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étoile de cinéma
Crédit : Pixabay/CC0 Domaine public

Dans une nouvelle analyse linguistique, il a été constaté que les critiques de films avec des distributions dominées par des femmes présentent des niveaux de sexisme nettement plus élevés que celles des films à distributions masculines. Les chercheurs Jad Doughman et Wael Khreich de l’Université Américaine de Beyrouth, au Liban, exposent ces résultats dans PLOS One.

Des recherches antérieures soulignent que des critiques négatives peuvent influencer les finances des acteurs, leurs carrières et leur bien-être mental, tout en ayant un impact sur le paysage médiatique global. Cependant, les études sur le biais de genre dans les critiques se sont traditionnellement appuyées sur les notes de films ou les recettes au box-office, sans prêter attention aux mots utilisés par les critiques.

Pour combler cette lacune, Doughman et ses collègues ont réuni le jeu de données Movie Review Data contenant 17 165 transcriptions critiques de films, ainsi que des métadonnées de l’Open Movie Database sur les premiers acteurs, premiers scénaristes et premiers réalisateurs des films. Ils ont ensuite utilisé un système de détection de biais de genre propulsé par l’IA, préalablement validé, pour détecter la présence de biais de genre dans les critiques.

Leur analyse a distingué plusieurs formes bien établies de biais de genre, notamment le sexisme “bienveillant”, qui renforce des stéréotypes idéalisés ou condescendants des hommes comme dominants et des femmes comme nécessitant de l’aide, et le sexisme “hostile”, qui se manifeste par de la négativité et de l’agressivité.

En moyenne, les critiques des films à distribution féminine affichent un niveau de sexisme hostile supérieur de 149 % et un niveau de sexisme bienveillant supérieur de 44 % par rapport aux films à distribution masculine. Le sexisme bienveillant était le plus élevé dans les critiques des films de famille et de musique, tandis que le sexisme hostile était prédominant dans les films romantiques. Par rapport à leurs homologues masculins, les premières acteurs, réalisatrices et scénaristes femmes sont soumises à des critiques à la fois bienveillantes et hostiles de manière plus intense.

Cette analyse met également en lumière le biais de représentation dans l’industrie : 72 % des premiers acteurs, 91 % des premiers réalisateurs et 86 % des premiers scénaristes sont des hommes.

Ces résultats suggèrent que les critiques pourraient évaluer les films différemment selon les genres des personnes impliquées. Les chercheurs estiment ainsi que les critiques pourraient jouer un rôle essentiel dans la promotion d’une industrie cinématographique plus équitable et dépourvue de préjugés. De futures recherches pourraient remédier aux limites de cette étude, notamment son accent mis sur les films et les critiques des studios et critiques occidentaux, en intégrant davantage de données provenant de sources non occidentales. De plus, cette étude s’est basée sur des prédictions de genre par le biais des noms, ne permettant pas de reconnaître les identités non binaires ou diversifiées en matière de genre.

Les auteurs ajoutent : “Notre analyse, propulsée par l’IA et portant sur 17 000 critiques professionnelles de films, révèle que les films à distribution féminine reçoivent jusqu’à 149 % de sexisme hostile et 44 % de sexisme bienveillant en plus de leurs critiques par rapport aux films à distribution masculine. Ce biais systématique, combiné à une sous-représentation sévère – seulement 28 % des acteurs principaux, 9 % des réalisateurs et 14 % des scénaristes sont des femmes – crée d’importants obstacles à l’avancement des femmes dans l’industrie cinématographique, affectant à la fois leurs revenus et leur bien-être.”

Plus d’informations : Au-delà des projecteurs : dévoiler le rideau du biais de genre dans les critiques de films, PLOS One (2025). DOI : 10.1371/journal.pone.0316093.

Fourni par
Bibliothèque Publique de Science

Citation :
Étude linguistique révèle que les films avec des distributions féminines contiennent plus de langage sexiste (2025, 29 janvier) récupéré le 30 janvier 2025

Bon à savoir

  • Le sexisme dans les critiques cinématographiques peut influencer la perception du public et des studios de cinéma.
  • Les genres de films ayant une forte représentation féminine pourraient bénéficier d’une réévaluation des critiques pour contrer le sexisme systématique.
  • Des études supplémentaires sur des films en dehors du contexte occidental pourraient mettre en lumière d’autres biais présents dans l’industrie.

En conclusion, cette étude nous incite à réfléchir sur la manière dont le sexisme peut influencer non seulement les carrières au sein de l’industrie cinématographique, mais également la diversité narrative qui est souvent relayée. Comment pourrions-nous contribuer à faire évoluer cette dynamique, tant du côté des critiques que du public ?


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4 thoughts on “Les films avec des héroïnes contiennent plus de langage sexiste, selon une étude linguistique”
  1. Julien, cet article révèle une réalité troublante. Le sexisme dans les critiques est un obstacle énorme pour la diversité au cinéma. Merci de mettre en lumière ce sujet important !

  2. Cette étude révèle un enjeu crucial. Le sexisme dans les critiques de films nuit à la représentation des femmes. Un changement s’impose pour une industrie cinématographique plus juste !

  3. Cette étude est révélatrice du biais systémique dans l’industrie cinématographique. Il est crucial de mettre en lumière ces inégalités pour promouvoir une véritable diversité et représentativité.

  4. C’est fascinant de voir comment le langage façonne les perceptions des films. Réfléchissons ensemble à la façon dont nous pouvons changer cette dynamique pour un cinéma plus inclusif et juste.

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