sam. Juil 11th, 2026

Une plainte modifiée déposée jeudi contre Netflix accuse la plateforme de streaming d’avoir licencié à tort une cadre chargée des programmes jeunesse. Selon cette plainte, cette dernière aurait été renvoyée après avoir dénoncé à plusieurs reprises des faits présumés de discrimination de genre et de harcèlement sexuel perpétrés par son supérieur hiérarchique.

La plainte indique qu’Amy Takahara, ancienne directrice des acquisitions et coproductions globales pour les contenus enfants et famille chez Netflix, aurait été confrontée à un « environnement hostile et omniprésent » sous la direction d’Edward Horasz, responsable des contenus live action enfants et préadolescents et des licences. Ce climat aurait entravé sa capacité à travailler normalement, pour finalement mener à un licenciement brutal suite à ses confrontations avec son supérieur. Le dossier, initialement déposé devant la Cour supérieure de Los Angeles le 21 mai, a été amendé jeudi pour inclure des détails supplémentaires sur ces mauvais traitements présumés.

Durant son passage chez Netflix, Takahara aurait subi « une discrimination sexiste constante et du harcèlement sexuel la rabaissant et l’humiliant, affectant négativement son travail, entraînant des pertes d’opportunités professionnelles et un stress émotionnel important », selon les termes de la plainte.

Un porte-parole de Netflix a déclaré que le poste de Mme Takahara avait été supprimé dans le cadre d’une réduction d’effectifs. Il a également assuré que les accusations n’avaient « aucun fondement » et que les procédures judiciaires le démontreraient.

La plainte dévoile plusieurs accusations contre Horasz, notamment le fait de ne pas avoir reconnu à Takahara le mérite sur certains succès. Par exemple, la série Geek Girl, un drame adolescent sur une fille peu populaire qui devient mannequin et gagne en confiance, a été « développée et portée » par Takahara, selon la plainte. Cependant, lors de la présentation de la série à un forum sur l’animation, Horasz aurait présenté le projet d’une telle manière qu’un autre cadre a douté que la série lui appartienne réellement.

Le dossier souligne aussi des commentaires axés sur le genre de Takahara. À une revue salariale, Horasz aurait estimé qu’elle ne pouvait pas gérer des contenus « destinés aux hommes » et qu’elle devrait plutôt superviser des séries axées sur les relations. Il serait même allé jusqu’à la comparer à sa « femme » au bureau, qu’il accusait de le « harceler ».

Des remarques déplacées auraient également été faites par Horasz à propos des femmes. Il aurait recommandé de caster des adolescentes « sexy » pour une série destinée aux jeunes adultes et d’inclure un bain à remous pour les voir en bikini dans le show. Pendant une présentation d’une adaptation de la franchise jeunesse The Worst Witch, destinée à un public plus âgé, il aurait demandé de manière provocante : « Donc, ce sont des sorcières avec des seins ? »

Takahara aurait signalé ces comportements à plusieurs reprises sans qu’aucune mesure adéquate ne soit prise. En décembre 2024, elle en aurait parlé à une responsable des ressources humaines qui lui aurait proposé d’aborder directement le sujet avec Horasz, ce que Takahara aurait fait. Lors d’un processus d’évaluation en 2024, elle avait demandé que Horasz laisse plus de place aux autres cadres féminins lors des réunions, soulignant la difficulté d’être entendue en tant que femme.

Début 2025, elle aurait renouvelé ses préoccupations auprès des ressources humaines, qualifiant son environnement de « toxique » et demandant à changer de poste au sein de l’entreprise. La responsable RH aurait alors promis d’étudier la situation et de rencontrer Horasz.

Six jours plus tard, lors d’un entretien direct, Takahara aurait confronté Horasz à ses critiques et évoqué les moments où elle s’était sentie « dévalorisée ». Selon la plainte, Horasz lui aurait répondu : « Amy, tu tournes en spirale. Ce n’est pas bon pour ta santé mentale, autant qu’on se sépare. » Ce propos est qualifié de licenciement abusif, Takahara ayant déposé des plaintes protégées. Netflix n’aurait ni mené d’enquête ni cherché à intervenir.

Cette mise à jour de la plainte intervient peu après celle d’une ancienne conseillère juridique de Netflix, qui a elle aussi porté plainte pour licenciement abusif suite à des dénonciations concernant le traitement des femmes de couleur et des cas de harcèlement sexuel. Netflix maintient que ces accusations sont dénuées de fondement.

Points à retenir

  • Le conflit repose essentiellement sur la façon dont le talent féminin serait perçu dans un univers professionnel dominé par des voix masculines assez péremptoires.
  • Le langage et les comportements décrits — de la comparaison à la femme au bureau à l’allusion provocante des sorcières — semblent dater d’une autre époque, ou d’une salle de réunion très mal choisie.
  • Malgré les alertes répétées, les ressources humaines n’ont visiblement pas accompli leur mission, laissant la situation empirer.
  • Le succès d’une série portée par Takahara est contesté dans sa propre équipe, ce qui illustre bien les embûches fréquentes pour les femmes dans ce secteur.
  • Le clash final, avec un licenciement jugé comme une sanction déguisée, rappelle que le droit du travail reste un terrain d’affrontements stratégiques.

Au-delà de l’affaire en elle-même, on pourrait se demander si les grandes plateformes de streaming ont bien intégré l’idée que promouvoir la diversité ne s’arrête pas à des campagnes marketing ou à des déclarations d’intention. On dirait que, parfois, dans les coulisses, la série est encore jouée en mode “vieille école”. Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai hâte de voir le prochain épisode de ce feuilleton corporatif… peut-être avec un peu plus de justice et moins de bikinis dans les pitchs ?


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By Sandrine Dubois

Sandrine Dubois est une Journaliste indépendante trilingue, elle est née sur île de la Grenade, puis a fait ses études aux Etats-Unis à l' "University of Northern Iowa" , aujourd'hui elle intervient sur différents médias Web pour partager ses compétences dans les thématiques sociétales, business, lifestyle et culture.

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