jeu. Juin 25th, 2026

Un superordinateur exaéchelle est capable de réaliser au moins un exaflop (10¹⁸) d’opérations en virgule flottante par seconde. Ce sont actuellement les machines les plus puissantes disponibles dans le domaine des ordinateurs classiques, en faisant abstraction des prototypes d’ordinateurs quantiques. Le classement TOP500 recense les superordinateurs les plus performants au monde, et, comme on peut s’y attendre, les quatre premiers de cette liste sont des machines exaéchelles : El Capitán, Frontier, Aurora et Jupiter.

Trois de ces machines se trouvent aux États-Unis, tandis que la quatrième est en Allemagne. Étonnamment, aucun superordinateur chinois ne figure parmi les dix premiers, bien que certaines de leurs machines les plus puissantes ne soient pas rapportées officiellement au TOP500 pour des raisons géopolitiques. Néanmoins, le gouvernement chinois, sous la direction de Xi Jinping, semble déterminé à changer cette situation. En effet, le Centre National de Supercalcul de Shenzhen a annoncé son intention de construire un superordinateur nommé Lingshen, qui, selon ses responsables, atteindra un rendement soutenu de plus de 2 exaflops, en intégrant uniquement des composants conçus et fabriqués en Chine.

Une architecture peu conventionnelle pour le superordinateur Lingshen

El Capitán, le superordinateur du Laboratoire National Lawrence Livermore aux États-Unis, est une véritable prouesse technologique, dépassant les 1,8 exaflops et le plaçant au sommet des performances mondiales. Sa puissance repose sur les APU Instinct MI300A d’AMD, qui collaborent avec les processeurs EPYC 9005. Ce qui est particulièrement impressionnant, c’est son assemblage de 11 340 000 cœurs, délivrant 1 809 PFlops/s Rmax et 2 821,10 PFlops/s Rpeak.

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Lingshen regroupera 47 000 processeurs d’origine chinoise sur des serveurs Huawei Kunpeng

L’architecture d’El Capitán est similaire à celles des autres superordinateurs figurant au classement TOP500, mais le superordinateur en cours de développement par le Centre National de Supercalcul de Shenzhen adoptera une approche différente. Selon Lu Yutong, la directrice de ce centre, Lingshen utilisera uniquement des processeurs de type CPU et ne comportera pas de GPU, une décision assez atypique qui pourrait lui permettre de dépasser les 2 exaflops en n’utilisant que ce type de puces.

Cependant, cela ne s’arrête pas là. Lingshen comptera 47 000 processeurs d’origine chinoise, répartis sur des serveurs Huawei Kunpeng, équipés de cœurs Taishan basés sur l’architecture ARM. Lu Yutong a également confirmé que cette machine disposera d’un stockage de 650 Po et d’une interconnexion d’un million de ports. Bien que le projet présenté par le Centre National de Supercalcul de Shenzhen ait de quoi séduire, il suscite également plusieurs interrogations légitimes.

La première étant que Lingshen n’est pour l’instant qu’un projet. Sa performance maximale théorique repose sur des estimations, et non sur des mesures issues d’un test réel. De plus, il est surprenant que le Centre National de Supercalcul ait choisi d’intégrer exclusivement des CPU. Des entreprises chinoises comme Huawei, Moore Threads et Cambricon Technologies possèdent des GPU fabriqués localement qui auraient pu convenir à cette machine. Quoi qu’il en soit, il sera intéressant de suivre l’évolution de ce projet pour voir si Lingshen répond réellement aux attentes qu’il a suscitées.

Points à retenir

  • Le superordinateur Lingshen vise une performance de plus de 2 exaflops, intégrant uniquement des processeurs de type CPU.
  • Il regroupera 47 000 processeurs sur des serveurs d’origine chinoise.
  • Bien que prometteur, Lingshen demeure un projet n’ayant pas encore été construit.
  • Des interrogations subsistent quant à l’absence de GPU dans cette architecture, malgré les capacités des entreprises chinoises dans ce domaine.

En fin de compte, cette initiative soulève des questions alors que le domaine des superordinateurs continue d’évoluer rapidement. La volonté de la Chine de développer sa technologie de manière autonome est louable et pourrait marquer un tournant dans la compétition mondiale en matière d’informatique avancée. Il me semble crucial de se demander dans quelle mesure ce projet pourra réellement tenir ses promesses et rivaliser avec les infrastructures déjà établies. N’est-ce pas fascinant de voir l’avenir de la haute technologie se dessiner sous nos yeux ?


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