dim. Juin 14th, 2026
Le boom du streaming pousse films et séries hors de la télévision gratuite

Avec l’essor du streaming, films et séries perdent du terrain sur la télévision en clair

Pour LesNews

La télévision en clair traverse une mutation discrète mais profonde. Les programmes dits « préemballés » — films et séries achetés auprès de tiers — cèdent progressivement de la place. La raison est manifeste : l’essor des plateformes de streaming.

Pendant des décennies, ces contenus ont constitué des piliers de la grille : sessions cinéma, séries étrangères ou rediffusions remplissaient des plages horaires stratégiques. Aujourd’hui, ce schéma entre de moins en moins en résonance avec les nouveaux usages des téléspectateurs.

Le streaming transforme les habitudes

Avec des services comme Netflix, HBO Max, Disney+ ou Prime Video, le rapport au contenu audiovisuel a changé. Le spectateur n’est plus lié à une grille imposée : il choisit ce qu’il regarde, quand et comment.

Regarder une saison entière en une journée ou suivre un épisode hebdomadaire devient une décision individuelle, plus une contrainte dictée par l’émetteur. De ce fait, les films et séries disponibles en streaming paraissent souvent plus attractifs que leurs équivalents diffusés en clair, entraînant une diminution progressive des séances « préemballées » à la télévision.

Diffuser des programmes acquis a-t-il encore du sens ?

La réponse dépend du contexte. Acquérir des catalogues coûteux en devises et les programmer n’apporte plus le même avantage stratégique : le public retrouve souvent ces mêmes titres, parfois sans coupures publicitaires, sur les plateformes numériques.

En revanche, la production originale demeure une exception porteuse de sens. Séries inédites, telenovelas locales ou programmes exclusifs permettent à une chaîne de proposer un contenu unique, susceptible d’attirer l’attention et de générer de l’impact.

Le frein principal reste le coût : produire exige des moyens conséquents, et les chaînes en clair, hors quelques exceptions notables, ne disposent pas toujours de budgets suffisants. Les coproductions apparaissent alors comme une piste réaliste pour mutualiser les ressources.

Sur le plan cinématographique, les diffuseurs brésiliens n’ont pas la même tradition de production que certaines grandes chaînes — une exception étant la Globo — mais les partenariats peuvent ouvrir des opportunités nouvelles.

Les telenovelas étrangères résistent, pour combien de temps ?

Les feuilletons mexicains, turcs ou d’autres horizons conservent une audience fidèle en clair. Toutefois, leur présence commence à être affectée par la disponibilité croissante en streaming et en vidéo à la demande. La perte d’espace devrait donc s’opérer lentement, mais de façon continue.

Vers une télévision en clair plus identitaire

Face à ces changements, la télévision en clair doit renforcer sa valeur ajoutée : le contenu original et le direct. Journalisme, divertissements en plateau, émissions interactives et formats produits localement restent des atouts difficiles à reproduire par les seules plateformes de SVOD.

C’est dans l’immédiateté, l’interaction et l’ancrage culturel que la télévision en clair peut conserver sa pertinence, y compris lorsqu’elle s’appuie sur des formats internationaux, pourvu qu’ils soient adaptés et produits localement.

Conclusion

La tendance est nette : les contenus acquis migrent peu à peu vers le streaming, tandis que la télévision en clair tendra vers une spécialisation en programmes exclusifs, souvent en coproduction, et en contenus en direct à forte identité nationale. Plus que de rivaliser directement, les chaînes doivent redéfinir leur rôle dans cet écosystème en mutation.

Points à retenir

  • Les « contenus préemballés » (films et séries achetés) perdent de leur attractivité face au streaming.
  • Le spectateur moderne privilégie la flexibilité : regarder à la demande, en intégrale ou épisode par épisode.
  • Produire du contenu original reste un atout stratégique, mais nécessite des investissements lourds.
  • Les coproductions se présentent comme une solution pragmatique pour partager coûts et risques.
  • Les telenovelas étrangères conservent une audience, mais leur domination s’effrite progressivement.
  • La télévision en clair peut capitaliser sur le direct, le journalisme et les formats locaux, où l’immédiateté et l’identification culturelle font la différence.
  • Des observateurs avisés, dont l’Observatório da TV, ont souligné ces évolutions avec pertinence.

À mon sens, la question n’est plus de savoir si la télévision en clair survivra, mais comment elle réorientera son offre pour rester indispensable. Pour les chaînes, il s’agit désormais de choisir entre reproduire des catalogues déjà accessibles ou investir dans des contenus qui racontent notre présent et favorisent l’échange. Et vous, quelle place voyez-vous pour la télévision en clair dans ce paysage ?


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