lun. Juin 15th, 2026

À vingt ans, Pablo Gracia a découvert sa passion pour l’audiovisuel. À cette époque, manipuler une caméra, alors que les images envahissaient notre quotidien, était un vrai privilège. Qui aurait pensé qu’une décennie après, les smartphones adopteraient cette même technologie ? Le chemin semblait semé d’embûches pour Gracia, qui, à l’aube de ses trente ans, a décidé de réorienter sa carrière vers le journalisme écrit. « Comment une machine pourrait-elle communiquer aussi efficacement qu’un humain ? » s’est-il interrogé. Dix ans plus tard, après une carrière de freelance, il a pris une nouvelle direction marquée par l’essor de l’intelligence artificielle (IA) et son impact sur le monde de l’emploi.

Cependant, Gracia nuance son propos. Pour lui, l’IA n’a pas simplement pris son travail. « Ce serait inexact », souligne-t-il. Ce qui est clair, c’est que le marché a connu une contraction. Il a observé que certains clients lui envoyaient des communiqués rédigés par des outils d’IA. « Le marché se réduit rapidement, c’est un constat évident », explique-t-il. En réponse, il a choisi de se tourner vers un secteur moins affecté par la technologie : il s’est inscrit à une formation en maintenance des installations thermiques, une manière de plonger dans le monde de la plomberie et du froid.

Des plombiers, des menuisiers et des électriciens

Récemment, Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a fait une déclaration audacieuse : les futurs millionnaires seront des plombiers, menuisiers ou électriciens. Bien que cela puisse sembler provocateur, des experts comme Fernando Lacambra, directeur de la plateforme de mise en relation professionnels-clients « Aquí tu reforma », soutiennent cette vision. Selon lui, « les métiers manuels ne disparaîtront pas ; au contraire, ils gagneront en valeur, car le besoin de professionnels qualifiés est plus fort que jamais. » Un bon artisan, soutenu par la technologie et ayant un esprit entrepreneurial, dispose aujourd’hui de nombreuses opportunités.

Mónica Pérez, directrice de communication chez InfoJobs, partage cet avis. « Les métiers manuels bénéficient d’une revalorisation, tant parce que l’automatisation des tâches physiques est complexe, que parce que la demande pour des compétences pratiques se renforce. » Elle souligne qu’une carrière autrefois considérée comme routinière a désormais une valeur ajoutée, surtout lorsqu’elle est couplée à des compétences digitales.

Dans ce contexte en mutation, s’adapter est impératif. Gracia explique que sa transition vers la plomberie a nécessité un effort d’observation et d’apprentissage. « Retourner à l’école à 40 ans parmi des jeunes de 18 ans a été un véritable choc culturel. Ça a été difficile au début, mais je suis maintenant en deuxième année, prêt à commencer mes stages », partage-t-il.

L’automatisation n’a pas échappé à son œil expert. « En 2023 et 2024, bien que je continuais à travailler, je voyais déjà des signes : des clients m’envoyant des textes générés par des machines », se souvient Gracia. Auparavant, il travaillait avec des micro-données et exploitait des archives pour alimenter ses reportages. « Je pensais que cela ne pouvait pas être automatisé… jusqu’à ce que cela le devienne », conclut-il.

Pénurie et demande : le nouveau paysage de l’emploi

La rareté de la main-d’œuvre qualifiée redéfinit l’économie des métiers. Gracia pointe du doigt une « énorme pénurie de personnel compétent ». Selon lui, « il y a de la main-d’œuvre, mais pas de bonne main-d’œuvre, ce qui renforce la position des travailleurs dans les négociations salariales ». En tant qu’entrepreneur, il témoigne : « Il est possible de bien gagner sa vie si l’on est autonome et responsable ».

Lacambra souligne que les professionnels expérimentés profitent de la rareté des jeunes talents dans les métiers manuels. Cette dynamique permet de fusionner les compétences traditionnelles avec des outils numériques, ouvrant ainsi des perspectives uniques pour la spécialisation.

Le futur des métiers et la technologie

Gracia se projette et évoque une transformation à long terme. « Je ne suis pas naïf, la robotique progresse. Dans 15 ou 20 ans, de nombreux métiers seront sans doute automatisés », admet-il. Néanmoins, il reste convaincu qu’un besoin de supervision et d’intervention humaine demeurera. Comme dans le journalisme, il insiste sur l’importance de l’expérience humaine.

Miñones partage également la satisfaction que procure un métier manuel, déclarant : « Se lever le matin avec l’envie de travailler est très gratifiant. »

Points à retenir

  • La transition vers des métiers manuels est un phénomène croissant face à l’automatisation.
  • Les compétences techniques et une bonne gestion deviennent des atouts majeurs sur le marché de l’emploi.
  • Une adaptation rapide et continue est essentielle pour survivre dans un environnement professionnel en changement.
  • La pénurie de main-d’œuvre qualifiée entraîne des opportunités économiques pour les artisans.
  • L’avenir semble prometteur pour ceux qui combinent savoir-faire pratique et compétences numériques.

Il est fascinant de réfléchir à la manière dont l’évolution technologique redéfinit les métiers d’hier. En considérant ces témoignages, j’entrevois un avenir où les métiers manuels ne seront pas seulement résilients, mais aussi essentiels à notre économie. Comment cette mutation affectera-t-elle nos choix professionnels à l’avenir ? C’est une question passionnante à explorer.


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