Discuter avec Noé Prades s’apparente à plonger dans un processus de maturité créative où l’esthétique se marie avec l’apprentissage personnel. Avec son studio éponyme, cet intérieuriste catalan a su développer un langage distinctif, aujourd’hui reconnu pour son authenticité, sa chaleur et son engagement envers la durabilité. Pourtant, comme il le mentionne lui-même, ce n’a pas toujours été le cas : lors de ses premiers projets, son enthousiasme le poussait à empiler les idées, les concepts et les ressources, une approche qu’il ne suit plus aujourd’hui.
Son expérience lui a appris que le design nécessite également des silences et qu’un intérieur prend tout son sens lorsqu’il accompagne la vie de ses occupants. Cette vision, éloignée d’un simple impact visuel et davantage centrée sur l’émotion, définit désormais ses créations. Avec la tranquillité de quelqu’un qui a appris à faire confiance à son intuition et à ne pas chercher à plaire à tout prix, Prades évoque dans cette interview ses anciennes pratiques qu’il ne reproduirait plus, l’évolution de son style et le conseil qu’il donnerait à son jeune moi si cela était possible.
Une conversation sur l’évolution, les apprentissages et les nouveaux codes avec l’intérieuriste Noé Prades

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Photo : @eltonrochafotografia | Noé Prades
Rétrospective : quels aspects de vos premiers projets, voire de votre formation, ne reproduiriez plus aujourd’hui ?
Dans mes premières créations, je visais trop de choses, avec des concepts moins clairs… trop d’idées juxtaposées. J’ai réalisé au fil du temps que le design requiert des pauses, des silences et un équilibre. Aujourd’hui, je travaille davantage sur la synthèse et la clarté, convaincu que moins de choix bien réfléchis ont un impact plus fort.
Y a-t-il une tendance ou un élément décoratif qui vous enthousiasmait autrefois, mais que vous avez complètement abandonné ?
J’ai toujours voulu créer des espaces qui reflètent ma vision, mais je suis conscient que nous évoluons dans un monde très visuel, ce qui m’a peut-être inconsciemment influencé vers certaines directions.
Quelle évolution percevez-vous dans votre style, depuis vos débuts jusqu’à aujourd’hui ?
Mon style est devenu plus authentique et conscient. Auparavant, je cherchais l’impact ; aujourd’hui, mon but est d’émouvoir. La durabilité est désormais au cœur de ma démarche : utilisation de matériaux locaux, processus responsables et création d’espaces naturels et chaleureux.


Photo : @eltonrochafotografia | Noé Prades
Avez-vous tiré des leçons spécifiques de vos erreurs ?
J’ai compris qu’il ne suffit pas de concevoir seulement pour l’esthétique. Certains de mes premiers projets étaient visuellement réussis, mais peu confortables au quotidien. Aujourd’hui, je saisis pleinement qu’un intérieur prend tout son sens lorsqu’il améliore le quotidien de ses utilisateurs.
Quel conseil donneriez-vous à votre jeune vous-même, à présent que vous avez gagné en expérience ?
Je lui dirais d’être patient, de davantage se fier à son intuition et de ne pas chercher à plaire à tout le monde. Le design ne consiste pas à respecter les attentes, mais à proposer ce qui résonne comme vrai. Et surtout, de savourer le processus, car chaque erreur est aussi une étape vers une vision plus personnelle.
Bon à savoir
- Le processus créatif peut nécessiter du temps pour atteindre sa pleine maturité.
- Une approche plus simple permet souvent de mieux communiquer les idées.
- La durabilité est devenue une composante essentielle dans le design contemporain.
Cette réflexion sur l’évolution du design intérieur soulève une question essentielle : où se situe le juste milieu entre esthétique et fonctionnalité ? La quête d’un équilibre entre un espace qui respire et une esthétique séduisante demeure un défi passionnant pour les créateurs d’aujourd’hui.