mer. Juin 24th, 2026

Les chiots, c’est un peu comme un phénomène magique : ils commencent tout petits, mignons, et incroyablement adorables. Regardez leurs pattes enjouées, bien trop grandes pour leurs petits corps ! Écoutez leurs aboiements et leurs jappements pendant qu’ils s’amusent à chuter et à se cogner ! Sentez à quel point leur petit ventre dodu est doux lorsque vous leur grattez tendrement le ventre ! Puis, ils grandissent, deviennent plus gros et s’adaptent aux intérêts de leurs congénères plus âgés. La biologie opère sa magie sur toutes les créatures de Dieu. Et voilà, le chien de famille commence à se livrer à des distractions inappropriées, un peu comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Avec Fixed, Genndy Tartakovsky débute cette narration en nous présentant une famille qui adopte un terrier bull nommé, ironie du sort, Bull. Après un rapide « Deux ans plus tard », on découvre notre héros en pleine action avec le mollet veineux de sa grand-mère. Pour qualifier les commentaires sur les exploits de ce chien animé de pornographiques serait un euphémisme ; notons simplement que Bull n’hésite pas à s’exprimer avec force. Chassé par ses propriétaires avant d’atteindre son apogée, il se lance ensuite dans des relations intimes avec une boule de glace à la menthe, une balle en caoutchouc, un parapluie, un sac à main et un saladier de fruits. Puis, un tuyau d’arrosage est activé, et Bull ne tarde pas à suivre le mouvement.

On ne peut pas en vouloir à Bull (doué de la voix d’Adam Devine, qui semble se contenter de parodier Jack Black) de vouloir s’en donner à cœur joie avec tout ce qui bouge. C’est un véritable obsédé. Ni de le voir craquer pour Honey (Kathryn Hahn), la superbe Afghan hound voisine, qui est en réalité son amie d’enfance. Bien qu’elle perçoive la gentillesse qui se cache derrière ses instincts débordants, Bull ne comprend pas pourquoi Honey est si enthousiasmée par l’idée de participer à un concours canin, qu’il considère comme dégradant. Ne se font-ils pas prouver et palpiter à leur insu ? « Ils ne me touchent pas de manière inappropriée », corrige-t-elle. « Ils caressent doucement mon corps avant de me juger sur mon apparence. »

Bull traîne également avec une bande de chiens du quartier, comprenant un boxeur alpha nommé Rocco (Idris Elba), un teckel nerd mais ambitieux nommé Fetch (Fred Armisen), et un beagle nommé Lucky (Bobby Moynihan). Leur quotidien consiste à renifler des fesses et à poursuite des balles. En parlant de balles, le groupe aperçoit un de leurs amis avec un collier autour du cou ; il a récemment subi une opération. Quand le gros chien se retourne, tous au parc canin remarquent qu’il lui manque quelque chose d’important. Bull poussé par la terreur, imagine l’horreur de perdre ses précieuses parties.

Plus tard dans la journée, Bull revient chez lui et commence à s’interroger sur le comportement étrangement bienveillant de ses propriétaires. Il découvre alors qu’il est prévu qu’il soit castré le lendemain. Bull n’a pas d’autre choix que de fuir, cherchant un endroit utopique où il pourrait vivre en paix sans toupet ni contraintes.

Par la suite, Fixed s’engouffre dans une avalanche de blagues sur la castration et se complaît dans un humour obscène qui, bien qu’amusant au début, s’essouffle rapidement. La bande sonore, tout en jazz, est censée rappeler les cartoons vintage de Hanna-Barbera, mais laisse transparaître la volonté de Tartakovsky et de ses co-auteurs, Steve Greenberg et Jon Vitti, de se contenter des blagues les plus faciles. Le seul moment vraiment inventif implique un chenil, où il est demandé de « Bellagio ces enfoirés », ce qui ne fait qu’ajouter à l’absurde. À ce moment-là, on se demande si Dave Chappelle a écrit les scènes impliquant un Dobermann intersexe interprété par River Gallo.

Le film évoque également un triangle amoureux entre Bull, Honey et un borzoi snob (Beck Bennett) censé contrebalancer toute cette vulgarité par une touche de romance, ce qui rend le tout encore plus artificiel. Fixed était destiné à devenir une sensation hilarante sur les créatures neurotiques obsédées par le sexe, ou même un conte sur les instincts humains que nous partageons avec nos compagnons à quatre pattes, mais il se révèle un divertissement inégal, évident, et souvent douloureusement ennuyeux sur 80 minutes. Il y a de quoi rendre fou.

Bon à savoir

  • Genndy Tartakovsky est connu pour son style unique et son humour audacieux, avec des œuvres précédentes telles que Samurai Jack.
  • Ce film a été diffusé sur Netflix, qui a souvent une approche audacieuse concernant les contenus humoristiques.
  • Les comédies centrées sur les animaux restent populaires, mais rencontrent parfois des difficultés à toucher un large public en jouant sur la vulgarité.

La blague sur l’obsession canine soulève des questions plus larges sur notre société et l’humour. Face à cette prouesse d’animation, quel équilibre entre le comique olfactif et une véritable exploration des relations est souhaitable dans le cinéma d’animation moderne ?


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