OpenAISora, l’application permettant de générer des vidéos réalistes à partir de descriptions textuelles.
La nouvelle a été relayée par l’entreprise, connue pour ChatGPT, via un message sur X, après une fuite du Wall Street Journal.
“Merci à tous ceux qui ont créé avec Sora, l’ont partagée et ont construit une communauté autour de cette plateforme. Ce que vous avez accompli a compté, et nous savons que cette annonce est décevante,” a indiqué l’équipe en charge de Sora. Des précisions, incluant des informations sur la sauvegarde des vidéos crées, seront communiquées prochainement.
Un tournant vers la solidité financière
La fermeture de Sora s’inscrit dans le cadre d’une réorganisation plus large chez OpenAI, jugée nécessaire pour recentrer l’entreprise sur ses objectifs principaux.
OpenAI souhaite en effet se concentrer sur les services aux entreprises et sur le renforcement de Codex, un outil d’intelligence artificielle dédié à la rédaction de code informatique.
Cette stratégie semble également liée à la préparation de l’entrée d’OpenAI en bourse prévue pour le dernier trimestre de 2026.
Afin d’attirer les investisseurs, l’entreprise cherche à prouver sa rentabilité et à mettre en place une structure opérationnelle plus efficace, en éliminant les projets jugés secondaires.
Des coûts d’exploitation insoutenables
Les raisons de l’abandon de Sora sont à la fois techniques et économiques.
La génération de vidéos requiert une puissance de calcul considérable issue des unités de traitement graphique, essentielles au fonctionnement de l’intelligence artificielle.
Depuis un an, les responsables techniques d’OpenAI ont souligné à plusieurs reprises que l’infrastructure risquait de s’effondrer en raison de la demande énergétique et computationnelle exorbitante.
Maintenir un service comme Sora, même avec un modèle payant, est devenu un poids insupportable pour l’entreprise dirigée par Sam Altman.
De l’innovation au déclin
Sora a fait son apparition au début de 2024, captivant le public par la cohérence visuelle et le respect des lois physiques dans les vidéos générées.
Suite à la mise à jour de septembre 2025, la version Sora 2 a été lancée, mais restait limitée au marché américain sans s’étendre en Europe.
Malgré l’engouement initial, le nombre de téléchargements quotidiens a chuté, passant de 100 000 en novembre 2025 à moins de 20 000 en janvier 2026.
Le marché de la génération vidéo est devenu rapidement saturé, avec des concurrents de taille tels que Google et des start-ups comme Runway et Kling.
De plus, Sora a été confrontée à des problèmes juridiques, notamment des protestations d’artistes et de professionnels du cinéma inquiet du recours à du contenu protégé pour l’apprentissage des modèles.
Des changements au sein de l’organisation
Parallèlement, Sam Altman a informé mardi les employés d’OpenAI qu’il se retirait de la supervision directe des équipes en charge de la sécurité des systèmes.
Cette décision, annoncée lors d’une réunion, marque un éloignement formel d’Altman vis-à-vis des activités de sécurité, créant une distinction entre gestion opérationnelle et surveillance éthique des produits.
La responsabilité de la supervision revient désormais à des dirigeants techniques indépendants, afin de répondre aux préoccupations sur la concentration des pouvoirs.
Contexte des tensions autour de la sécurité
Cette réorganisation est le dernier chapitre d’un récit complexe jalonné de débats internes et externes sur la sécurité.
Ces dernières années, des figures emblématiques comme Ilya Sutskever et Jan Leike, qui ont contribué au succès d’OpenAI, ont quitté l’entreprise, accusant Altman de privilégier le développement commercial au détriment de la prévention des risques.
La sortie de ces experts a renforcé la pression sur la direction et a poussé l’entreprise à revoir ses processus pour accroître la transparence et son engagement envers la gestion des risques informatiques et sociaux.
Points à retenir
- La fermeture de Sora fait partie d’une stratégie de recentrage d’OpenAI sur des projets jugés prioritaires.
- OpenAI veut démontrer sa rentabilité avant son introduction en bourse, prévue pour 2026.
- Le marché de la génération vidéo est très concurrentiel, ce qui a rendu l’exploitation de Sora difficile.
- Des préoccupations éthiques et juridiques entourent l’utilisation de certaines données pour l’entraînement des IA.
- La structure de gouvernance d’OpenAI évolue pour mieux répondre aux enjeux de sécurité.
Ce qui se passe chez OpenAI est révélateur des défis modernes auxquels est confrontée l’intelligence artificielle. À une époque où la technologie évolue à pas de géant, l’équilibre entre innovation, rentabilité et responsabilité éthique est à la fois crucial et complexe. Il est essentiel que des entreprises comme OpenAI prennent des décisions sans hâte afin de garantir une utilisation bénéfique des technologies émergentes. Quel en sera l’impact sur la prochaine génération d’innovations ? C’est une question qui mérite notre attention et notre réflexion.