Un tiers des adolescents de 15 ans échoue aux tâches de lecture de l’étude PISA. Les experts mettent en garde contre les excès d’autorité, appelant à un fonds spécial pour l’éducation et conseillant de privilégier les mangas aux longs romans.
Frankfurt – Les résultats de PISA 2025 ont encore une fois mis l’Allemagne en difficulté. Environ un tiers des adolescents de 15 ans rencontre de réelles difficultés à comprendre correctement des textes et à organiser l’information. Face à ces constats alarmants, de nombreux parents tentent d’intervenir avec des méthodes souvent strictes. Cependant, cet instinct parental mène souvent à une impasse préjudiciable.

Les véritables causes de ces lacunes sont profondes. Selon les psychologues de l’éducation, les adolescents échouent souvent faute de stratégies de lecture adaptées et d’une culture générale suffisante pour saisir le sens d’un texte. Dr. Andreas Gold, professeur de psychologie éducative à l’Université Goethe de Francfort, souligne que « les familles et les écoles ont échoué ensemble ».
Des études sur l’éducation, comme l’IGLU, montrent que les problèmes commencent bien avant l’âge PISA : un enfant sur quatre sort de l’école primaire sans avoir acquis les compétences de lecture nécessaires. Prof. Gold note que souvent, après l’apprentissage des bases en lecture, il manque une pratique continue pour automatiser la fluidité de lecture.
Lire comme punition : Pourquoi les interdictions échouent
Les conséquences de cette situation sont dramatiques. Simone Fleischmann, du Syndicat Bavarois des Enseignants (BLLV), le rappelle : la lecture est essentielle pour réussir dans toutes les matières. Elle prévient : « Comment les élèves peuvent-ils résoudre des problèmes de mathématiques s’ils ne comprennent pas les énoncés ? ». Lorsque les jeunes échouent à reconnaître de fausses informations sur les réseaux sociaux, les alarmes se déclenchent, mais forcer un enfant à lire a souvent l’effet inverse de celui désiré.
Si les enfants ne montrent pas d’intérêt à lire, une réaction fréquente chez les parents est : « Rends-moi ton téléphone. Assieds-toi et lis quelque chose ». La Fondation Lire alerte sur cette pratique, qui au lieu de motiver, associe la lecture à une contrainte.
Prof. Gold observe que, dans la pratique, beaucoup de parents manquent d’intérêt réel pour l’acquisition des compétences en lecture de leurs enfants. Simone Fleischmann insiste sur le fait qu’il ne faut pas rejeter la responsabilité sur l’un ou l’autre, car les écoles ne peuvent pas tout faire seules. « Nous avons besoin des parents », souligne-t-elle, plaidant pour un effort collectif.
Mangas et comics comme alliés
Pour faciliter l’accès à la lecture, les adultes doivent ajuster leurs conceptions de la littérature valant la peine d’être lue. Les jeunes, souvent rebutés par de gros livres classiques, doivent avoir la possibilité de choisir ce qu’ils souhaitent lire. Les experts recommandent d’offrir des formats variés comme les magazines, comics ou mangas, qui réduisent les barrières à l’entrée.
Milena Jovanović, porte-parole de la Bibliothèque centrale et régionale de Berlin, confirme l’efficacité de cette approche : la section « Comics pour enfants jusqu’à douze ans » est l’un des plus empruntés de la bibliothèque. De plus, la bibliothèque tire profit des réseaux sociaux, où des recommandations de livres de genres Young Adult et New Adult rencontrent un franc succès.
Une intervention précoce et des ressources nécessaires
Dr. Jörg F. Maas, directeur général de la Fondation Lire, souligne que sans une approche précoce, les résultats de PISA ne s’amélioreront pas. La pratique quotidienne de la lecture doit devenir la norme. Prof. Gold insiste sur l’importance des lectures préalables à l’école. Le manque de compétences linguistiques constitue également un problème majeur. Il appelle à des évaluations linguistiques obligatoires dès la maternelle.
Les écoles doivent également assumer la responsabilité des enfants moins performants, une tâche similaire à un défi monumental qui met le système à l’épreuve. Les enseignants, face à des classes de 30 élèves, ne peuvent pas s’occuper de chaque enfant individuellement. Il est impératif d’intégrer des professionnels extérieurs pour un enseignement différencié et pour répondre aux besoins des élèves.
Points à retenir
- Les résultats de PISA révèlent des lacunes inquiétantes dans la compréhension des textes par les adolescents allemands.
- Les problèmes de lecture sont souvent liés à un manque de stratégies et de culture générale.
- Les méthodes coercitives utilisées par certains parents pour encourager la lecture peuvent avoir des effets contraires.
- Les mangas et les formats contemporains peuvent susciter l’intérêt des jeunes lecteurs.
- Une intervention précoce et collective, associant parents et éducateurs, est essentielle pour améliorer la situation.
En tant que passionné de lecture, je pense que chacun mérite de trouver du plaisir dans les livres. Il est crucial d’encourager les enfants à explorer des histoires qui les captivent, sans pression ni contrainte. Le défi est encore vaste, mais en unissant nos forces, nous pouvons allumer cette flamme de la lecture chez les plus jeunes.
