jeu. Juin 25th, 2026

L’Office des droits d’auteur des États-Unis confirme la nécessité d’une autorité humaine pour la protection des œuvres générées par l’IA

À la fin du mois dernier, l’Office des droits d’auteur des États-Unis (USCO) a publié la deuxième partie de son rapport sur le droit d’auteur et l’intelligence artificielle (IA). Parmi les nombreuses conclusions, le rapport s’est penché sur la nécessité d’une nouvelle structure légale pour traiter les préoccupations liées au droit d’auteur en rapport avec l’utilisation de l’IA. Au terme de débats et de témoignages, l’USCO a confirmé que la protection par le droit d’auteur aux États-Unis exige une paternité humaine. Il a également conclu que la législation actuelle sur le droit d’auteur est adéquate pour soutenir les contenus générés par l’IA tout en préservant les droits des créateurs.

Le rapport énonce plusieurs conclusions, dont quatre principales :

  1. L’utilisation d’outils d’IA pour soutenir la créativité humaine, et non la remplacer, n’affecte pas la disponibilité d’une protection par le droit d’auteur pour le résultat obtenu.

  2. Le droit d’auteur protège l’expression originale d’une œuvre créée par un auteur humain, même si l’œuvre inclut des éléments générés par l’IA.

  3. La question de savoir si les contributions humaines aux résultats générés par l’IA sont suffisantes pour constituer une paternité doit être analysée au cas par cas.

  4. Les auteurs humains ont droit au droit d’auteur sur leurs œuvres, même si celles-ci sont perceptibles dans les résultats générés par l’IA, ainsi que sur la sélection, la coordination ou l’agencement créatif du matériel dans ces résultats, ou sur les modifications créatives apportées.

Mais que signifient ces conclusions ? L’USCO admet qu’« aucun tribunal n’a reconnu le droit d’auteur sur des matériaux créés par des non-humains. » Par exemple, un singe prenant un selfie ne peut pas prétendre à un droit d’auteur. Pour l’IA, il en va de même : seuls les humains peuvent bénéficier d’une protection par le droit d’auteur. Le rapport précise également que les humains peuvent générer des œuvres avec l’aide de l’IA qui sont éligibles à une certaine forme de protection par le droit d’auteur. La question qui se pose alors est de savoir quel niveau ou quelle nature d’intervention humaine est nécessaire pour qu’une œuvre créée avec l’aide de l’IA soit protégeable.

Le rapport cite plusieurs décisions judiciaires pour soutenir ses conclusions. Tout d’abord, il rappelle l’analyse de la Cour suprême dans l’affaire Feist Publications, Inc. contre Rural Telephone Service Co., où il est clairement indiqué que l’originalité est requise, et non seulement le temps et l’effort. Ainsi, une œuvre créée avec l’assistance de l’IA peut être protégée par le droit d’auteur si elle présente une "étincelle créative". De plus, il fait référence à l’affaire Burrow-Giles Lithographic Co. contre Sarony, qui portait sur la question de la copyrightabilité d’une œuvre partiellement créée à l’aide d’une machine. Le rapport résume ainsi la position de la Cour : « l’utilisation d’une machine comme outil ne supprime pas la protection par le droit d’auteur, mais l’œuvre résultante n’est protégeable que si elle contient des éléments d’expression humaine suffisants. » Enfin, il cite l’affaire Community for Creative Non-Violence contre Reid, qui portait sur le degré nécessaire de contribution humaine pour être considéré comme un auteur.

En résumé, le rapport établit que les œuvres créées avec l’assistance de l’IA peuvent être protégées par le droit d’auteur, à condition qu’un certain degré de contribution humaine soit clairement établi et que l’œuvre démontre l’expression créative humaine. Cependant, chaque cas doit être examiné individuellement, considérant chaque œuvre comme un sujet d’analyse unique.

Il est important de noter que ce n’est pas parce qu’une œuvre est créée avec l’aide de l’IA qu’elle est automatiquement protégeable. L’USCO précise que « des simples requêtes ne fournissent pas un contrôle humain suffisant pour que les utilisateurs d’un système d’IA soient les auteurs du résultat. » De plus, les systèmes d’IA, aux modèles extrêmement complexes, rendent difficile l’évaluation du processus de production. Il arrive souvent qu’une même requête produise des résultats différents, laissant des lacunes dans le contrôle créatif. Le rapport fait une analogie entre les œuvres d’IA et les peintures de Jackson Pollock ou certaines photographies de la nature, qui nécessitent, elles aussi, un degré élevé d’exécution humaine.

En conclusion, l’USCO estime qu’il n’y a pas besoin de changements légaux à ce stade. L’IA étant encore à ses débuts, les principes de droit d’auteur existants sont suffisants pour déterminer si une œuvre générée par l’IA reflète une participation humaine suffisante pour avoir droit à une protection. Si, dans le futur, des avancées technologiques offrent aux créateurs un contrôle plus précis sur l’IA, une nouvelle structure légale pourrait devenir nécessaire. Cependant, il est à rassurant de constater que les œuvres générées uniquement par l’IA ne remplaceront pas la créativité humaine dans un avenir proche.

Points à retenir

  • L’USCO a confirmé que seul un auteur humain peut bénéficier d’une protection par le droit d’auteur.
  • Les œuvres générées avec l’aide de l’IA peuvent être protégées par le droit d’auteur si elles affichent une contribution humaine suffisante.
  • Chaque cas doit être étudié individuellement pour déterminer le niveau de contrôle humain.
  • Les simples requêtes auprès des systèmes d’IA ne garantissent pas toujours la protection par le droit d’auteur.
  • L’évolution technologique pourrait à l’avenir nécessiter une révision des législations sur le droit d’auteur concernant l’IA.

À la lumière de ces développements, la question de la place de l’IA dans le processus créatif et de ses implications pour les créateurs humains demeure ouverte. Il sera pertinent de suivre les évolutions légales à mesure que de nouvelles pratiques et technologies émergent, tout en considérant les enjeux éthiques et créatifs sous-jacents.


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One thought on “Intelligence Artificielle : Créativité et Droits d’Auteur en Jeu !”
  1. Il est fascinant de voir comment l’IA influence la créativité. La législation doit évoluer avec elle, car l’art humain reste irremplaçable.

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