mer. Juin 24th, 2026

Les modifications du mode de vie, la gestion des irritants vésicaux et la pratique d’exercices du plancher pelvien sous la supervision de physiothérapeutes spécialisés se révèlent particulièrement efficaces pour gérer l’incontinence urinaire, « surtout dans les cas légers à modérés », explique Carlos Balmori, expert en urologie féminine et fonctionnelle au Service d’Urologie de l’Hôpital Ruber International.

Néanmoins, lorsque ces approches ne suffisent pas, des alternatives plus avancées sont envisagées. « Pour les femmes souffrant d’incontinence urinaire d’urgence réfractaire, des thérapies locales visant à réduire l’hyperactivité de la vessie ou la neuromodulation sont utilisées. En ce qui concerne l’incontinence d’effort, les dispositifs sous-urétraux de type TOT ou TVT offrent des résultats excellents avec une récupération rapide », ajoute Almudena Coloma, collègue de Balmori. De plus, l’utilisation de médicaments spécifiques et, dans certains cas, d’interventions chirurgicales peuvent être envisagées.

Coloma précise que les formes d’incontinence les « plus courantes » chez les femmes comprennent l’incontinence d’effort, l’incontinence d’urgence, et souvent une combinaison des deux, connue sous le nom d’incontinence mixte. La première se manifeste lors de toux, de rires ou d’activités physiques, tandis que la seconde implique un besoin soudain et irrésistible d’uriner.

Le processus de diagnostic repose sur un historique médical complet, des questionnaires validés, des journaux mictionnels ainsi que le « test de la couche ». « L’examen physique est crucial, notamment pour évaluer l’état du plancher pelvien, la présence de prolapsus et la mobilité urétrale », explique la médecin. Les examens complémentaires peuvent inclure des analyses d’urine, des échographies, la mesure du débit urinaire, et dans les cas plus complexes, des études urodynamiques qui déterminent avec précision le fonctionnement de la vessie.

TECHNOLOGIE ET ÉQUIPE MULTIDISCIPLINAIRE

Carlos Balmori et Almudena Coloma soulignent les avancées dans les chirurgies peu invasives et les dispositifs implantables modernes, tels que les sphincters artificiels. « Par ailleurs, des technologies comme la neuromodulation sacrée ou tibiale se positionnent comme des alternatives efficaces dans certains profils », ajoute Balmori.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec des physiothérapeutes, des gynécologues, des gériatres, des psychologues et des nutritionnistes pour offrir une prise en charge personnalisée. Cette coordination multidisciplinaire améliore considérablement les résultats », souligne Coloma.

INCONTINENCE URINAIRE CHEZ LES HOMMES

Chez les hommes, l’incontinence urinaire est une « réalité fréquente après une chirurgie prostatique », particulièrement après une prostatectomie radicale due à un cancer de la prostate, selon les spécialistes de Ruber International. L’incontinence d’urgence, souvent liée à une vessie hyperactive en raison d’une obstruction prostatique chronique, est également courante.

« Pour le diagnostic, le même niveau de rigueur est appliqué que chez les femmes, incluant l’historique médical, l’examen physique et l’étude urodynamique lorsque nécessaire », précise Balmori. Le traitement des hommes comprend également de la physiothérapie du plancher pelvien et des médicaments dans les cas urgents.

Dans des situations plus sévères, des solutions chirurgicales sont envisagées : « Le sphincter urinaire artificiel reste le traitement de référence pour l’incontinence sévère post-prostatectomie. Pour les cas modérés, nous optons pour l’implantation de slings masculins », conclut l’expert.

Bon à savoir

  • Les exercices de renforcement du plancher pelvien peuvent bénéficier à la fois aux hommes et aux femmes souffrant d’incontinence.
  • Les traitements de l’incontinence peuvent varier en fonction de la cause et de la gravité, impliquant des approches thérapeutiques complémentaires.
  • Le suivi régulier avec des professionnels de santé est recommandé pour adapter les traitements et améliorer la qualité de vie des patients.

En conclusion, la prise en charge de l’incontinence urinaire, tant chez les hommes que chez les femmes, demeure une question complexe qui nécessite une approche multidisciplinaire et personnalisée. Ces avancées dans le domaine médical ouvrent la voie à de nouvelles perspectives de traitement, et il est essentiel de continuer à sensibiliser le public sur ces sujets afin qu’aucune personne ne se sente isolée face à cette problématique.


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