mar. Juil 14th, 2026

Autrefois chasseuse de démons, toujours chasseuse de démons. Du moins, c’est l’espoir.

Sony Pictures est en discussion avec Netflix pour la production d’une suite animée à KPop Demon Hunters, révèle The Hollywood Reporter. Ce film musical fantastique est devenu un phénomène culturel rare, recherché par tous les grands studios ou plateformes de streaming, souvent au prix fort mais rarement atteint.

Les derniers événements — avec notamment la sortie surprise d’une version karaoké en salles du film durant le week-end du 22 au 24 août, ainsi que Demon Hunter qui est désormais le film anglophone le plus regardé sur Netflix — relancent le débat : Sony a-t-il sacrifié une pépite en cédant la distribution à Netflix en 2021, au lieu de miser sur un lancement en salles ambitieux ? Un pari osé pour une première réalisation signée Maggie Kang, sans vedettes majeures.

Pour la majorité des spécialistes et des concurrents, Sony a fait preuve de prudence, voire de sagesse. L’animation originale rencontre des difficultés au box-office post-pandémie, tandis que les franchises établies s’en sortent mieux. Même Pixar n’échappe pas à cette tendance : Elio, une autre nouveauté, a connu un démarrage décevant avec seulement 21 millions de dollars. Son budget de 150 millions pour 73 millions aux États-Unis et 152 millions dans le monde pose question, malgré un gros investissement marketing.

Cependant, certains regrettent que Sony n’ait pas tenté le tout pour le tout. « Il aurait été préférable que Sony garde le contrôle complet », affirme une source proche des exploitants, estimant que l’incertitude autour d’une création originale était un facteur de mauvaise fortune.

Côté rentabilité, la donne est favorable à Sony : alors qu’une marge bénéficiaire classique tourne autour de 10 à 12 %, Demon Hunters pourrait générer entre 20 et 30 %.

Le premier accord avec Netflix, signé en pleine pandémie, prévoyait que la plateforme prenne en charge les 100 millions de dollars du budget, en versant en plus 25 millions à Sony, soit 25 % du budget plus certains frais annexes. Sony perçoit également des revenus liés à la bande originale et aux droits de publication musicale, tandis que le merchandising revient exclusivement à Netflix.

Le succès est indéniable : Netflix a annoncé que KPop Demon Hunters est désormais le film anglophone le plus visionné sur sa plateforme, cumulé à 236 millions de vues, dépassant le précédent record détenu par Red Notice avec Dwayne Johnson, Ryan Reynolds et Gal Gadot. Ce résultat est d’autant plus impressionnant qu’il s’agit d’un film deux-quadrants, ciblant familles et jeunes femmes de moins de 25 ans.

La musique tirée du film s’illustre aussi dans les charts, avec quatre titres simultanément présents dans le Top 10 du Billboard Hot 100, menés par « Golden » de Huntrix.

De plus, Sony touche une part des revenus versés à Imageworks, sa filiale d’animation primée aux Oscars pour les films Spider-Verse. Un Oscar est par ailleurs envisagé pour Demon Hunters.

Pour Netflix, ce triomphe confirme l’importance de séduire un jeune public et les familles, élément essentiel de sa stratégie pour fidéliser les abonnés. Selon une source, les enfants regarderaient le film en moyenne six à huit fois, voire davantage.

La collaboration entre Sony et Netflix se déroule sans heurts, en partie grâce à des liens personnels forts. Hannah Minghella, responsable animation chez Netflix, a longtemps travaillé chez Sony avec Kristine Belson, la directrice actuelle de Sony Animation. Dan Lin, chef du cinéma chez Netflix, a salué dans un communiqué le soutien mutuel apporté aux réalisateurs Maggie Kang et Chris Appelhans ainsi qu’à l’équipe de Sony.

Dans la même interview, Lin explique que Netflix permet à ses films de construire progressivement leur public, une chance que les exploitants ne peuvent se permettre face à un lancement raté au cinéma. « Le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux ont boosté la popularité du film, qui figure parmi les rares à accroître son audience après cinq à six semaines de diffusion », ajoute-t-il.

Les réalisateurs ont évoqué l’éventualité d’une suite. Selon des sources chez Sony, des discussions informelles ont eu lieu mais aucune décision n’a encore été prise. La priorité reste la renégociation du partenariat avec Netflix, car ni l’un ni l’autre ne peut avancer seul sur une suite.

Affaire à suivre.

Points à retenir

  • Succès partagé : Le film KPop Demon Hunters a trouvé un large public grâce à la formule mixte de cinéma puis streaming, révélant une nouvelle dynamique dans l’animation originale.
  • Partenariat stratégique : Sony et Netflix ont su allier leurs forces, offrant à chacun un retour sur investissement intéressant tout en ouvrant la porte à une possible franchise.
  • Musique et culture : La bande originale, elle-même phénomène, est un vecteur clé du succès, avec plusieurs titres dans les charts et une visibilité accrue sur les réseaux.
  • Évolution du marché : Même les studios traditionnels comme Pixar rencontrent des difficultés, alors que le streaming bouleverse les modes de consommation des œuvres animées.
  • Défi pour l’avenir : Trouver l’équilibre entre financement, distribution, et développement créatif reste une équation complexe, surtout avec des contenus originaux et jeunes réalisateurs.

Au fond, on se demande si ce succès est surtout dû à une stratégie gagnante ou simplement à une soupe bien mijotée entre gros budgets et coups de pouce numériques. Allez, personnellement, je parie que la vraie magie, c’est aussi que les enfants adorent appuyer sur le bouton replay… Le jour où un film aura autant de succès sans compter sur ce sixième visionnage, je serai aux premières loges avec le popcorn. En attendant, vivement la suite, on a déjà hâte de remettre ça.


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By Sandrine Dubois

Sandrine Dubois est une Journaliste indépendante trilingue, elle est née sur île de la Grenade, puis a fait ses études aux Etats-Unis à l' "University of Northern Iowa" , aujourd'hui elle intervient sur différents médias Web pour partager ses compétences dans les thématiques sociétales, business, lifestyle et culture.

4 thoughts on “Chasseurs de Démons KPop : Sony et Netflix en discussions pour la suite”
  1. Ce film est une véritable œuvre d’art ! L’alliance de la musique et de l’animation éveille en moi une douce nostalgie, comme une mélodie qui accompagne nos souvenirs d’enfance.

  2. Sandrine, cet article met parfaitement en lumière l’évolution fascinante du secteur. J’adore la manière dont tu explores les opportunités créatives entre le cinéma et le streaming. Vivement la suite !

  3. C’est fascinant de voir comment une histoire peut toucher autant de familles ! Les enfants adorent les répétitions, et ce film semble vraiment plaire. J’ai hâte de voir la suite !

  4. C’est génial de voir les studios s’unir pour créer des œuvres qui font vibrer le public. Hâte de voir où cette aventure nous mène !

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