mar. Juin 16th, 2026

L’origine du terme « Formule 1 » remonte à 1946, lorsque le CSI – ancêtre de la FIA actuelle – s’est réuni après la fin des hostilités pour définir une catégorie représentant le plus haut niveau de sport automobile. À cette époque, elle était désignée sous le terme de nouvelle « Formule Internationale », mais il a rapidement été abrégé en Formule I ou Formule 1.

Il est étonnant de constater qu’il a fallu quatre années supplémentaires pour que cette nouvelle catégorie devienne un Championnat du Monde, surtout lorsque l’on considère que le Championnat Européen des Pilotes d’avant-guerre (1931-39) représentait déjà, en réalité, la Formule 1, à part son nom. Il semblerait que chacun était trop occupé à profiter du retour des courses pour se soucier de telles subtilités.

Une autre surprise est qu’après cette première saison, ils aient même envisagé d’en organiser une autre. Celle-ci n’était pas des plus palpitantes. La seule raison pour laquelle Alfa Romeo n’est pas devenue la première et jusqu’à présent, la seule équipe à remporter chaque épreuve, est que, dans un souci de donner une dimension plus internationale à la série, les 500 miles d’Indianapolis comptaient pour le championnat. Peu importait qu’aucun pilote de F1 ne prenne le départ de cette course et que les règles des Indy cars n’aient aucun lien avec celles de la Formule 1, cette course figurait au calendrier et y resterait pour le reste de la décennie.

Sans cela, le championnat aurait été entièrement européen et, à cet égard, ne se serait pas distingué du précédent Championnat Européen des Pilotes. Ce n’est qu’en 1954, avec l’ajout du Grand Prix d’Argentine, qu’une véritable course de championnat du Monde selon les règles de la F1 aurait lieu en dehors de l’Europe.

La toute première course du Championnat s’est bien sûr déroulée à Silverstone, où les Alfa étaient si ridiculement dominantes qu’elles se sont relayées en tête de la course, terminant aux première, deuxième et troisième places, ayant toutes dépassé le peloton à deux reprises. Les choses ont pris une tournure plus excitante à Monaco, non seulement parce que cela marquait les débuts de la Scuderia Ferrari, mais aussi en raison de l’accident de Farina au premier tour, qui a éliminé presque la moitié des concurrents, laissant Fangio comme le seul Alfa restant en course. Peu importait : il était déjà en pole position, a mené chaque tour, réalisé le tour le plus rapide et a remporté la course avec plus d’un tour d’avance sur la Ferrari d’Ascari. Par la suite, Alfa Romeo a terminé première et deuxième en Suisse, en Belgique et en France, avec la victoire finale de Farina, tandis que le prétendant au titre, Fangio, se retirait à Monza, offrant ainsi le premier Championnat du Monde des Pilotes à Farina.

Cependant, pour saisir la véritable nature de la domination d’Alfa Romeo cette saison-là, une statistique résume tout : en excluant le « leurre » d’Indianapolis, il y avait 1521 miles de course cette année-là, dont un Alfa Romeo ou un autre a mené durant plus de 1469 miles. Un peu plus de 96,5 %.

Cependant, pour ceux qui prenaient la peine d’observer attentivement, il était possible de déceler où l’armure d’Alfa Romeo pourrait enfin être percée. Car ces quelques miles non menés par Alfa l’ont été par la voiture suralimentée de 1,5 litre que Ferrari a engagée quasiment toute la saison, mais plutôt par le nouveau V12 de 4,5 litres qui a été introduit lors de la dernière course, et, de manière surprenante, par le moteur six cylindres en ligne de type Lago Talbot de Raymond Sommer lors du Grand Prix de Belgique cette année-là. C’est d’ailleurs Ferrari lui-même qui a crédité Sommer de lui avoir donné l’idée qui mettrait finalement un terme à la domination d’Alfa.

Bien qu’Alfa Romeo ait remporté le titre une nouvelle fois en 1951 – cette fois avec Fangio tenant le titre – sur six courses (hors Indianapolis), trois ont été remportées par les nouvelles Ferrari, malgré le fait qu’Alfa ait réalisé le meilleur tour dans chaque course. En effet, les Ferrari n’étaient pas plus rapides même lorsqu’elles remportaient la victoire, mais elles consommaient moins de carburant et s’arrêtaient donc moins souvent. C’était la clé.

Alfa Romeo s’est retirée du tout nouveau Championnat du Monde de Formule 1 à la fin de cette saison 1951, et malgré plusieurs tentatives, n’a pas remporté une seule course depuis lors ; en revanche, Ferrari est devenu le constructeur le plus titré de l’histoire de ce sport.

Images fournies par Motorsport Images

Bon à savoir

  • La saison 1950 de Formule 1 a été marquée par la domination d’Alfa Romeo.
  • Silverstone a accueilli la première course du Championnat, où les Alfa ont occupé les trois premières places.
  • Le Grand Prix d’Argentine en 1954 a été le premier épisode de la F1 en dehors de l’Europe.
  • Le système de points et les règles des courses s’évoluaient continuellement au fil des saisons.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit
2 thoughts on “Comment Alfa Romeo a conquis la première saison de F1”
  1. C’est fascinant de voir comment Alfa Romeo a dominé au début de la F1. Presque 97% des miles menés, c’est du sérieux ! Une vrai leçon pour les équipes d’aujourd’hui.

  2. Sandrine, cet article évoque brillamment l’ascension d’Alfa Romeo en Formule 1. La domination écrasante et la poésie des débuts sont fascinantes à explorer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *