Oui, le cortisol impacte également la santé capillaire, mais il est possible de renverser la tendance en ralentissant un peu. Faites attention à votre sommeil et à votre alimentation, qui jouent aussi un rôle important dans la qualité de vos cheveux.
Nervosité, tensions musculaires, difficulté à s’endormir, fatigue, irritabilité… et perte de cheveux. Oui, le cortisol, cette hormone libérée en réponse à des niveaux élevés de stress et d’anxiété, a un effet direct sur l’accumulation anormale de cheveux dans la brosse ou sur l’oreiller. “Notre corps interprète ces niveaux de cortisol comme une situation de menace prolongée, ce qui maintient le corps dans un état d’alerte et réduit le flux sanguin vers des organes jugés accessoires, comme les follicules pileux, privant ainsi ces derniers de vitamines et d’oligoéléments. Cela augmente le pourcentage de cheveux en phase télogène (perte) par rapport à une situation normale”, explique le docteur Antonio Leone de l’Hôpital Capillaire.
Cette problématique touche tout le monde, et pas seulement ceux qui sont plus susceptibles de souffrir d’alopécie, car, d’après un rapport de Medihair, l’Espagne est au sommet du classement avec 44,5 % d’hommes chauves. “Le stress est un facteur de risque pour la réactivation des alopécies areata chez les patients prédisposés. De plus, un stress prolongé entraîne une chute de cheveux plus intense”, précise l’expert.
Accumuler plusieurs mauvaises nuits, souvent liées à l’anxiété qui empêche de s’endormir, est une cause directe de la perte capillaire. Comme l’explique le médecin : “La synthèse du cortisol est gouvernée par le rythme circadien de l’hormone ACTH (adrénocorticotrope), et elle augmente considérablement au réveil pour générer de l’énergie, comme la glucose, avant de diminuer la nuit. En vivant un stress prolongé, les niveaux de cette hormone augmentent, perturbant le cycle veille-sommeil, rendant l’endormissement plus difficile et pouvant provoquer des troubles du sommeil tels que l’insomnie, ce qui augmente encore les niveaux de cortisol”.
Plus de stress, plus de cheveux blancs
Psychologiquement, l’apparition des cheveux blancs marque souvent la fin de la jeunesse. Quelle désillusion de découvrir ce premier cheveu blanc insidieux… Ils apparaissent avec l’âge, mais aussi avec le stress, qui peut provoquer un grisonnement prématuré ou soudain. Le cas le plus extrême est celui de Marie-Antoinette qui, selon les dires, aurait eu toute sa chevelure blanche le jour de sa décapitation suite à une terreur insupportable. Depuis, ce phénomène est aussi connu sous le nom de canitie subita, ou le sindrome de Marie-Antoinette ou sindorme de Thomas More, puisque ce dernier a également subi le même sort en attendant son exécution.
Le cas de Barack Obama a été plus progressif, et heureusement, moins traumatisant. Lorsqu’il est entré à la Maison Blanche en janvier 2009 à l’âge de 48 ans, il avait encore toute sa chevelure noire ; quelques mois plus tard, celle-ci a commencé à grisonner. Une accumulation de responsabilités et d’obligations altérant nerveusement son quotidien. “Le cortisol inhibe la sécrétion de l’hormone stimulante des mélanocytes (MSH), ce qui peut provoquer une altération du pigment capillaire et même cutané, nous rendant plus susceptibles d’observer l’apparition de cheveux blancs”, souligne le docteur Leone.
Plusieurs études, comme Hyperactivation of sympathetic nerves drives depletion of melanocyte stem cells, publiée dans Nature en 2020, soulignent, selon Carlos Portinha, directeur médical du groupe Insparya, que “le stress oxydatif causé par le cortisol peut endommager les cellules souches des mélanocytes, responsables de la pigmentation des cheveux. Lorsque ces cellules sont affectées ou meurent prématurément, les cheveux perdent leur couleur, entraînant l’apparition de cheveux blancs”.
Ces cheveux n’évolveront plus vers leur couleur d’origine, mais la chute excessive due à des situations stressantes (que l’on peut constater dans la brosse, sous la douche ou sur le sol de la salle de bain) peut être corrigée. La première étape consiste à diminuer le stress : “Dans la plupart des cas, cela reste réversible en s’attaquant aux causes sous-jacentes et en améliorant son mode de vie ainsi que son hygiène de sommeil”, encourage Leone.
De manière directe, poursuit l’expert, “un stress persistant et un rythme de vie rapide peuvent mener à une alimentation déséquilibrée, entraînant des carences en nutriments essentiels qui, à leur tour, favorisent la chute des cheveux“.
En guise de conseils pour un cheveu éclatant, le médecin de l’Hôpital Capillaire insiste sur l’importance de “mener un style de vie sain, de suivre une bonne routine de sommeil, d’adopter une alimentation équilibrée de type méditerranéen et de pratiquer une activité physique régulière. On peut envisager l’introduction de compléments vitaminiques et d’oligoéléments par voie orale ou en mésothérapie si nécessaire, ou, dans des cas plus graves, recourir à un traitement médical, mais toujours sous évaluation par un spécialiste de la santé capillaire”. Le docteur Portinha partage le même avis et souligne l’importance de maintenir des niveaux adéquats de fer, biotine et zinc pour la santé capillaire.
Concernant les cheveux longs, cet expert recommande d’éviter les coiffures serrées, telles que les queues de cheval ou les chignons très serrés, surtout si elles sont fréquentes. “Pour dormir, une bonne option serait d’opter pour une tresse lâche, afin d’éviter les frottements et la casse”, conseille-t-il. Il est également important de “maintenir une bonne hygiène capillaire, en utilisant des shampoings spécifiques selon le type de cuir chevelu et en évitant les lavages excessifs qui peuvent perturber la production de sébum”. De plus, le directeur du groupe Insparya rappelle qu’il faut se méfier de “l’abus de chaleur et de produits chimiques agressifs sur les cheveux”. Tout cela pour arborer une chevelure éclatante (et mener une vie moins stressante).
(function(d,s,id){var js,fjs=d.getElementsByTagName(s)[0];if(d.getElementById(id))return;js=d.createElement(s);js.id=id;js.src=”
Bon à savoir
- Le stress peut également avoir d’autres conséquences sur la santé, allant au-delà de la chute de cheveux.
- Une bonne hygiène de sommeil inclut des habitudes comme éteindre les écrans au moins une heure avant de se coucher.
- La pratique régulière d’exercice physique est un moyen efficace de gérer le stress.
En somme, la relation entre stress, cortisol et santé capillaire soulève des questions importantes sur notre mode de vie moderne. Quelles stratégies pouvons-nous mettre en place pour améliorer notre bien-être général et préserver notre chevelure ?
C’est fou de voir à quel point le stress peut impacte notre crinière ! Prendre soin de soi et de ses cheveux, c’est essentiel. Merci pour ces conseils pratiques !
Il est fascinant de voir comment le stress affecte non seulement notre humeur, mais aussi notre santé capillaire ! Une bonne hygiène de vie est essentielle pour préserver nos cheveux.