Tarek Yassin Skylar, mieux connu sous son nom d’artiste Taz Skylar, est un acteur, scénariste et réalisateur hispano-britannique, reconnu notamment pour son rôle de Sanji dans la populaire adaptation live action de One Piece sur Netflix.
Originaire des îles Canaries, ce trentenaire est un invité international de la neuvième édition de la Comic Con Ecuador, qui se tient en 2025 au Centre des Congrès de Guayaquil.
Lors d’une rencontre avec ses fans, animée par Angie González, porte-parole officielle de l’événement, Taz Skylar s’est montré accessible et enthousiaste, répondant avec sincérité aux nombreuses questions du public geek.
Comment as-tu réussi à t’adapter au style de combat de Sanji ? Quelle a été ta préparation ?
Franchement, je ne savais pas du tout me battre avant, ni aux poings ni aux jambes. On a beaucoup répété, appris les mouvements, et une fois acquis, on pouvait même les faire les mains dans les poches.
Quel impact le monde d’Eiichiro Oda (créateur de One Piece) a-t-il eu sur ton travail d’écrivain ?
Entrer dans l’univers d’Oda, c’est impressionnant. Son travail sur les personnages et les arcs narratifs est exceptionnel. Ce que j’en retiens le plus, c’est sa capacité à créer des allégories : des histoires qui portent des messages profonds déguisés en récits légers. J’ai appris que tout ce qui est sérieux ne doit pas forcément être dit sérieusement.
Très caricatural, le style de l’anime, comment évitez-vous que cela casse l’immersion ?
On en a beaucoup discuté. L’univers lui-même est déjà assez exagéré et plus grand que nature. Donc notre travail consiste surtout à rester naturels, à agir comme dans n’importe quelle situation réelle, sans en rajouter. Parfois, un peu de folie s’invite, et ça marche plutôt bien ! La série est vraiment fantastique.
Une de tes scènes est une séparation émouvante, est-ce inspiré de ta propre vie ?
Oui, surement. Je suis parti de chez moi à 15 ans et je me rappelle ce moment à l’aéroport. C’était exactement comme la scène : moi sur l’escalator en pleurs, mon père en bas, ce moment poignant. Depuis, à chaque départ et retrouvailles dans ce même lieu, je me pince encore comme un gamin.
Y a-t-il un lien entre ton lieu de naissance et le lieu de tournage en Afrique du Sud ?
Question très touchante. Mon personnage cherche “l’All Blue” – une mer mythique regroupant toutes les espèces de poissons. Moi, je ressens toujours un manque du large, une quête du grand large. Il y a une connexion mystérieuse entre mon expérience personnelle et ce que vit Sanji. Je crois qu’on partage tous ce genre de recherche intérieure.
Oda a dit que Sanji sent le tabac et les fruits de mer, et toi, tu sens comment ?
Je dirais… le coco (rires). Aujourd’hui, je sens un peu la piña, vu que je viens d’en manger, mais globalement, plutôt les fruits.
Qu’as-tu appris de Sanji et de tes collègues de plateau ?
Ce que j’ai compris, c’est que tout ce qui est fait sans arrière-pensée financière a souvent plus de valeur à long terme.
D’Arata Mackenyu (Zoro), j’ai apprécié la force d’être soi-même. D’Iñaki Godoy (Luffy), l’énergie incroyable de la positivité. De Jacob Gibson (Usopp), le calme et la sérénité. Et d’Emily Rudd (Nami), l’importance d’être organisé.
Points à retenir
- Taz Skylar ne rigolait pas trop avec la baston avant son rôle, mais son entraînement lui a permis de s’intégrer parfaitement à l’univers très codifié de Sanji.
- Le travail d’Eiichiro Oda est salué pour son habileté à mêler profondeur et légèreté, une leçon que Taz semble intégrer dans ses propres écrits.
- Le côté très exagéré et caricatural de One Piece est tempéré par un jeu d’acteur naturel, preuve que parfois, moins c’est plus.
- La scène d’adieu poignante tiraillée entre émotion et souvenirs personnels illustre bien comment l’acteur mêle intime et fictif.
- Le lien entre ses racines océaniques canariennes et le tournage sud-africain évoque cette quête universelle de sens et d’appartenance, ou comment un acteur s’immerge dans son rôle au-delà des frontières.
- Au rayon odeurs, oubliez la fumée et les fruits de mer : Taz mise sur l’exotisme fruité, soit un petit air des îles pas désagréable pour la troupe.
- Enfin, apprendre de ses partenaires de plateau est un art en soi : que ce soit le charisme, la bonne humeur ou l’organisation, chacun apporte sa pierre au château.
Au fond, ce portrait de Taz Skylar révèle moins un acteur que quelqu’un qui jongle habilement entre rêves d’enfant, exigences artistiques, et nostalgie personnelle. Il semble bien que dans un monde saturé de héros plus grands que nature, il reste du charme à la simplicité, au naturel et à un soupçon de coco… Après tout, qui aurait cru que l’odeur d’un acteur pouvait résumer tout un personnage ? J’en ai pris de la graine – ou plutôt du coco.
