PORDENONE – UDINE – À partir de septembre, l’intelligence artificielle fera son entrée dans les salles de classe. L’objectif est d’évaluer si elle pourra être utilisée par les élèves non pas comme un simple outil passif, mais comme un véritable partenaire cognitif, avec les enseignants en tant que coachs. « Les jeunes l’utilisent déjà à la maison pour leurs devoirs, il est donc essentiel d’en tenir compte », déclare Luca Gervasutti, président de l’Association nationale des chefs d’établissement du Frioul-Vénétie-Julienne et directeur du lycée Caterina Percoto d’Udine. Gervasutti supervise un projet d’IA impliquant 106 écoles de premier et second cycles dans la région, touchant plus de trois mille personnes, enseignants et administratifs. Ce projet triennal, soutenu par la Région avec un financement de près de deux millions d’euros, a débuté avec la formation du personnel en début d’année scolaire, tandis que l’instauration de l’intelligence artificielle dans les classes est prévue pour septembre 2026. « Nous sélectionnerons plusieurs thématiques que les enseignants pourront expérimenter en cours », précise Gervasutti. Trois établissements phares participent à l’initiative : l’Itst Kennedy à Pordenone, le lycée Percoto à Udine, et l’Institut compréhensif de Tricesimo.
Le Projet
« Je m’intéresse à l’intelligence artificielle à l’école depuis novembre 2022 – explique le président de l’ANP Fvg, auteur du livre « La dashboard de l’I.A. » – alors que ChatGPT est devenu accessible. Mon but était de comprendre ses risques et ses opportunités. » Au début de l’année scolaire, le projet a pris forme dans les établissements. « Ce premier trimestre, qui se terminera en juin, consiste en une formation extensive du personnel. Compte tenu de la sensibilité de notre public, il est primordial de commencer par la formation. En septembre, lorsque l’IA sera intégrée en classe, nous établirons une liste de thématiques allant de l’évaluation à l’attention, sur lesquelles les enseignants pourront travailler. Dans le cadre de l’évaluation, par exemple, les instructions utilisées par les élèves pour interroger l’IA pourraient devenir des éléments à considérer dans le jugement. Cela s’inscrit dans le principe de la « mind extended » proposé par des chercheurs. L’IA ne pourra être utilisée en classe qu’après modifications des règlements de l’établissement, sous la supervision des enseignants. « L’enseignant devient donc une sorte de coach, guidant les élèves dans l’utilisation d’outils désormais indispensables », conclut Gervasutti.
Le ministère de l’Éducation a lancé un projet national de 100 millions d’euros pour intégrer l’IA dans les écoles. « Nous, en Fvg, avons pris une longueur d’avance d’un an par rapport au programme national. À la fin de l’année scolaire prochaine, nous tirerons le bilan et entamerons la dernière phase. L’objectif est de ne pas cantonner l’IA à des tâches répétitives, mais de l’utiliser pour inspirer de nouvelles pistes de réflexion », conclut le président des chefs d’établissement.
Le Congrès
Le projet frioulan a été présenté lors d’un congrès à Udine auquel ont assisté 350 enseignants. Le professeur Paolo Granata de l’Université de Toronto était l’invité. L’assessora à l’Éducation, Alessia Rosolen, a déclaré : « L’intelligence artificielle reste un outil, c’est l’intelligence humaine qui doit continuer à la guider dans une démarche éducative. » Enfin, l’assesseur aux Systèmes d’information, Sebastiano Callari, a ajouté : « Le Frioul-Vénétie-Julienne est aujourd’hui reconnu en Europe comme un fort innovateur, se distinguant aux côtés de la Lombardie comme l’une des régions italiennes les plus dynamiques en matière d’innovation. »
Points à retenir
- Introduction de l’IA dans 106 écoles du Frioul-Vénétie-Julienne.
- Formation du personnel en cours, avec un projet qui culminera en septembre 2026.
- Collaboration entre enseignants et élèves dans l’utilisation de l’IA.
- Impact de l’IA sur les pratiques pédagogiques, notamment dans l’évaluation.
- Initiatives en cours à l’échelle nationale pour intégrer l’IA dans le système éducatif.
En tant qu’observateur passionné des évolutions éducatives, je me demande quelles seront les conséquences de cette intégration de l’intelligence artificielle. Quelles nouvelles capacités développerons-nous chez les élèves ? Et surtout, serons-nous capables de préserver l’essence même de l’éducation tout en embarquant ces outils puissants ? C’est un défi passionnant qui mérite d’être suivi de près.