Une saison estivale décevante pour le cinéma
Cette année devait annoncer le retour en force du box-office nord-américain, après une période de déclin causée par la pandémie. Adam Aron, le PDG d’AMC Entertainment, a exprimé son optimisme en mai, prédisant que les films d’été de Hollywood seraient des succès retentissants.
Malheureusement, les spectateurs n’ont pas répondu à l’appel. Les multiplexes aux États-Unis et au Canada ont connu leur pire été depuis 1981, en tenant compte de l’inflation et en excluant les années de pandémie.
La question qui se pose
Il est à présent légitime de se demander si une part significative des cinéphiles nord-américains ne reviendra jamais. Les pertes de fréquentation pourraient s’élever à 20-25 % du public habituel. Ces inquiétudes, qui ne faisaient que murmurer dans les coulisses des studios l’année dernière, sont devenues un sujet de discussion plus fréquent. Les ventes de billets de manière hebdomadaire durant l’été ont mis en lumière cette préoccupation : seules deux semaines ont généré plus de 300 millions de dollars, contre neuf semaines avec ce résultat en 2019.
Une adaptation nécessaire
Les studios rechignent à élargir leur audience, en raison de la fragmentation des médias. En conséquence, leur stratégie de marketing s’est davantage orientée vers les franchises disposant de bases de fans déjà établies. Au total, 26 films ont récolté au moins 20 millions de dollars cet été, dont 20 appartenaient à des franchises.
Cependant, la plupart de ces franchises enchaînent les projets sans beaucoup de succès. Plus de la moitié des sorties estivales n’ont pas su surpasser les performances de leurs prédécesseurs. Des films comme “Superman” et “Lilo & Stitch” ont montré que le retour des franchises peut entraîner des succès, mais d’autres ont peiné à séduire le public.
Bon à savoir
- Les studios ont tendance à privilégier les adaptations et les remakes pour attirer un public fidèle.
- La pandémie a nettement changé les habitudes de consommation de films, et cette tendance pourrait se maintenir à long terme.
- Les films basés sur des jeux vidéo ou issus de franchises à succès continuent de dominer le box-office, ce qui amène les studios à se concentrer sur ces formats.
En conclusion, la question se pose : le modèle traditionnel du cinéma s’effondre-t-il au profit de constructions plus sûres et répétitives ? Les studios doivent innovant et s’adapter pour survivre à un marché qui évolue rapidement. Quels nouveaux modèles pourrait-on envisager pour unir le public avec le grand écran ?
