mer. Juin 24th, 2026

À travers toute l’Europe, les agents de police assument souvent des risques personnels majeurs pour nous protéger et agissent fréquemment en premiers intervenants lors des crises. Cependant, leur voix reste trop souvent inaudible. Pour remédier à cette situation, le Groupe Ppe a décidé de mettre en lumière leur travail et de l’intégrer au cœur de nos réflexions. Cette semaine, en présence du Commissaire aux Affaires Intérieures, Magnus Brunner, nous avons rassemblé des représentants des forces de l’ordre nationales, d’Europol et divers autres acteurs concernés. Leurs conclusions sont sans ambiguïté : renforcer la coopération transfrontalière dans la lutte contre la criminalité au sein de l’UE est crucial. Cet impératif devient d’autant plus pressant face à l’augmentation des défis. En effet, selon Eurostat, les crimes contre le patrimoine enregistrés dans l’UE ont augmenté en 2023 : les vols ont crû de 4,8 %, les cambriolages de 4,2 % et les agressions de 2,7 % par rapport à l’année précédente. Le nombre d’homicides a également enregistré une hausse de 1,5 %.

Pour inverser cette tendance préoccupante, le Groupe Ppe propose d’agir sur diverses fronts. Tout comme les dirigeants d’entreprise dirigent les débats sur la compétitivité ou l’innovation, personne ne connaît mieux la criminalité que ceux qui luttent contre elle au quotidien. La compétence des forces de l’ordre en matière de sécurité intérieure, incluant la lutte contre la criminalité organisée et les formes graves de délinquance, nourrira nos futurs travaux législatifs, notamment sur Europol, la lutte contre les abus sexuels sur les mineurs en ligne et la directive sur le trafic d’armes à feu. La sécurité peut rester une responsabilité nationale, mais un meilleur coordination européenne est indispensable. Une telle collaboration entre élus et praticiens sur le terrain est essentielle.

Cela est d’autant plus nécessaire que les criminels exploitent habilement les libertés offertes par l’Europe. Sept réseaux criminels sur dix les plus dangereux en Europe impliquent des individus de diverses nationalités et huit sur dix infiltrent des activités commerciales légitimes. Pour soutenir la police dans cette lutte, nous appelons à une application rigoureuse des lois anti-blanchiment pour tracer les flux financiers illicites et bloquer les ressources des criminels. Nous demandons également des pouvoirs accrus pour saisir les biens criminels. Il est crucial de limiter la circulation des membres de gangs grâce à des interdictions d’entrée et des restrictions vis-à-vis des citoyens de l’UE condamnés pour des crimes graves. De plus, il est nécessaire d’établir un cadre juridique commun pour empêcher ceux sous enquête, ayant des liens avérés avec des réseaux criminels ou jugés dangereux par les forces de l’ordre, de voyager librement, même en l’absence de condamnation.

Il est également fondamental de rappeler le rôle essentiel que joue la police au quotidien, non seulement pour garantir la sécurité de nos rues et protéger les victimes, mais également pour défendre nos valeurs et les principes de notre mode de vie européen. Certains, notamment à gauche, réduisent son rôle à un mécanisme de répression… Pourtant, la réalité est que la police est en première ligne face aux menaces auxquelles nos sociétés doivent faire face et, en cas de besoin, c’est elle que nous contactons. Ainsi, les forces de police jouent un rôle clé dans la réponse de l’UE face à l’évolution du contexte sécuritaire et dans l’implémentation de la Stratégie européenne pour la sécurité intérieure (ProtectEU). Elles contribuent également à renforcer la préparation et la résilience de l’Union face à des crises, qu’elles soient visibles ou invisibles. Ces crises se manifestent de plus en plus souvent en ligne, où les menaces et le nombre de victimes augmentent rapidement avec la montée de l’intelligence artificielle. L’espace numérique, en l’absence de frontières, présente des défis considérables pour les forces de police. Voilà pourquoi nous avons besoin d’outils plus efficaces pour les aider à anticiper et répondre à des menaces hybrides et transfrontalières, surtout celles visant les infrastructures critiques. Cela implique une interopérabilité en temps réel des bases de données de l’UE, ainsi que des règles claires sur l’accès, le stockage et le traitement des données, établissant ainsi un lien entre la sécurité numérique et physique. D’autre part, la coopération avec des agences telles qu’Europol et Frontex doit être améliorée. Nos outils et nos lois doivent anticiper les mouvements criminels, jamais rester à la traîne.

Parallèlement, nous ne pouvons négliger le bien-être des agents de police. La violence augmente en Europe, tout comme la pression sur ceux qui nous protègent. En plus des risques externes, les agents font face également à des enjeux internes : burnout, stress post-traumatique et autres problèmes de santé mentale. C’est un véritable problème social. C’est pourquoi le Groupe Ppe demande que l’UE reconnaisse formellement les agents de police, le personnel militaire, les gardiens de prison, les douaniers et les gardes-frontières comme des professions à haut risque. Ce statut légal renforcerait leur protection sociale et juridique et offrirait un cadre commun pour améliorer leur statut.

Notre objectif est que toutes ces priorités soient fermement inscrites à l’agenda du Parlement européen, tant lors des sessions plénières que dans les commissions parlementaires, en particulier la Commission des libertés civiles, où nous œuvrons à un rapport sur la lutte contre la criminalité organisée et la drogue.
Cet engagement patient et déterminé est la marque de fabrique du Groupe Ppe, se distinguant ainsi des autres familles politiques du Parlement européen. Beaucoup se vantent de reconnaître le rôle vital de la police, mais seul le Groupe Ppe prend des mesures concrètes pour défendre cet engagement.

Bon à savoir

  • La coopération transfrontalière est essentielle pour lutter contre la criminalité organisée, qui touche de nombreux pays européens.
  • La compréhension des défis actuels est enrichie par l’expertise des agents de police sur le terrain.
  • La reconnaissance des professions à haut risque pourrait améliorer le soutien et les droits des agents de police.

La situation actuelle nous interpelle sur la responsabilité collective à l’égard de la sécurité. À travers la protection des valeurs démocratiques, il est crucial d’impliquer les citoyens dans une réflexion active sur notre rôle face à la criminalité et les défis modernes. Ensemble, pouvons-nous établir un peu plus de coopération et de respect entre les forces de l’ordre et la société qu’elles servent ?


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