dim. Juin 14th, 2026
À regarder ou à zapper ? Le verdict implacable

The Housemaid met en scène Sydney Sweeney dans le rôle d’une ancienne détenue engagée comme femme de ménage — image clivante, corps serré dans un débardeur — et pose la question suivante : le film tient‑il ses promesses pulp autour d’un tel personnage ? Aux côtés d’Amanda Seyfried et de Brandon Sklenar, sous la direction de Paul Feig (réputé pour A Simple Favor et Bridesmaids), cette adaptation du bestseller de Freida McFadden a rencontré un succès commercial notable, dépassant les 300 millions de dollars au box‑office mondial. Pour Sydney Sweeney, c’est aussi la fin d’une période plus discrète au cinéma, et la démonstration qu’elle reste une tête d’affiche facile à vendre — surtout dans des thrillers volontairement excessifs.

Synopsis

Millie (Sweeney) est engagée par Nina Winchester (Seyfried), riche et étrangement chaleureuse, pour s’occuper de la maison et de Cece, une fillette de sept ans. La chambre qui lui est réservée est une mansarde isolée, verrouillable uniquement de l’extérieur, un détail qui pose d’emblée question. Millie, qui est en liberté conditionnelle pour un passé que le récit choisit de révéler progressivement, voit cette opportunité comme une chance de reprendre sa vie en main : un travail, un peu d’argent, la promesse d’un nouveau départ.

Mais le tableau se fissure vite. Nina se révèle volubile et imprévisible, capable d’éclats de colère improbables, tandis que des indices — médicaments antipsychotiques dans la salle de bains, rumeurs de désordres psychologiques entendues lors d’une réunion de parents — laissent planer le doute. Andrew (Sklenar), le mari, jette à Millie des regards qui compliquent encore la situation. Les regards insistants du jardinier, les tensions à la maison et une succession de décisions malheureuses transforment l’atmosphère en une mécanique à suspense prête à s’emballer.

The Housemaid (2025) - image
Photo: Everett Collection

À quels films cela fait‑il penser ?

On retrouve des échos de Gone Girl dans la construction en spirale du mystère, la mise en scène de Paul Feig rappelle parfois le chic suburbain de A Simple Favor, et l’ensemble lorgne vers les thrillers érotiques et rocambolesques des années 1980–1990, comme Fatal Attraction ou Single White Female.

Interprétations et ton

Amanda Seyfried s’amuse visiblement à pousser ses expressions jusqu’au grotesque ; son jeu compose une partition entre la menace et la satire. Sydney Sweeney, quant à elle, apporte une énergie brute et une vulnérabilité qui servent le récit quand il garde le cap sur le trash assumé. Brandon Sklenar, incarnant le mari séduisant, joue la carte d’un charme trouble qui entretient la tension sexuelle du film.

La matière intime est traitée frontalement : nudité et scènes sexuelles sont présentes et auraient nécessairement bénéficié d’une coordination d’intimité. Le film navigue délibérément dans la zone où l’érotisme se mêle au thriller.

Sydney Sweeney dans The Housemaid
Photo: Daniel McFadden / © Lionsgate / Courtesy Everett Collection

Notre lecture

The Housemaid divertit par son principe de « l’autre chaussure qui va tomber » : le rythme s’accélère, la tension sexuelle monte, puis bascule vers une hystérie assumée en troisième acte. Paul Feig joue sur l’équilibre entre la satire et le sérieux, mais le film hésite souvent et ne trouve pas toujours le ton définitif. Quelques rebondissements sont prévisibles et certains schémas dramatiques semblent convenus, ce qui empêche le film de livrer un coup de théâtre mémorable.

Malgré ces limites, la combinaison d’interprètes solides et d’un sens du spectacle permet au film de rester divertissant. L’œuvre prend place dans la famille des thrillers préfabriqués et excessifs : on y vient pour se laisser entraîner, sans forcément en attendre une grande profondeur.

Points à retenir

  • Le film est une adaptation de Freida McFadden dirigée par Paul Feig, reconnu pour son sens du mélange entre comédie stylée et suspense.
  • Sydney Sweeney et Amanda Seyfried portent le film : l’une par une énergie brute, l’autre par une expressivité volontairement outrée.
  • Le récit s’appuie sur des codes du thriller érotique et de la satire de banlieue, sans toujours trancher entre les deux.
  • Les rebondissements sont présents mais parfois prévisibles ; le film préfère le spectacle à la subtilité psychologique.
  • Pour les curieux, le film est disponible sur Starz — une plateforme qui s’est imposée ces dernières années pour sa programmation axée sur des propositions audacieuses.

Pour ma part, j’y vois un divertissement coupable : pas exempt de défauts, The Housemaid invite néanmoins à discuter de la manière dont le cinéma contemporain jongle avec le kitsch, le sex‑appeal et le suspense. Plutôt que de rejeter d’emblée ce type de film, je préfère interroger ce qu’il révèle des attentes du public et de la façon dont on construit la « tension » à l’écran — et je suis curieux de savoir si, à l’avenir, ce mélange pourra être affiné pour devenir à la fois plus malin et plus percutant.


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