mar. Juin 23rd, 2026

Ne vous laissez pas tromper par le terme “mal de tête”. Lorsque l’on évoque l’migraine, on parle d’une véritable pathologie neurologique chronique et invalidante. Heureusement, la recherche avance et propose des solutions visant à réduire la fréquence et l’intensité des crises, permettant ainsi aux individus de retrouver plus rapidement une vie normale.

Dans ce contexte, il est important de mentionner que l’Italie vient d’approuver un nouveau médicament, le rimegepant, qui est le premier et unique anti-CGRP oral remboursable dans le pays. Il peut être utilisé à la fois pour le traitement aigu de la migraine avec ou sans aura et pour la prophylaxie de migraine épisodique chez les adultes ayant au moins quatre épisodes de migraine par mois.

L’identité de la maladie et l’importance du diagnostic

En Italie, environ 6 millions de personnes, soit 12% de la population, souffrent de migraine, avec une prévalence trois fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Chaque année, 2,5 à 3% des patients atteints de migraine épisodique évoluent vers la forme chronique, ce qui signifie souvent pour beaucoup d’entre eux – pendant 15 jours ou plus par mois – devoir interrompre toute activité, se retranchant dans une pièce sombre et silencieuse pour tenter d’apaiser la douleur lancinante, aggravée par les bruits, la lumière ou des odeurs fortes.

Malgré son impact significatif, cette pathologie reste encore sous-diagnostiquée, souvent banalisée et peu visible. “Vivre avec une migraine signifie non seulement affronter une douleur intense et invalidante, mais aussi la peur constante de la douleur et des crises, la difficulté d’expliquer une maladie invisible et la frustration d’être parfois incompris”, explique Alessandra Sorrentino, présidente de l’Association Alleanza Cafalalgici (Al.Ce) de la Fondation Cirna Onlus.

Le poids psychologique est souvent minimisé : l’anxiété, le sentiment de culpabilité et d’impuissance, les renoncements et l’isolement rendent cette maladie encore plus invalidante. Aux défis personnels s’ajoutent ceux liés au parcours de soins : retards diagnostiques, manque de sensibilisation chez certains professionnels de santé et disparités d’accès aux centres spécialisés et aux thérapies innovantes. Rendre visible la migraine, c’est reconnaître son impact, redonner dignité, écoute et soins rapides, afin que personne ne se sente plus seul face à cette maladie.”

Comment aborder la migraine

Mais qu’implique-t-on véritablement sur le plan scientifique et comment doit-on considérer le traitement en fonction des caractéristiques de chaque patient ? “La migraine est une céphalée primaire, donc une pathologie neurologique non liée à d’autres maladies, caractérisée par des attaques récurrentes et douloureuses qui peuvent être accompagnées de symptômes associés”, explique Alessandro Padovani, professeur de neurologie à l’Université de Brescia et directeur de l’Institut de neurologie clinique.

La gestion clinique nécessite deux approches distinctes : celle du traitement aigu, pour les épisodes moins fréquents, et celle préventive, pour les cas à haute fréquence ou chroniques, lorsque la douleur se manifeste au moins 15 jours par mois. Une intervention rapide est essentielle pour réduire le risque de chronicité, souvent accentuée par l’abus de médicaments symptomatiques. Une stratégie intégrée, alliant traitements pharmacologiques et non pharmacologiques avec des modifications du mode de vie, peut atténuer le fardeau de la maladie et sensiblement améliorer la qualité de vie.”

C’est dans ce parcours que se situe (pour les patients concernés, en veillant à l’appropriation des soins) le nouveau médicament. “Le besoin de flexibilité thérapeutique est primordial, surtout pour ceux qui ont déjà essayé plusieurs traitements sans résultat satisfaisant,” souligne Piero Barbanti, président de l’Association italienne pour la lutte contre les céphalées et professeur de neurologie à l’Université San Raffaele de Rome.

Rimegepant constitue un progrès car c’est le premier gepant oral approuvé en Italie, avec double indication : traitement aigu et prévention des crises chez les patients souffrant de migraines épisodiques. En agissant comme antagoniste du récepteur CGRP, il bloque rapidement la cascade de la douleur lors de la phase aiguë et réduit, en cas de prise régulière, la fréquence et l’intensité des épisodes, assurant ainsi continuité et simplicité thérapeutique. Ce médicament s’intègre aisément dans les parcours de soins existants, tant pour les patients non réactifs ou intolérants aux triptans que pour ceux préférant des traitements non injectables.

L’impact sur la vie personnelle et professionnelle

Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que la migraine soit l’une des principales causes de handicap et de limitation de la vie professionnelle. Elle affecte la capacité à travailler par des absences et une diminution de la productivité, souvent associée au phénomène de présentisme, c’est-à-dire travailler en étant malade, avec un rendement réduit et une détérioration des conditions de santé. Le projet Eurolight a souligné qu’environ deux tiers des coûts économiques proviennent du présentisme, et seulement un tiers de l’absentéisme. Des études internationales estiment que jusqu’à 89% de la perte totale de productivité peut être liée à ce phénomène silencieux mais aux conséquences significatives.

En Italie, le coût global de la migraine est estimé à 20 milliards d’euros par an, dont 93% est attribué à la perte de productivité. Cela souligne que l’incapacité ne se limite pas aux crises, mais persiste également entre les épisodes, influençant ainsi la vie scolaire et professionnelle. Et la tendance est à la hausse : entre 1990 et 2021, la prévalence de la migraine a augmenté de 58% et l’incidence de 42%, avec des prévisions de poursuite de cette montée jusqu’en 2050. Ce phénomène touche de plus en plus aussi les hommes et les jeunes de moins de 20 ans, qui constituent la future force de travail, avec des répercussions directes sur la continuité professionnelle et l’économie.

Bon à savoir

  • La migraine se manifeste par des douleurs intenses souvent accompagnées de nausées et de sensibilité à la lumière ou au son.
  • Les traitements préventifs incluent non seulement des médicaments, mais aussi des changements de mode de vie comme le stress management et l’activité physique.
  • Le soutien psychologique peut également jouer un rôle clé dans la gestion des migraines en aidant les patients à gérer le stress et les émotions liées à la douleur.

La gestion de la migraine soulève des questions cruciales sur l’impact croissant de cette pathologie sur les individus et la société. Quelles mesures devraient être prises pour améliorer le diagnostic et les traitements, et comment sensibiliser davantage à cette maladie souvent méconnue? Ces défis rendent essentielle une réflexion collective et santé publique adaptée.


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