mar. Juin 23rd, 2026
Pourquoi s'obstine-t-on à se battre seul ?

Audiovisuel : une loi qui rassemble… sans vraiment unir

LesNews

Il n’y avait pas d’accord entre les parties. Les grands producteurs indépendants demandaient une chose, les moyens et petits en souhaitaient une autre, les plateformes défendaient leurs positions, et les chaînes linéaires d’autres encore. Au final, chacun a tiré la couverture à soi. Le résultat ? Un texte adopté que presque personne n’a vraiment approuvé, mais qui est passé parce qu’on n’a pas su se coordonner pour négocier ensemble.

Parmi les éléments les plus frappants de ce projet de loi, il y en a un que je soulève depuis longtemps mais dont j’ai rarement trouvé l’espace pour en discuter dans le secteur : il met dans le même panier celles et ceux qui font des séries pour Netflix et celles et ceux qui publient des vidéos sur TikTok. Autrement dit, influenceurs et créateurs se retrouvent juridiquement rapprochés des cinéastes et des maisons de production traditionnelles. Des plateformes millionnaires côtoient des espaces où n’importe qui avec un smartphone peut publier du contenu.

La question est intéressante, car elle renvoie à la définition du « audiovisuel brésilien moderne ». Mais la loi a aussi confondu deux réalités qui ne se perçoivent pas de la même manière. C’est une discussion que l’on menait jusqu’ici timidement, mais qu’on va devoir affronter sérieusement.

En pratique, tout le monde produit de l’audiovisuel brésilien. Pourtant, le monde du cinéma estime souvent que le travail des creators n’est pas du « vrai audiovisuel ». Quant aux créateurs, beaucoup ignorent qu’ils pourraient bénéficier de lois d’incitation, ne sont pas organisés syndicalement, ne savent pas défendre collectivement leurs droits et délèguent ces enjeux à leurs agences ou managers.

Nous avons désormais un choix : repenser le marché ensemble, ou continuer à nous opposer.

L’audiovisuel traditionnel doit continuer de toucher le cœur et l’âme du public par des récits profonds. Les creators et influencers, eux, doivent s’unir pour obtenir des droits garantis et un travail plus stable et structuré. Il n’est pas nécessaire d’homogénéiser les règles, les points ou les taux ; il faut simplement qu’ils dialoguent.

Points à retenir

  • La récente loi a été adoptée sans convergence réelle entre les différents acteurs du secteur audiovisuel.
  • Elle regroupe, dans un même cadre, des producteurs de séries pour plateformes majeures et des créateurs de contenus courts pour les réseaux sociaux.
  • Il existe un décalage important : les filières traditionnelles et les creators ne se perçoivent pas comme faisant le même métier.
  • Beaucoup de créateurs ne connaissent pas les mécanismes d’incitation ou de soutien public et manquent d’organisation collective.
  • La solution ne passe pas forcément par une uniformisation des règles, mais par un dialogue structuré et des mesures adaptées à chaque réalité.
  • Mesures pratiques à envisager : campagnes d’information, accompagnement juridique pour les créateurs, reconnaissance de statuts différenciés et dispositifs d’incitation modulés.

Je pense que la loi met enfin sur la table des questions que nous nous posions à voix basse. Il est temps d’ouvrir un vrai débat — rassemblant producteurs, créateurs, plateformes et chaînes — pour construire des règles qui respectent la diversité des pratiques tout en garantissant droits et stabilité. Pour ma part, je souhaite que ce dialogue s’instaure rapidement : sans lui, nous risquons de voir se creuser des fossés inutiles au moment même où l’audiovisuel a le plus besoin de cohérence et d’innovation.


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