Les lecteurs familiers avec l’univers d’AMG se rappellent sans doute de la dernière apparition de Slaughterday, figures emblématiques du death metal allemand, dans ces colonnes numériques. C’était il y a longtemps, lorsque les EPs bénéficiaient encore d’un traitement critique complet, permettant à leur deuxième sortie, Ravenous, d’obtenir une note respectable de 3,0/5,0. Ce qui m’a étonné, c’est le manque de couverture médiatique par la suite, malgré la sortie de trois albums depuis—Laws of the Occult (2016), Ancient Death Triumph (2020) et Tyrants of Doom (2022). Quelles qu’en soient les raisons, qu’il s’agisse d’un manque de promotion ou d’intérêt, cela demeure secondaire ici. J’ai eu la chance de déterrer le nouvel album de Slaughterday, Dread Emperor, des profondeurs les plus obscures. Pour un duo qui produit un death metal de qualité constante depuis 2010, il est surprenant qu’ils ne suscitent pas plus d’attention. Analysons donc si Slaughterday mérite de prendre d’assaut le trône du death metal, ou si ce Dread Emperor n’est qu’une illusion.

Inspiré par un morceau de Mental Funeral, il n’est pas surprenant que Slaughterday puise son identité sonore dans les œuvres de Autopsy. Évitant le simple statut de clone, les fondateurs Jens Finger (guitare, basse) et Bernd Reiners (batterie, chant) incorporent des influences d’un mélange explosif de Massacre, de l’early Death, et de Grave. Après une introduction sombre et engageante, Dread Emperor se lance dans un rythme frénétique avec « Obliteration Crusade », qui déboule à toute allure. Ce morceau démontre l’étendue des talents de Slaughterday, tissant des passages de vitesse effrénée, des solos solides et des moments de dévotion doomy à Autopsy, le tout dans une tapisserie de death passée au crible de la mélodie et d’un refrain accrocheur. Les lignes de basse de Finger éclatent comme des bulles de sang tandis que les percussions brutales de Reiners renforcent le tout, soutenant des vocalises bestiales évoquant un mélange de Peter Tägtgren et de Kam Lee. Cette première salve résume bien l’expérience Dread Emperor, promettant un délice musical qui prouve que Slaughterday possède autant de ressources que le célèbre Art the Clown a d’armes dans son arsenal.

Au cœur du succès de Dread Emperor se trouve la capacité de Slaughterday à composer de véritables morceaux de death metal. Cet album est un hommage bien senti à leurs influences sans tomber dans l’imitation. Chaque fois que le groove prenait une tournure pleine de l’aisance d’Autopsy (« Subconscious Pandemonium », « The Forsaken Ones »), ma tête ne pouvait s’empêcher de bouger au rythme. Les parties mélodiques égyptiennes majestueuses et les riffs doomy du titre « Dread Emperor » se sont imposés comme l’apogée de l’album pour moi. De plus, Dread Emperor revient sur un aspect qui avait parfois manqué dans les œuvres précédentes de Slaughterday : le solo de guitare. Finger explore toutes les cordes, proposant une profusion de solos mélodiques (« Astral Carnage », « Necrocide ») et de travaux de guitare hantés (« Rapture of Rot ») dans chaque recoin de Dread Emperor. Amis amateurs de death metal, cet album est fait pour vous : il invite à lever le poing et à réagir.

Avec une durée proche de quarante minutes et une couverture visuelle redoutablement efficace par Pär Olofsson, je n’ai guère trouvé de points à critiquer sur Dread Emperor. Il est vrai que certaines sections rapides avaient tendance à se fondre l’une dans l’autre, mais cela reste une critique mineure. Grâce à la manière dont Slaughterday construit ses compositions, les changements de style et de tempo entre les morceaux se révèlent être une force organique plutôt qu’une distraction. Même leur version du morceau « Golem » de Protector s’intègre harmonieusement à la fin, soutenant la narration de Dread Emperor.

Slaughterday propose-t-il un death metal classique ? Effectivement, mais ce n’est pas une soupe insipide en conserve : c’est un ragoût, comme le faisait grand-mère, débordant de morceaux de pomme de terre et de viande juteuse, dans un bouillon qui vaut la peine d’être goûté. Je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir avec Dread Emperor, mais cet album remplit son rôle à merveille : il fait sourire, secouer la tête et balancer le poing. Un death metal authentique, parfait pour des moments sombres.


Note : 3,5/5,0
DR : 6 | Format testé : mp3 320kb/s
Label : Testimony Records
Sortie mondiale : 13 février 2026

Points à retenir

  • Slaughterday explore une fusion d’influences variées tout en préservant leur identité unique.
  • Avec une production solide, l’album démontre une maîtrise technique au service de la composition.
  • La polyphonie des riffs et solos au sein de Dread Emperor enrichit l’expérience auditive.
  • Chaque morceau offre des variations de rythme attrayantes pour tenir l’auditeur en haleine.
  • Le choix de reprendre un classique comme « Golem » ajoute une touche familière tout en s’intégrant bien à l’album.

En fin de compte, Dread Emperor de Slaughterday est un splendide témoignage du potentiel du death metal contemporain. En tant que passionné de ce genre musical, je suis constamment à la recherche d’œuvres qui défient les conventions tout en rendant hommage à l’héritage de leurs prédécesseurs. Ce mélange unique d’hommage et d’innovation pourrait bien être la clé pour l’avenir du death metal et inciter davantage d’artistes à perpétuer cette tradition riche. Que pensez-vous de cette tendance actuelle ? N’est-il pas fascinant de voir comment un genre si brut et énergique continue d’évoluer ?


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