mer. Juil 15th, 2026

Alliant rouleaux narratifs anciens et masques de théâtre médiévaux, une nouvelle exposition de manga à Paris retrace l’histoire de ce phénomène mondial en le reliant à ses racines dans les arts traditionnels japonais.

Manga. Un art à part entière ! a ouvert ses portes mercredi au Musée Guimet, spécialisé dans l’art asiatique.

Les organisateurs ont choisi de présenter des artefacts anciens aux côtés de célèbres mangas modernes tels que Dragon Ball, One Piece et Naruto.

Des masques de théâtre Noh, des kamishimos (tenues de samouraïs) et des katanas sont exposés à côté de dessins originaux, la mise en scène visant à refléter la créativité des bandes dessinées contemporaines qui ont séduit le monde.

Une partie de la salle dédiée au manga, avec la reproduction d'un dessin d'Hiroshi Hirata.
Une partie de la salle dédiée au manga, avec la reproduction d’un dessin d’Hiroshi Hirata.

“Ce n’est pas une exposition de bandes dessinées comme les autres : c’est une exposition qui met en parallèle les bandes dessinées et la collection du Guimet,” a déclaré Didier Pasamonik, co-curateur de l’exposition.

Parmi les éléments présentés, une véritable boule de dragon, une statue offerte par un shōgun japonais au leader français Napoléon III, permet aux jeunes lecteurs découvrant Dragon Ball de réaliser qu’elle a des origines historiques.

Les visiteurs peuvent aussi explorer les origines du mot ‘manga’, formé des termes japonais ‘man’ (spontané) et ‘ga’ (dessin).

Des magazines de manga dans l'exposition.
Des séries comme Astro Boy, Naruto et Akira jouent un rôle fondamental dans la culture populaire européenne.

Il est également expliqué comment la rencontre du Japon avec l’Occident à la fin du XIXe siècle, à travers le commerce et les échanges culturels, a contribué à l’émergence de cette forme d’art.

Les artistes japonais ont su s’emparer de la tradition européenne des caricatures de journaux, l’adaptant à leur propre culture en y intégrant leur riche mythologie et en l’utilisant dans le kamishibai, un théâtre de rue traditionnel.

Différents styles de manga sont représentés, allant du shojo – œuvres originellement destinées aux filles mais qui ont ensuite gagné en popularité – au mouvement gekiga, un style plus sombre et réaliste destiné aux adultes.

Influence d’Hokusai

Une salle entière est consacrée à l’œuvre emblématique de Katsushika Hokusai, La Grande Vague de Kanagawa, créée en 1831 en taille-douce.

La Grande Vague de Kanagawa de Katsushika Hokusai.
La Grande Vague de Kanagawa de Katsushika Hokusai, présentée à l’exposition.

Les “lignes claires et structurées” de l’œuvre “présagent déjà les esthétiques de la bande dessinée”, précise Pasamonik.

En offrant aux visiteurs des clés pour comprendre l’histoire du manga, l’exposition cherche également à expliquer l’impact de ce médium.

Des séries comme Astro Boy, Naruto et Akira ont joué un rôle fondamental dans le processus de “japonisation” de la culture populaire européenne, mentionne Bounthavy Suvilay, enseignante à l’Université de Lille.

Cela a créé “une communauté transnationale de fans, transcendant les barrières linguistiques et culturelles”, ajoute-t-elle.

Entrée de l'exposition Manga, tout un art !
Une exposition mêlant artefacts anciens et mangas modernes célèbres.

Le monde du manga s’étend également aux jeux vidéo (Super Mario, The Legend of Zelda), aux séries animées (Goldorak, Albator), et même aux cartes Pokémon.

Il a également infusé la mode, avec des créations de Louis Vuitton, Gucci et Julien David exposées au Musée Guimet.

Points à retenir

  • L’exposition explore les racines du manga à travers des artefacts historiques.
  • Des œuvres modernes comme Dragon Ball sont mises en relation avec des éléments de la culture traditionnelle japonaise.
  • Les différentes formes de manga, des styles adolescents aux œuvres pour adultes, sont représentées.
  • Le croisement culturel entre le Japon et l’Occident a joué un rôle clé dans l’évolution de cet art.
  • Des influences allant de l’art classique à la mode contemporaine sont mises en avant.

En tant qu’amateur de culture japonaise, cette exposition m’invite à réfléchir sur l’impact du manga, non seulement comme un art populaire, mais comme un vecteur de culture transnationale. La manière dont cet art évolue et s’adapte en fonction des échanges culturels soulève de nombreuses questions sur l’identité artistique et l’universalité des récits. Quelles autres formes d’art pourraient bénéficier d’une telle exploration de leurs racines historiques et culturelles ?


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