lun. Juin 15th, 2026

Gigi, la star virtuelle qui redéfinit l’influence sur les réseaux sociaux

Dans l’univers des réseaux sociaux, Gigi semble être une influenceuse comme les autres. Avec des cheveux impeccables et un maquillage parfait, elle se connecte avec ses fans, partageant des vidéos de ses repas, de ses routines de soins ou même de son adorable bébé. Cependant, au bout de quelques secondes, il devient évident que quelque chose cloche.

Gigi peut déguster une pizza qui semble sortir de la lave ou appliquer du cotton candy sur ses lèvres. Ses mains traversent parfois les objets qu’elle manipule. La raison de ces bizarreries ? Gigi n’est pas une personne réelle, mais l’œuvre d’une étudiante de l’Université de l’Illinois, Simone Mckenzie, qui a voulu gagner un peu d’argent cet été.

À seulement 21 ans, Simone fait partie d’une nouvelle génération de créateurs numériques qui, grâce à des commandes simples dans des chatbots d’intelligence artificielle comme Google Veo 3, produisent un flot de vidéos. Ce genre de contenu, souvent qualifié d’« AI slop » par certains critiques, commence à envahir les fils d’actualité. Néanmoins, ces créateurs rencontrent un succès significatif.

« Une seule vidéo m’a rapporté 1 600 dollars en quatre jours », confie Mckenzie. « J’ai donc décidé de continuer. » En deux mois, Gigi proche des millions de vues, permettant à Simone de générer des revenus grâce au fonds de créateurs de TikTok. Mais elle n’est pas la seule à caracoler sur la vague de l’IA pour atteindre la viralité, d’autres suivent également cette tendance.

Selon Jessa Lingel, professeure associée spécialisée dans la culture numérique à l’Université de Pennsylvanie, cette méthode est en plein essor et devrait se poursuivre. Les créateurs d’IA, capables de générer des vidéos en un clin d’œil, représentent une menace pour l’économie d’influence traditionnelle. D’un autre côté, certains estiment que l’IA a le potentiel de démocratiser l’accès à la notoriété en ligne. Ceux qui manquent de moyens pour investir dans du matériel de qualité peuvent désormais espérer devenir célèbres eux aussi.

Les influenceurs traditionnels en danger ?

Le métier d’influenceur a pris son envol récemment, atteignant une valeur de plus de 250 milliards de dollars en quelques années, comme l’indique la société d’investissement Goldman Sachs. Les créateurs de contenu montrent souvent des tranches de vie : leurs voyages, leurs animaux, leurs routines beauté, pour attirer un public.

Les créateurs d’IA, quant à eux, produisent des vidéos similaires, mais plus rapidement et sans les contraintes de la réalité. « Cela pourrait réellement perturber l’espace des créateurs », déclare Brooke Duffy, chercheuse en médias numériques à l’Université Cornell.

En effet, Simone déclare que ses vidéos ne lui prennent que quelques minutes à réaliser, tandis que les influenceurs humains, comme Kaaviya Sambasivam, doivent investir beaucoup plus de temps. Kaaviya, avec 1,3 million de abonnés, doit passer plusieurs heures, voire des jours, pour produire un contenu de qualité, en faisant les courses, en planifiant, en réglant l’éclairage et en montant ses vidéos.

Pour des créatrices comme Simone, arriver à percer en tant qu’influenceuse traditionnelle s’avérait impossible faute de temps et de moyens. Elle a donc donné vie à Gigi pour contourner ces obstacles.

Une réalité « réelle » dans les vidéos IA

En créant Gigi, Simone s’est tournée vers le chatbot de Google, lui demandant de générer une image d’une jeune femme de 21 ans, avec des caractéristiques spécifiques. Gigi aborde directement les sceptiques au début de chaque vidéo, montrant des comportements absurdes pour prouver sa nature numérique.

Les vidéos d’IA, bien que souvent ironiques, représentent une évolution notable dans le contenu en ligne. Elles commencent à amalgamer la culture des mèmes avec des créations qui utilisent des techniques de production de plus en plus sophistiquées, tout en mettant en avant un potentiel créatif immense.

Qui pourra faire la différence ?

« Ne m’appelez pas IA », lance Gigi dans ses vidéos, provoquant des doutes parmi certains de ses spectateurs qui croient dur comme fer à son existence. Cependant, cette indistinction pose un sérieux problème, notamment pour les jeunes enfants encore en phase d’apprentissage d’une certaine littératie médiatique.

Comme l’indiquent certains experts, ces vidéos, offrant un contenu captivant, pourraient créer une confusion grandissante quant à ce qui est réel ou non. À mesure que cette technologie s’améliore, se pose la question de la capacité des humains à discerner le vrai du faux. Pendant ce temps, des créateurs continuent d’explorer ces nouvelles frontières.

Points à retenir

  • Gigi, une influenceuse IA, incarne les transformations du secteur des réseaux sociaux.
  • Ce phénomène met en lumière le potentiel de l’IA pour produire du contenu de manière rapide et efficace.
  • Les créateurs d’IA peuvent perturber l’économie traditionnelle des influenceurs, menaçant des carrières établies.
  • La démocratisation de la création de contenu permet à plus de personnes d’accéder à la notoriété en ligne.
  • La distinction entre contenu réel et virtuel devient de plus en plus floue, soulevant des préoccupations éthiques.

En tant que passionné de médias numériques, je trouve fascinant d’observer comment l’avancée de la technologie continue à remodeler nos interactions en ligne. Nous sommes à un tournant où l’authenticité et la virtualité se confrontent, et cela ouvre la voie à un dialogue essentiel sur la nature même de ce que signifie être un créateur aujourd’hui. Comment cela va-t-il influencer les relations humaines, le concept de vérité en ligne et notre rapport à la célébrité ? La réflexion mérite d’être approfondie !


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *