Lors de leur assemblée générale cette semaine, la Conférence des évêques suisses a débattu des différentes formes de vie des acteurs pastoraux. La SBK a souligné que la crédibilité des responsables religieux se mesure à « un style de vie conforme à l’Évangile », sans toutefois fournir de détails précis.
Regula Pfeifer
La Conférence des évêques suisses s’est réunie à Lugano du lundi au mercredi pour aborder en profondeur la question des modes de vie des acteurs pastoraux. C’est ce qu’a communiqué la SBK jeudi.
Les membres de la SBK ont examiné un document élaboré par la Commission de théologie et d’œcuménisme, afin de définir les liens entre mode de vie et mission ecclésiale. Ce document sera présenté au Conseil de coopération SBK – RKZ avant d’être publié.
Publication à venir du document
La SBK n’a pas divulgué les résultats précis de ces discussions. Maurice Greder, responsable du service de communication, a répondu à un questionnaire de kath.ch : « Nous ne ferons aucune déclaration sur les questions concrètes, les discussions ou les décisions avant que le document ne soit présenté au Conseil de coopération SBK – RKZ, puis publié. »
En revanche, la SBK a partagé sa position générale : « La crédibilité des ministres pastoraux repose sur leurs charismes et compétences, et se mesure aussi à un style de vie conforme à l’Évangile. »
Les bases posées par la Professeure Kaptijn
Ce dernier débat de la Conférence des évêques suisses s’appuie sur un document complet remis par la professeure Astrid Kaptijn de Fribourg. Kaptijn est présidente de la Commission de théologie et d’œcuménisme de la SBK.
Astrid Kaptijn
Elle a été chargée par la SBK, le 1er février 2024, d’explorer théologiquement la complexité des relations entre modes de vie et engagement pastoral, en produisant un état des lieux. Cette position sera mise à la disposition des diocèses et des abbayes territoriales.
En janvier 2024, la présidence de la SBK a examiné les modes de vie des collaborateurs pastoraux. Ils se sont penchés sur la manière dont les acteurs pastoraux vivant dans des situations dites « irrégulières » peuvent être intégrés dans la pastorale de l’Église.
Quelques mois plus tard, en septembre dernier, la SBK a effectué une première lecture du rapport et a élaboré des recommandations pour la suite.
Appel à l’abandon du terme « irrégulier »
Avant cette assemblée, l’alliance progressiste « Équilibre Catholique » a adressé une lettre ouverte intitulée « Le privé est privé ».
Mentari Baumann (g.) lors de la rencontre de l’Alliance Équilibre Catholique en octobre 2021.
Dans cette lettre, ils demandent à la SBK d’abandonner l’expression « situation irrégulière », jugée blessante, notamment parce que de nombreux membres de la société considèrent ces acteurs pastoraux comme des figures normales, notamment ceux qui ont divorcé et se sont remariés, ou qui vivent leur vie de manière queer.
Applaudissements pour la réévaluation théologique
Parallèlement, l’AGK a exprimé son soutien vis-à-vis de la nouvelle approche théologique concernant « la complexité et la diversité des relations entre modes de vie et engagement pastoral ». Ils espèrent que de nouvelles perspectives théologiques, surtout sur la morale sexuelle, seront prises en compte.
De plus, l’AGK a manifesté son souhait de rendre ce rapport accessible au public, afin qu’il puisse alimenter le débat social autour du concept de « Le privé est privé ». Enfin, l’AGK insiste sur la nécessité pour la SBK d’intégrer non seulement une perspective théologique, mais aussi humaine et structurelle, pour favoriser une évolution bénéfique pour les acteurs pastoraux au sein d’une Église plus crédible.
© Katholisches Medienzentrum, 18.09.2025
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Bon à savoir
- La Conférence des évêques suisses se réunit régulièrement pour discuter des enjeux pastoraux et théologiques.
- Le cadre législatif et social autour des responsabilités des intervenants pastoraux évolue, ce qui rend ces discussions pertinentes.
- Des évolutions sur la perception des acteurs pastoraux vivant des situations atypiques pourraient influencer la façon dont l’Église se positionne socialement.
Ainsi, cette assemblée constitue un tournant dans la reconnaissance des diverses formes de vie des acteurs pastoraux. En considérant les évolutions sociétales et les appels à un changement, quel rôle l’Église est-elle prête à jouer pour intégrer tous ses membres de manière authentique et inclusive ? Une réflexion sur la façon dont les croyances peuvent évoluer au rythme des changements sociaux semble nécessaire et pourrait ouvrir la voie à un dialogue enrichissant pour l’avenir.


