des lacunes significatives dans la prise en charge des troubles mentaux à l’échelle mondiale.
Le Dr Ghebreyesus a ajouté que “transformer les services de santé mentale est l’un des défis les plus pressants en santé publique et a souligné que tout investissement dans la santé mentale est un investissement dans les personnes, les communautés et les économies, un engagement que nul pays ne peut négliger”.
La prévalence des troubles mentaux varie selon le genre, les femmes étant globalement plus affectées. L’anxiété et la dépression représentent les formes les plus courantes, tant chez les hommes que chez les femmes. Le sucide demeure un résultat tragique, avec environ 727 000 décès enregistrés en 2021, et il constitue l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes dans tous les pays et contextes socioéconomiques. Les progrès réalisés pour réduire la mortalité par suicide demeurent insuffisants pour atteindre l’objectif de l’Agenda ONU 2030 d’une réduction d’un tiers des cas.
Les investissements stagnent, et la dépense publique médiane consacrée à la santé mentale stagne à 2% des budgets de santé, un chiffre inchangé depuis 2017, tandis que les inégalités demeurent frappantes.
Des signes encourageants émanent de la prévention. La majorité des pays disposent de programmes de promotion de la santé mentale dans les écoles et d’initiatives pour le développement de l’enfance. Plus de 80 % proposent un soutien psychosocial en temps d’urgence, et les services ambulatoires et télémedecine se développent, bien que l’accès reste encore inégal.
Points à retenir
- Des millions de personnes perdent accès aux soins de santé mentale en période de crise.
- Les gouvernements doivent intensifier leurs efforts pour considérer la santé mentale comme un droit fondamental.
- La coopération entre différents acteurs humanitaires est cruciale pour un soutien efficace.
- Les rapports de l’OMS soulignent à la fois des progrès et des défis persistants.
Il est essentiel de continuer à se pencher sur cette problématique de la santé mentale, non seulement en temps de crise, mais aussi dans le quotidien de chacun. Les inégalités en matière d’accès aux soins demeurent une grande question à traiter pour garantir un soutien adéquat à la population vulnérable. Comment pouvons-nous, en tant que société, contrer ces défis et promouvoir une meilleure santé mentale pour tous ?