Fuyuki Kanda, ancien pianiste concertiste et veuf, n’a toujours pas surmonté sa peur de se produire sur scène. Pour tenter de faire face à ses angoisses, il décide de se déguiser (perruque, masque, lunettes sombres) et de jouer sur un piano de rue situé sur le belvédère d’un immeuble en centre-ville. Malheureusement pour lui, il croise la route de Hikaru, un jeune pianiste prometteur plein de confiance en lui, qui n’hésite pas à défier quiconque osant s’interposer. Chaque musicien doit jouer cinq minutes, et Kanda se sent rapidement submergé. Il repense à son ancienne professeure, la redoutable Margarethe Dressel, qui l’avait pris sous son aile lorsqu’il était enfant, au grand désespoir d’Hikaru. À sa grande surprise, un passant s’écrie : « J’aimerais entendre la suite. Petit, ne veux-tu pas jouer pour moi ? » En levant les yeux, Kanda reconnait son ancienne professeure et, d’un coup, son stress s’évapore. Regagnant sa confiance, il interprète le troisième mouvement de la Sonate « Clair de Lune » de Beethoven, captivant tous les passants. Après cela, il invite Margarethe chez lui pour qu’elle rencontre son chat, Fukumaru, lui aussi amateur de félins. Hikaru les accompagne. S’agit-il du début d’un renouveau pour Kanda sur la scène musicale ? Margarethe a des conseils sévères à lui donner, mais cela fait partie de l’exigence qu’elle s’impose également.
Umi Sakurai parvient à maintenir la fraîcheur et l’intérêt de l’histoire malgré des éléments familiers. Elle gère habilement un nombre croissant de musiciens et de chats, alternant des moments amusants avec des dilemmes touchants d’ordre humain. Une légère critique me vient à l’esprit : les adorables chatons de Geoffroy semblent avoir conservé leur taille trop longtemps ; cela aide à les distinguer des autres chats, mais cela frôle l’irréaliste. Toutefois, dans l’univers du manga et de l’anime, il n’est pas rare de voir des personnages conserver certaines caractéristiques sans explication, peut-être est-ce un choix artistique !
Les flashbacks sur la relation entre le jeune Fuyuki et son enseignante flamboyante mettent en lumière des enseignements précieux, tant sur la vie que sur la musique. Toutefois, pour ceux qui s’inquiéteraient de voir le drame humain prendre le pas sur l’histoire des chats, ces derniers reprennent rapidement le devant de la scène. Lorsque Teruaki Kuju arrive, impatient de commencer ses leçons avec Geoffroy, il découvre Fukumaru endormi sur le clavier. Geoffroy insiste pour ne pas déranger le chat somnolent et montre comment jouer autour de lui. Cependant, les chatons arrivent et occupent également l’espace du clavier, rendant la situation cocasse. Les échanges entre les personnages, en attendant que les chats s’éloignent, permettent de créer des liens, car Geoffroy commence à partager des souvenirs sur ses parents.
Par ailleurs, Marin et les chatons aperçoivent un autre chat dans le jardin. Fukumaru, se sentant un peu mal, le rejoint et identifie ce matou désagréable comme leur grand frère. Ils l’appellent, mais il tourne le dos et s’en va en boitant. Quelle pourrait être son histoire ?
Ce nouvel opus, traduit avec soin par Taylor Engel pour Square Enix Manga, présente de belles illustrations en couleur et un guide des personnages. De plus, un strip d’une page par Sakurai célèbre ses dix ans de carrière en tant que mangaka. Une avant-première du quinzième volume, prévu pour avril, est aussi incluse, accompagnée de quelques gag mangas humoristiques, souvent centrés sur les mésaventures des chats et les efforts de leurs propriétaires pour comprendre leur comportement intrigant.
Points à retenir
- Fuyuki Kanda tente de surmonter sa peur de la scène avec l’aide de son ancienne professeure.
- La dynamique entre le jeune Hikaru et Kanda ajoute une touche de compétition amicale.
- Les chats jouent un rôle central, apportant humour et tendresse dans l’histoire.
- La narration mêle habilement le passé et le présent, enrichissant les personnages.
- Le volume inclut des notes sur les personnages et des illustrations attrayantes.
Dans l’ensemble, l’œuvre de Sakurai continue d’évoluer en offrant une exploration à la fois touchante et légère de la vie, de la musique et de l’amitié. En tant que lecteur, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la manière dont ces interactions entre humains et animaux nous reflètent, et si, finalement, nos propres relations ne sont pas aussi souvent teintées d’incompréhension et de complicité. N’est-ce pas là une belle métaphore de la vie elle-même ?