jeu. Juin 11th, 2026

Un regard critique sur l'industrie actuelle de l'anime.
Un regard critique sur l’industrie actuelle de l’anime.

Dans la série d’animation contemporaine, un phénomène notable est la diminution des séries diffusées en continu. Le format saisonnier, typiquement de 12 épisodes, est devenu prédominant. Même *One Piece* a adopté ce format, bien qu’il propose davantage d’épisodes par saison.

Goro Taniguchi, réalisateur de *One Piece Red* et *Code Geass*, évoque ce tournant comme la source de problèmes essentiels au sein de l’industrie de l’anime. Lors d’une conférence à l’Université Keio, il a souligné que l’absence de contrôle de la direction et l’effondrement des systèmes de formation pour les jeunes talents en sont des conséquences directes.

L’anime comme production de fast-food

Pour illustrer ses propos, Taniguchi compare les séries d’anime modernes au « junk food » : attrayantes au premier coup d’œil, mais dépourvues de substance à long terme. La critique se concentre sur des réalisateurs qui manquent de clarté dans leurs priorités, permettant ainsi aux différentes équipes de production de travailler de manière désorganisée.

  • Il cite en exemple les chefs opérateurs, qui partagent sur les réseaux sociaux des comparaisons avant-après de leurs travaux de postproduction.
  • Taniguchi trouve cette pratique « peu glorieuse », car de nombreux posts n’illustrent pas une prouesse créative, mais cachent souvent des corrections de défauts dans le matériel initial dues à un manque d’instructions de la part du réalisateur.

Lorsque chaque individu effectue sa tâche de manière désordonnée, cela donne du « junk food ». Si cela correspondait à une intention consciente, cela aurait pu passer, mais ce n’est pas le cas – c’est un produit dérivé du processus, et c’est préoccupant.

L’effondrement de la formation des jeunes talents

Parmi les causes structurelles, Taniguchi identifie l’essor des séries dites « One-Cour », qui comprennent environ 11 à 13 épisodes diffusés sur un trimestre. Avant 2005, le standard était plutôt de 24 à 26 épisodes, connu sous le nom de « Two-Cour ».

  • Il fait remarquer que cette évolution a entraîné l’effondrement du système de formation entre les membres des studios, car un artiste ne peut participer qu’à un maximum de trois épisodes.
  • C’est insuffisant pour apprendre le métier de manière significative ; le système de feedback entre le réalisateur principal et le réalisateur d’épisode ne fonctionne plus.

Taniguchi voit une possibilité de redressement dans les studios qui continuent de produire des programmes pour le long terme. Il mentionne des exemples positifs comme Toei Animation (Dragon Ball, One Piece), TMS Entertainment (Détective Conan) et Shin-Ei Animation (Doraemon, Shin-chan).

Points à retenir

  • Taniguchi critique la production d’anime moderne pour son format court et sa substance insuffisante.
  • Une absence de coordination entre les équipes peut nuire à la qualité des œuvres.
  • Les chefs opérateurs utilisent les réseaux sociaux pour montrer leurs travaux, mais cela peut masquer des problèmes internes.
  • Le système de formation pour les jeunes talents s’est dégradé avec le passage aux séries courtes.
  • Certains studios continuent de promouvoir des formations à long terme malgré ces défis.

Cette réflexion sur l’industrie de l’anime soulève des questions essentielles sur l’avenir de ce média. Personnellement, je me demande si la quête de succès commercial à court terme n’est pas en train d’éroder la créativité et la richesse narrative qui caractérisaient autrefois l’anime. Les studios doivent-ils repenser leurs méthodes de production, ou est-il trop tard pour redresser la barre ? La passion pour l’animation mériterait certainement un approfondissement de cette discussion.


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