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Si vous demandez à n’importe qui quels musiciens il rêverait de voir jouer ensemble sur scène, il y a fort à parier que la moitié citerait les Traveling Wilburys. Bob Dylan, George Harrison, Tom Petty, Roy Orbison, Jeff Lynne… ce groupe pouvait sembler sorti tout droit d’une constellation céleste, une réunion improbable de talents hors norme.
On a du mal à croire aujourd’hui que ces légendes aient réussi à se retrouver vraiment dans la même pièce pour composer ensemble. Ce qui rend l’histoire encore plus étonnante, c’est cette sorte de désinvolture apparente avec laquelle le projet a vu le jour. Harrison avait suggéré à Lynne, presque à la blague et à demi-mot, l’idée de former un groupe, comme on demanderait à un ami s’il veut manger un burger.
« Tu sais quoi ? Nous deux, on devrait monter un groupe », avait-il lancé. Lynne, pensant à première vue à une plaisanterie, avait demandé qui ils y mettraient. Harrison avait alors répondu sans hésiter : « Bob Dylan ». Lynne, toujours à moitié amusé, en avait ajouté Roy Orbison. Mais en réalité, ils étaient sérieux — la vraie blague semblait être qu’un tel groupe n’existait pas encore. Un clin d’œil parfait à l’album sur lequel Harrison et Lynne travaillaient alors, Cloud Nine.
Le plus grand groupe qui n’a jamais tourné
Il faut reconnaître qu’une tournée était un rêve un peu irréaliste. Leur réunion n’a été possible que grâce au hasard orchestré entre Harrison et Lynne, qui travaillaient sur un titre en marge de Cloud Nine avec Dylan, Petty et Orbison. Comme dans une comédie de circonstances, ils ont laissé les choses se faire, et l’alchimie a opéré. Rapidement, l’envie d’enregistrer du nouveau matériel a pris le dessus, annonçant le début officiel des Wilburys.
Mais comme dans tout rêve, il y a un bémol : malgré leur chimie en studio, le groupe ne s’est jamais produit en live. Cela reste leur plus grand regret, notamment pour Tom Petty. Pourtant, ce n’était pas faute d’y avoir pensé. « On en parlait souvent », confiait Petty. « On planifiait ça autour de quelques bières, mais au petit matin, on se disait ‘non finalement’ ». Ce même refus est d’autant plus étonnant qu’à mesure que le groupe gagnait en succès, les sollicitations pour tourner se multipliaient.
Harrison, qui adorait l’idée de rejouer en groupe, aurait sans doute su faire de ces concerts un succès, tant sur le plan artistique que public. Mais réunir cinq stars solo, chacune avec ses propres engagements et projets, relevait d’un casse-tête logistique improbable. Peut-être est-ce d’ailleurs une chance que les Wilburys n’aient jamais pris la route. Leur absence scénique a nourri une légende intacte, un mystère flottant autour de ce qu’aurait pu être ce supergroupe.
Points à retenir
- Malgré leur nom, les Traveling Wilburys n’ont jamais vraiment voyagé ensemble sur scène.
- Le groupe est né d’une discussion presque sur un coup de tête, sans grandes prétentions, ce qui ajoute au charme de leur histoire.
- Leur unique tournée aurait impliqué des négociations dignes d’un sommet du G7, réunissant cinq artistes aux agendas bien remplis.
- La non-existence de performances live a augmenté leur aura mythique, les confinant à un mythe studio-époque.
- Les Wilburys démontrent que parfois, l’alchimie de la musique ne passe pas forcément par le spectacle public, mais par l’instantané, le moment précieux partagé entre quelques-uns.
En fin de compte, il semblerait que les Traveling Wilburys aient parfaitement joué la carte du mystère en refusant la scène. Est-ce un manque d’enthousiasme, une mauvaise gestion musicale ou tout simplement une stratégie pour ménager leur légende ? On pourrait en débattre autour d’un bon vieux vinyle, mais une chose est sûre : dans ce monde où tout doit se montrer, ces cinq légendes ont préféré rester ces fées cachées de la musique. Et franchement, qui peut leur en vouloir ?
