Conférence sur la « Diversité dans le contexte des centres d’écriture » à l’Université Goethe de Francfort : la neurodivergence, le multilinguisme et l’écriture créative à l’honneur.
Les centres d’écriture universitaires font appel à des tuteurs pairs, c’est-à-dire des étudiants formés pour aider leurs camarades à améliorer leurs compétences rédactionnelles, lesquels proposent des séances de conseil et des ateliers. Pour offrir à ces tuteurs l’occasion de discuter de leur travail, une conférence se tient chaque année à un emplacement différent. L’une de ces « conférences des tuteurs pairs en écriture » (Schreib-Peer-Tutorinnen-Konferenz, SPTK) a eu lieu à l’Université Goethe en 2014. Ruth Wenz, assistante de recherche au Centre d’Écriture de l’Université Goethe, qui est l’un des plus grands de son genre en Allemagne, souligne : « Nous étions ravis d’organiser à nouveau cet événement ici. » Fin septembre 2024, 60 étudiants provenant de 25 universités (y compris des universités de sciences appliquées) se sont rassemblés pour la SPTK de l’année précédente. « Plus d’un quart des participants ont contribué au programme – un témoignage évident de leur engagement », observe Wenz. Le thème de la conférence de cette année était « Diversité dans le contexte des centres d’écriture ». Ruth Wenz explique le choix de ce sujet : « Lors des consultations et ateliers, les tuteurs pairs interagissent avec des personnes de divers horizons et besoins : genres différents, étudiants issus de milieux migratoires, ainsi que ceux expérimentant le multilinguisme. Les services offerts par les centres d’écriture sont également sollicités par des personnes ayant des difficultés de lecture et d’orthographe, ou qui sont neurodivergentes. Il existe un besoin considérable d’opportunités pour discuter et réfléchir sur son propre travail, loin des routines quotidiennes. »
Hanna Göbel, tuteur pair et membre de l’équipe organisatrice de cette année à l’Université Goethe de Francfort, souligne que la grande force du SPTK réside dans la création d’espaces non hiérarchiques, où les tuteurs étudiants peuvent partager leurs expériences et établir des connexions. Elle se réjouit qu’un groupe qu’elle a dirigé ait pu élaborer une déclaration de mission, en précisant : « Tous les étudiants, et surtout les groupes marginalisés, doivent sentir que cette déclaration leur est adressée. Il était important pour nous de ne pas simplement affirmer que nous sommes là pour tout le monde en tant que tuteurs pairs, mais de déclarer que nous sommes conscients des barrières structurelles pouvant affecter le succès individuel lors de l’obtention d’un diplôme. »
Revenant sur l’événement, Malte Nielsen, un tuteur pair de Francfort et participant à la SPTK 2024, garde un regard positif sur l’expérience : « Les discussions étaient enrichissantes. On en retirait réellement quelque chose, comme des pratiques exemplaires d’autres universités. » Il confirme que, malgré les réunions de réflexion, le quotidien ne permet pas suffisamment aux tuteurs de revoir l’éventail de leurs expériences lors de consultations et d’ateliers : « Nous entendons parler des cas les plus variés de discrimination. Nous n’avons tout simplement pas les ressources pour documenter cela de manière scientifique, raison pour laquelle le SPTK était un forum d’une importance capitale pour nous. »
Ruth Wenz résume une conclusion de la dernière conférence qui lui semble primordiale : « Nous consultons des personnes, pas des textes. Nous devrions nous concentrer sur ce niveau interpersonnel pour soutenir ceux qui aspirent à réussir académiquement. » Hanna Göbel peut illustrer cette approche avec un exemple tiré de sa propre pratique de conseil : « Récemment, une étudiante est venue avec des questions très spécifiques sur l’examen de sa matière, auxquelles je ne pouvais tout simplement pas répondre, car notre consultation est plus générale et ne porte pas sur des domaines spécifiques. Mais à la fin de notre échange, elle a affirmé que cela lui avait vraiment fait du bien—elle avait enfin quelqu’un qui l’écoutait. »
Points à retenir
- Les centres d’écriture universitaires jouent un rôle crucial en fournissant un soutien aux étudiants variés.
- Le SPTK favorise des échanges enrichissants entre tuteurs, permettant un partage d’expériences et de bonnes pratiques.
- La prise en compte des besoins spécifiques des étudiants, notamment ceux issus de groupes marginalisés, est essentielle pour un accompagnement efficace.
- L’importance des espaces non hiérarchiques pour encourager la participation et l’échange d’idées.
- Les ressources et le temps nécessaires pour documenter les expériences vécues par les tuteurs sont en déficit, soulevant la question de la collecte de données sur l’impact des consultations.
Cet événement met en lumière la diversité des parcours étudiants et la nécessité d’adapter le soutien offert en fonction des réalités vécues par chacun. Quelles stratégies pourrions-nous envisager afin d’améliorer encore ces échanges et d’adapter les ressources disponibles aux besoins identifiés lors de telles conférences?
C’est génial de voir des espaces comme ça pour aider tous les étudiants. L’écoute et le soutien sont cruciaux, surtout pour ceux qui en ont besoin. Bravo à l’équipe !
Cette conférence met en lumière la richesse des parcours étudiants. Il est essentiel d’écouter et d’adapter nos approches pour véritablement accompagner chacun dans son chemin académique.
L’article offre une belle perspective sur la diversité dans les centres d’écriture. Parfois, écouter des expériences personnelles peut vraiment changer la donne pour un étudiant.
Cette conférence met en lumière des enjeux cruciaux. Écouter les réalités des étudiants diversifiés est essentiel pour instaurer des espaces d’échange authentiques et enrichissants.