Après que l’univers de super-héros de Sony a rencontré des difficultés l’automne dernier avec la sortie de “Kraven the Hunter”, le PDG de Sony Pictures, Ravi Ahuja, a reconnu que les critères de succès pour les films de super-héros au box-office ont considérablement évolué.
“Il y a eu une époque où tout film de super-héros était presque assuré de faire des bénéfices,” a déclaré Ahuja lors de la conférence de Bank of America. “Je pense que le niveau d’exigence pour ces films était relativement bas. Au milieu des années 2010, presque tous faisaient d’excellents chiffres, mais à présent, même les films de super-héros doivent présenter une certaine originalité. Ils doivent apporter quelque chose de nouveau, établir une connexion émotionnelle et devenir des événements culturels pouvant être commercialisés de cette manière.”
Les déclarations d’Ahuja interviennent alors que la tentative de Sony de développer son propre univers Marvel centré sur les personnages de Spider-Man qu’il licence a atteint un certain creux, avec des résultats décevants au box-office.
Alors que “Venom” en 2018 avait rapporté 856 millions de dollars à l’échelle mondiale et que ses suites ont frôlé les 500 millions, “Morbius”, mené par Jared Leto, n’a récolté que 167 millions de dollars, avec une chute historique de 74 % lors de son deuxième week-end au box-office, devenu une blague sur les réseaux sociaux ; “Madame Web”, accueilli avec des critiques sévères, n’a généré que 100 millions de dollars, et “Kraven the Hunter”, avec Aaron Taylor-Johnson, a à peine atteint 62 millions de dollars au niveau mondial.
Ahuja a exprimé son optimisme quant au prochain film “Spider-Man” avec Tom Holland, intitulé “Brand New Day”, mais a souligné qu’il est essentiel de “ne pas produire de mauvais films”.
En effet, les films “Spider-Man” avec Holland — qui sont produits créativement par Marvel Studios mais principalement financés et distribués par Sony — ont représenté des réussites notables, avec “Spider-Man: No Way Home” en 2021 qui a rapporté près de 2 milliards de dollars.
Concernant l’approche globale de Sony pour réaliser des gros succès au box-office, Ahuja a affirmé qu’il faut créer des “événements culturels”, citant des films tels que “Weapons”, “Sinners” et le propre “28 Years Later” de Sony.
“C’est un peu du marketing, mais c’est surtout créer des événements qui poussent les gens à sortir de chez eux pour aller voir des films ensemble. Cela a toujours été le cas. Je pense simplement que c’est devenu encore plus difficile qu’auparavant.”
Bon à savoir
- Depuis 2020, certains films de super-héros ont franchi le milliard de dollars, mais ce n’est plus la norme.
- Les stratégies marketing contemporaines se concentrent sur l’engagement du public et la création d’une communauté autour du film.
- Les attentes des spectateurs ont changé, mettant l’accent sur l’originalité et la profondeur émotionnelle des récits.
Cette évolution dans l’industrie du film souligne l’importance d’innover pour attirer les spectateurs. À mesure que le marché se diversifie, la question se pose : comment les studios pourront-ils répondre aux nouvelles attentes du public tout en restant fidèles à leurs franchises établies ? Les prochaines sorties de Sony, notamment “Brand New Day”, seront-elles à la hauteur de ces défis ?
