lun. Août 17th, 2026

L’intelligence artificielle permet-elle de favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap sur le marché du travail, ou, au contraire, risque-t-elle de créer de nouveaux obstacles et de limiter les opportunités d’emploi disponibles ? C’est autour de cette question que le média italien ilfattoquotidiano.it a interrogé Marino Bottà, un expert reconnu dans le domaine de l’insertion professionnelle et de la formation, ayant plus de 50 ans d’expérience auprès des travailleurs en situation de handicap. Selon Bottà, “l’essor de l’intelligence artificielle entraîne déjà une suppression de postes, y compris ceux réservés aux personnes handicapées”. Il est également président de l’Association Nationale pour le Handicap et le Travail (Andel) et souligne que cette évolution risque de creuser les inégalités en matière d’emploi, en marginalisant davantage les groupes vulnérables, et appelle à une révision des politiques en faveur d’économies locales inclusives.

Bottà ajoute que bien que certains affirment que l’intelligence artificielle créera de nouveaux emplois, il redoute que la majorité de ces postes ne soient pas accessibles aux personnes handicapées. Le risque est particulièrement élevé pour ceux ayant des handicaps cognitifs ou un faible niveau d’éducation, qui représentaient plus de 70 % des personnes inscrites au placement des personnes handicapées. Les tâches qu’ils effectuent, comme l’assemblage ou le tri, sont déjà largement automatisées, a-t-il précisé. Ce constat met en lumière une réalité complexe, souvent pénalisante, qui nécessite une attention accrue afin de préserver les droits des personnes handicapées et des citoyens les plus fragiles.

Quant au nombre de travailleurs handicapés qui trouveront une place dans cette nouvelle dynamique, Bottà est pessimiste : “Infiniment peu par rapport à ceux qui seront éliminés en raison de la robotisation et de l’intelligence artificielle”. Il évoque les déterminations économiques qui pourraient entraîner un accroissement du nombre de citoyens exclus du monde du travail, lourde responsabilité qui incomberait à l’État. Aujourd’hui, moins d’une personne handicapée sur trois occupe un emploi en Italie, une situation alarmante.

Les perspectives d’avenir pour les personnes souffrant d’handicaps intenses, principalement cognitifs et intellectuels, semblent sombres. En se basant sur les données parlementaires de 2013 à 2023, Bottà souligne qu’un chiffre alarmant de 401 847 personnes a été recruté dans cette période, représentant à peine 4,01 % des inscrits. De plus, 83,72 % des nouveaux employés perdent leur emploi dans les douze mois suivant leur intégration. L’Italie, selon lui, se classe au 14ème rang mondial quant au nombre d’humanoïdes dans le système productif, un phénomène qui, bien que vanté par les entreprises, aggrave les inégalités pour les candidats handicapés.

Bottà met en avant que les plus vulnérables sont souvent ceux qui risquent le plus l’exclusion des processus productifs, exacerbant ainsi les inégalités dans notre société. Il déclare que le travail, comme moyen de réalisation personnelle et d’autonomie, est menacé. Combiné aux défis sociaux tels que le vieillissement de la population et le manque de main-d’œuvre, il appelle à une réforme des politiques d’emploi. Toutefois, il déplore le manque d’actions réelles de la part des autorités, notamment vis-à-vis de la loi 68/99, censée garantir le droit au travail des personnes handicapées.

Pour Bottà, il faudra une réforme profonde du système de placement public, une formation adéquate des personnels ainsi que le développement de politiques sociales adaptées. Il insiste sur le fait que, malgré les avancées technologiques, il reste profondément préoccupé par l’avenir, faisant appel à des pratiques concrètes qui protègent les acquis des droits des personnes handicapées.

Points à retenir

  • L’intelligence artificielle pourrait réduire les opportunités d’emploi pour les personnes en situation de handicap.
  • Une majorité des nouveaux postes créés grâce à l’IA ne seraient pas accessibles aux personnes handicapées.
  • Un très faible pourcentage de ceux qui trouvent un emploi le conservent au-delà de douze mois.
  • L’Italie se classe parmi les pays avec le plus grand nombre d’humanoïdes dans le secteur productif, compliquant ainsi l’insertion professionnelle pour les personnes handicapées.
  • Les politiques d’emploi actuelles ne suffisent pas à répondre aux besoins des travailleurs vulnérables.

En considérant ces points, il est primordial de s’interroger sur l’impact des avancées technologiques sur l’emploi des plus vulnérables. Comment pouvons-nous, en tant que société, nous assurer que ces évolutions profitent à tous et non seulement à une élite ? Je me demande quelles initiatives pourraient voir le jour pour initier un changement positif dans ce domaine, garantissant une véritable inclusivité pour tous. La conversation doit continuer, et je suis convaincu qu’ensemble, nous pouvons redéfinir le futur du travail.


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