The Stranger a fait son apparition sur Netflix de manière discrète, tout comme il parvient à s’immiscer dans l’esprit des spectateurs, laissant des frissons persistants après le générique. Ce film sur un tueur en série s’inspire d’une histoire vraie, où un individu d’intérêt (appelé Henry Teague dans le film et joué par Sean Harris) était suspecté d’avoir enlevé un enfant, poussant la police australienne à lancer une opération d’infiltration pour obtenir une confession. L’histoire réelle est déjà suffisamment terrifiante, mais le film de Thomas M. Wright est une véritable leçon deangoisse, imprégnant chaque élément du récit, de l’atmosphère et des personnages d’une sensation d’effroi.
‘The Stranger’ est basé sur une histoire vraie
Tout dans The Stranger vous engloutit dans un cocon d’angoisse, dès les premiers instants où les mots “inspiré d’une histoire vraie” apparaissent sur fond noir. Le film s’inspire d’une véritable opération d’infiltration en Australie qui a eu lieu durant une chasse à l’homme de huit ans visant Brett Peter Cowan, suspecté d’avoir enlevé et tué Daniel Morcombe, 13 ans (interprété par James Liston dans le film). Comme l’a expliqué Edgerton au Sydney Morning Herald, les noms des personnes impliquées ont été modifiés pour protéger leur identité, n’ayant même pas rencontré le véritable policier sous couverture car « [ils] enquêtaient sur la vérité, prenant cette vérité pour en raconter une version fictive, ce qui vise à protéger tous les concernés ».

Le véritable équivalent de Mark a effectivement noué des liens avec le suspect en l’entraînant dans une fausse organisation criminelle que la police avait mise en place, dans l’espoir d’enregistrer une confession, ce qui est légal et recevable au tribunal en Australie. Le film est basé sur un livre qui détaillait l’opération secrète, The Sting: The Undercover Operation That Caught Daniel Morcombe’s Killer par la journaliste criminelle Kate Kyriacou, mais une grande partie de l’histoire est fictive. Cela permet à The Stranger de transmettre le véritable désespoir qui a assombri chaque partie de l’enquête, amplifié par la direction assurée de Wright. Le film oscille entre les interactions entre Mark et Henry et le travail de police en arrière-plan, rappelant constamment que Henry, qui apparaît comme un homme normal bien que étrange, est en réalité beaucoup plus sinistre.
L’angoisse imprègne l’atmosphère de ‘The Stranger’
Nous sommes sans cesse rappelés à l’objectif de Mark et attendons la confession, créant un sentiment de fatalisme dans l’amitié et toute la situation. Dès notre première rencontre avec Henry, il échange avec un inconnu dans le bus qui le présente à Mark et lui propose un emploi dans cette organisation criminelle énigmatique. Harris réussit à capturer le regard vide d’un homme hanté, répétant souvent qu’il “n’a jamais fait de violence”, créant ainsi une présence troublante qui attire notre attention sur lui. Au fur et à mesure que le film et l’amitié centrale avancent, Harris associe son air énigmatique à des convulsions de manie, faisant trembler nos sens alors qu’il perturbe le morne silence du film.
Une lumière tamisée fatigue nos yeux tout au long du film, principalement interrompue par des scènes froides et dures du travail de police, dirigé par Jada Alberts en tant que détective en chef. L’obscurité donne aux événements une sensation de corruption et de manipulation, comme si elle corrompait le film de l’intérieur, accablé par le poids de son sujet. Associée à une bande sonore crépusculaire, chaque battement narratif nous laisse profondément troublés. Pendant ce temps, les éclairages froids des scènes policières et la narration sombre d’Alberts agissent comme une vérité guide, nous inductant dans l’enquête.
Edgerton incarne un policier sous couverture hanté dans ‘The Stranger’
Les angoisses provoquées par ces événements laissent personne indemne, surtout Mark, qui doit faire face au coût d’une identité secrète et à l’impact que l’obscurité d’Henry a sur lui. La performance intense d’Edgerton illustre le poids de ce travail traumatique, alors qu’il garde ses phrases courtes et que son regard est souvent perdu lorsqu’il n’est pas en mission. Même l’aspect de la dissimulation est troublant, car il arbore une barbe rugueuse et une posture voûtée qui reflètent Henry, établissant ainsi une connexion subliminale entre eux. Cela devient d’autant plus dérangeant à travers les scènes innocentes de Mark avec son fils, nous rappelant le tourment intérieur qu’il doit ressentir — il tente de se lier d’amitié et de s’identifier à un suspect de meurtre d’enfants.
Wright explore avec minutie les conflits intérieurs de Mark à travers des séquences de rêves habilement intégrées à la narration. Il est souvent réveillé par le visage d’Henry envahissant ses songes, une nuit particulièrement marquante évoque son amour paternel, où Henry est assis sereinement au pied du lit de son fils. Les peurs, incertitudes et la pression constante pesant sur lui se manifestent dans ces scènes chargées de désespoir, construisant une terreur inéluctable alors que les conséquences de cette opération d’infiltration frappent Mark, Henry, les policiers et nous-mêmes dans son étreinte sombre.
The Stranger est disponible en streaming sur Netflix.
Bon à savoir
- Le film dure 117 minutes.
- Il a été réalisé par Thomas M. Wright.
- Les performances des acteurs, notamment celle de Joel Edgerton, sont saluées pour leur intensité émotionnelle.
Pour clore, The Stranger soulève des réflexions sur les répercussions des actes criminels non seulement sur les victimes, mais également sur ceux qui tentent de démêler ces histoires horribles. L’impact psychologique sur les enquêteurs est un aspect souvent oublié, mais crucial dans la compréhension de la criminalité, et cet aspect mériterait d’être davantage exploré dans le domaine cinématographique.

L’atmosphère de ‘The Stranger’ est pesante, captivant l’âme du spectateur. Ce film nous plonge dans les méandres de l’angoisse, un véritable chef-d’œuvre contemporain.
Ce film est vraiment intense ! L’atmosphère est pesante et la performance des acteurs est saisissante. Une plongée troublante dans l’esprit d’un enquêteur face à l’horreur.
Ce film est vraiment bouleversant. Son approche délicate sur des thèmes si sombres nous rappelle l’importance de l’empathie et de la compréhension face à la souffrance des victimes.