jeu. Juin 25th, 2026

Une nouvelle loi offre désormais la possibilité aux victimes d’escroqueries impliquant des kiosques de cryptomonnaies — souvent appelés distributeurs automatiques de Bitcoin — d’obtenir le remboursement intégral de leurs sommes. La police de Rogers, dans l’Arkansas, a annoncé qu’elle applique déjà ce texte.

Cette mesure, connue sous le nom d’Acte 557 de 2025, permet aux victimes de récupérer leur argent à condition de suivre scrupuleusement la procédure légale.

Selon la Commission fédérale du commerce aux États-Unis, ces distributeurs ressemblent à des guichets automatiques bancaires classiques et sont souvent installés dans des lieux publics très fréquentés tels que stations-service ou supérettes. Plutôt que de délivrer des espèces, ils échangent de l’argent liquide contre de la cryptomonnaie.

Entre 2020 et 2023, plus de 110 millions de dollars ont été perdus par les consommateurs à la suite d’arnaques liées à ces distributeurs, d’après des données officielles. La tendance frauduleuse est en hausse, les escrocs incitant les usagers à déposer de l’argent liquide, prétendument pour protéger leurs économies.

Don Lisi, porte-parole de la police de Rogers, explique que son service enquête régulièrement sur ce type d’escroqueries et suit actuellement quelques dossiers, sans pouvoir en dévoiler davantage.

L’article 557 stipule que :

« Le propriétaire ou l’opérateur d’un kiosque de cryptomonnaie doit permettre à un nouveau client, sur demande, d’annuler et d’obtenir le remboursement intégral de toute transaction frauduleuse dans les 72 heures suivant son inscription, si dans les 14 jours qui suivent cette période, le client contacte à la fois l’opérateur et une autorité gouvernementale ou judiciaire pour déclarer la fraude, puis dépose un rapport officiel. »

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Entrée en vigueur le 5 août, cette loi est déjà mise en application par les enquêteurs de la police locale qui assistent les victimes dans leurs démarches. En revanche, elle ne s’applique pas aux fraudes antérieures.

Don Lisi invite la population à la vigilance :

« Si vous recevez des appels, textos ou messages suspectés de tentative d’arnaque, cessez toute communication et prévenez les autorités. Aucun policier ne vous demandera de l’argent. »

Des mesures similaires dans d’autres États américains

L’Arkansas n’est pas isolé. En Arizona, une loi entrée en vigueur en septembre abaisse les montants minimaux de transaction, renforce les avertissements sur les distributeurs et impose des remboursements aux victimes. Le gouverneur d’Illinois a aussi adopté une loi en août obligeant les opérateurs à s’enregistrer, à fournir un suivi précis de leurs kiosques, et à limiter les frais et montants transactionnels pour protéger les nouveaux clients.

En Iowa, des règles similaires ont été introduites en juillet, imposant notamment un plafond journalier et mensuel des transactions, restreignant les frais à 15 % et renforçant les alertes contre la fraude.

Un contentieux en cours dans l’Arkansas

En avril, un procès a été engagé après la saisie de 14 120 dollars sur un distributeur par le bureau du shérif du comté de Benton, suite à une plainte de victime. Bitcoin Depot, opérateur du distributeur, conteste la saisie, estimant que ces fonds lui appartiennent et ne constituent pas une preuve d’infraction. L’affaire est toujours en cours.

L’Office du procureur général de l’Arkansas rappelle une hausse des escroqueries liées à ces kiosques et invite les citoyens à signaler tout cas suspect.

Comment fonctionnent ces arnaques ?

Les escrocs contactent leurs victimes en se faisant passer pour des institutions officielles, créant un sentiment d’urgence, évoquant souvent des impayés ou convocations judiciaires. Ils encouragent alors à déposer de l’argent dans un distributeur de cryptomonnaies.

Ces paiements sont irréversibles et difficiles à tracer, ce qui fait de ce moyen un outil privilégié des fraudeurs.

Conseils pour se protéger :

  • Aucun organisme officiel ne demandera un paiement par Bitcoin ATM.
  • Ne versez jamais d’argent à la demande d’un inconnu via cryptomonnaie, virements ou cartes cadeaux.
  • Si contacté, raccrochez puis vérifiez par un numéro officiel.
  • Ne partagez jamais vos informations personnelles sans confirmation fiable.
  • En cas d’arnaque, contactez sans délai le procureur général.

Points à retenir

  • La loi Arkansas Act 557 facilite le remboursement des victimes d’escroqueries aux distributeurs de cryptomonnaies sous conditions rigoureuses.
  • Cette mesure n’est pas rétroactive et ne concerne que les fraudes survenant après le 5 août 2025.
  • D’autres États américains adoptent des textes similaires pour encadrer ces distributeurs automatiques et limiter les abus.
  • La nature irréversible et anonyme des transactions en cryptomonnaies pose un risque élevé pour les consommateurs.
  • Les arnaques reposent souvent sur l’usurpation d’identité d’organismes officiels et une pression psychologique pour inciter au paiement immédiat.
  • Il est essentiel de rester vigilant, de ne jamais céder à la panique et de vérifier toute demande suspecte auprès des autorités compétentes.

En définitive, si l’on peut saluer les initiatives législatives pour mieux protéger les utilisateurs de cryptomonnaies, la complexité technique et la rapidité d’exécution des escroqueries imposent aussi une vigilance accrue. Il semblerait que face à ces défis numériques, la meilleure arme reste la prudence… et un brin de bon sens. Après tout, dans l’univers sans frontières de la cryptomonnaie, la question n’est pas tant de savoir si l’on va se faire avoir, mais plutôt quand et comment l’on réussira à s’en sortir indemne. À méditer.


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