Alors que nous avons franchi la moitié de ce manga classique, Joe Yabuki se trouve à un tournant difficile de sa carrière de boxeur.
Pour ceux qui connaissent l’histoire, Joe a toujours fait face à l’adversité. Après avoir erré, purgé une peine de prison et récemment vécu un combat tragique contre son rival Rikiishi qui a coûté la vie à un ancien camarade, Joe est encore hanté par cette expérience. Cela l’a conduit à perdre ses trois derniers combats.
C’est à ce moment-là que ce volume se poursuit. Avec son entraîneur Tange envisageant de fermer sa salle de boxe, Joe décide de participer à des combats dans des foires rurales. Là, il se mesure à d’anciens professionnels dont la carrière est derrière eux et à de jeunes boxeurs qui n’ont jamais dépassé les petites ligues. Comme à son habitude, Joe ne se gêne pas pour dénoncer que de nombreux combats sont truqués.
C’est lors de ses déplacements qu’il découvre sur un écran de télévision un combat impliquant le numéro 6 mondial, Carlos Rivera. Ce Vénézuélien, homme à femmes en dehors du ring, sait aussi sortir un coup décisif quand il le faut. Cependant, Joe remarque pendant le match que Carlos se sert de son coude pour frapper ses adversaires, une technique illégale que peu semblent remarquer. Ce détail incite Joe à agir. Il propose de devenir partenaire d’entraînement pour Carlos, et à mesure que ce dernier remporte des victoires, un combat d’exhibition de quatre rounds entre les deux est suggéré. Joe se met alors à croire qu’il peut enfin se libérer du poids de Rikiishi.
Alors que la dernière collection était marquée par le thème de la perte, cette nouvelle édition met l’accent sur la renaissance et la capacité à surmonter les épreuves. Joe reprend du poil de la bête, même s’il évolue dans une catégorie de boxe peu enviable, et parvient à franchir des étapes importantes. À la fin de ce volume, Joe se prépare à entrer sur le ring devant des milliers de spectateurs, et pour ma part, j’attends avec impatience de voir comment les choses vont se dérouler. Toutefois, on peut regretter qu’un combat d’envergure ne soit pas présent ici, car bien que l’histoire de transformation soit captivante, elle manque de l’excitation des grands combats.
Un autre aspect clé de ce récit reste le conflit entre le boxeur issu de la classe ouvrière et ceux qui détiennent le pouvoir et les ressources. Nous découvrons que Carlos triche en utilisant son coude lors des combats. Les lecteurs apprennent ainsi que ce professionnel ne joue pas franc jeu. Dans ce volume, nous assistons également à des échanges entre Carlos et ses collègues sur les manipulations à mettre en place – son charme hors du ring fait vite place à une réalité plus sombre. En siégeant dans ce contexte, on ressenti que l’œuvre parle directement aux mouvements politiques de gauche de l’époque. Avant le grand événement, un commentateur évoque comment ce prochain affrontement « excite l’homme moderne, épuisé par une vie civilisée, polluée par des formalités et autres contraintes. » En tant que Teessider, cette mention de pollution résonne particulièrement à mes oreilles.
Le collectif de production pour Kodansha/Vertical demeure inchangé. La couverture dessinée par Matt Akuginow, représentant Joe portant un coup à Carlos, mérite d’être soulignée. La traduction d’Annelise Ogaard, l’édition de Daniel Joseph et la typographie d’Evan Hayden continuent de respecter un haut niveau qualitatif.
Le prochain volume est prévu pour la fin août, et il me tarde de retrouver Joe. L’attente semble interminable.
Points à retenir
- Joe Yabuki traverse une période charnière de sa carrière, marqué par des pertes successives.
- Les thèmes de l’adversité et de la résilience sont centraux dans ce volume.
- La notion de combats truqués soulève des questions éthiques sur le monde de la boxe.
- La popularité des boxeurs et leur image publique contrastent souvent avec leurs actions sur le ring.
- Une réflexion sur l’impact sociopolitique de la boxe se dégage à travers les dialogues et commentaires.
En tant que passionné de boxe et de récits de rédemption, je trouve que cette exploration des défis de Joe Yabuki est non seulement captivante, mais elle soulève également des réflexions sur le pouvoir, la corruption et l’intégrité dans le sport. Comment ces thèmes résonnent-ils dans notre époque actuelle ? Je serais curieux d’entendre vos opinions à ce sujet.
