Superstar (2025), mini-série espagnole dirigée par Claudia Costafreda et Nacho Vigalondo, propose un regard original sur la vie et les épreuves de Tamara (interprétée par Ingrid Garcia Jonsson), jeune star de la pop. Le récit adopte le point de vue de son entourage, mais s’aventure dans des zones métaphysiques étranges, semant plus le trouble que la clarté.
Rares sont les fois où je me retrouve face à mon clavier sans savoir comment exprimer ce que je viens de voir. Après avoir visionné les six épisodes de Superstar, je peine à trouver une ligne narrative cohérente à laquelle me raccrocher pour partager mon ressenti.
Les péripéties bizarres, décousues et souvent inutiles des personnages m’ont laissé comme seule envie : crier “Pourquoi ?!” J’aimerais bien récupérer ces six heures perdues de ma vie. Chaque épisode se concentre sur un personnage majeur, le dernier enfin sur Tamara elle-même… un peu.
Le procédé narratif dans Superstar (2025) n’a ni queue ni tête et se révèle impossible à suivre.
Chaque personnage suit son propre chemin alors que la série tente de construire la présence centrale de Tamara à travers leurs yeux. En théorie, cela paraît pertinent, mais en pratique, la narration s’égare vite dans des situations bizarres qui n’éclairent pas vraiment la star au cœur du récit.
Le premier épisode met en lumière Margarita (Rocío Ibáñez), la mère de Tamara, incapable de la voir autrement que comme une adolescente de 13 ans. Ce trait illustre sa difficulté à laisser partir sa fille vers la célébrité. L’idée, bien que légèrement appuyée, fonctionne. Mais d’autres éléments, comme un hôtel mystérieux qui semble être une sorte de poche dimensionnelle, brouillent rapidement le propos. Ce premier volet tient la route, mais la suite s’enfonce dans une folie grandissante.
Chaque épisode devient de plus en plus étrange et dénué de sens.
On croise un personnage apparemment scindé en deux, ou peut-être bilocalisé, ou simplement perdu entre les lieux. Un autre épisode décrit une secte convaincue que Tamara est le “Femichrist” annonciateur de la fin du monde, sauf si un homme capable d’entendre l’avenir à travers des fruits l’en empêche.
La bizarrerie monte en puissance sans jamais sembler servir un but. Ni morale, ni réflexion profonde, juste du bizarre gratuit. Chaque épisode dépasse en étrangeté le précédent, jusqu’à la conclusion où Tamara prend enfin la place centrale. Là encore, le récit devient lourdment didactique.
Superstar (2025) martèle son message sans finesse.
Non contente de cogner le spectateur avec son message, la série le fait passer par un chemin narratif aussi tordu que chaotique. Pourtant, le casting se démène pour incarner ces personnages hors normes. Chaque trait de caractère est exagéré au maximum, créant une cohérence tonale étrange mais efficace.
La mise en scène est à souligner : les retours en arrière dans les années 70 et 80 sont particulièrement bien réalisés, offrant une reconstitution visuelle crédible et travaillée.
Au final, Superstar est un naufrage narratif : décousue, inutilement incompréhensible, et souvent vaine. La série confond plutôt qu’elle n’éclaire ou divertit. Je ne peux que la déconseiller. Seuls les plus courageux tenteront l’expérience, avec pour consolation d’espérer que la prochaine série décevante sera moins absconse.
Superstar (2025) est disponible en streaming sur Netflix.
Points à retenir
- Une narration éclatée qui transforme chaque épisode en mini-casse-tête hermétique.
- Des concepts métaphysiques franchement tirés par les cheveux, à la limite du ridicule.
- Une série qui privilégie l’étrangeté à la cohérence, pour le plus grand désarroi du spectateur.
- Un jeu d’acteurs engagé, malgré un script qui les sent parfois un peu perdus.
- Une reconstitution soignée des époques passées qui fait presque regretter le reste.
- Une fin qui tente désespérément de donner du sens à un ensemble par ailleurs chaotique.
En résumé, Superstar est peut-être l’exemple parfait d’une série qui croit qu’en compliquant tout, elle deviendra automatiquement profonde. Spoiler : ce n’est pas le cas. Si vous aimez vous perdre dans un labyrinthe sans sortie ni Minotaure, foncez. Pour ma part, j’attends encore le premier épisode qui me donnera envie de revoir mes heures perdues en série… Et je reste persuadé que ça viendra un jour, peut-être. Ou pas.