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Une image emblématique : sœur Ann Rose Nu Thawng, à genoux, implorant la police de ne pas tirer sur les jeunes manifestants pacifiques au Myanmar. C'était le 28 février 2021.

Une image emblématique : sœur Ann Rose Nu Thawng, à genoux, implorant la police de ne pas tirer sur les jeunes manifestants pacifiques au Myanmar. C’était le 28 février 2021.

« En tant que femmes de paix présentes dans les périphéries du monde et immergées dans les souffrances de l’humanité, nous ressentons l’urgence de lever la voix, unir les cœurs, prier et agir ». C’est ainsi que l’Union internationale des supérieures générales (UISG) — comptant aujourd’hui 1.903 supérieures représentant autant de congrégations — annonce la journée mondiale de jeûne et de prière pour la paix prévue le jeudi 14 août, veille de la solennité de l’Assomption de Marie. Cette initiative s’adresse non seulement aux communautés religieuses, mais également à tous ceux qui souhaitent se joindre à elle, partageant ainsi l’esprit et le style de cette journée. Les supérieures générales proposent « trois gestes concrets » : prier ensemble et réfléchir sur la Parole de Dieu, demander justice et réconciliation, agir avec des initiatives de solidarité, et offrent le texte d’une “Prière pour la paix” préparée pour l’occasion, invitant à se confier « à l’intercession de Marie, Mère de la Paix ».

Femmes d’espoir, aux frontières. « Dans un monde déchiré par la guerre et la déshumanité — à Gaza, au Soudan, en République Démocratique du Congo, en Ukraine, au Myanmar, en Haïti et dans de nombreux autres pays touchés par des conflits visibles et invisibles — nous ne pouvons rester des spectateurs silencieux. Chaque jour, nous voyons des visages marqués par la douleur, des vies détruites, des peuples privés de dignité et de paix, en particulier les femmes et les enfants », proclame le préambule de la “Déclaration pour la paix” lancée par l’UISG pour introduire la journée du 14 août. « En tant que femmes d’espoir, ancrées dans la foi et immergées dans les blessures de notre temps, nous ressentons le besoin profond de lever la voix et d’unir nos cœurs. En tant que femmes aux frontières, marchant à côté de ceux qui souffrent, écoutant le cri des pauvres et de la terre, nous avons la responsabilité de construire la communion, de protéger la vie et de demander justice ».

Espérer et construire la paix, avec Marie. Dans ce contexte, l’invitation est faite de se rassembler « dans un esprit de communion et de coresponsabilité évangélique », pour participer à cet « acte collectif de prière, discernement et témoignage, afin que la paix ne soit pas seulement espérée, mais construite ». Le 14 août sera donc vécu comme une journée de jeûne et de prière — tel est l’appel des supérieures générales — invoquant l’intercession « de la Mère de Dieu, Notre Dame de la Paix, dont nous célébrons la fête le 15 août ». Un appel à se confier à la « Mère de la Paix » afin qu’elle « réponde avec douceur » au cri des peuples « et nous enseigne comment être une présence humble et prophétique dans les lieux de souffrance ».

Trois gestes concrets, pour tous. Les supérieures générales proposent, à cette occasion, trois gestes concrets. Le premier : promouvoir des moments de prière et de réflexion sur la Parole au sein de vos communautés, « à la lumière des souffrances actuelles dans le monde, nous laissant transformer intérieurement », souligne la “Déclaration”. Le second geste appelle à l’engagement « avec les autorités civiles et ecclésiales » de leurs pays « les exhortant à ouvrir des voies de réconciliation, de désarmement, de défense des droits humains et de protection des victimes ». Enfin, l’invitation à « soutenir des actes concrets de solidarité globale, à travers des réseaux d’aide humanitaire, d’accueil et de témoignage prophétique en faveur des peuples les plus touchés ». « En tant que femmes qui veillent dans la nuit, nous continuons à croire qu même dans l’heure la plus sombre, une lumière peut encore briller : la lumière de l’Évangile, de la justice et de la fraternité — conclut la “Déclaration” de l’UISG. Ensemble, invoquons le Dieu de la paix, afin que nous puissions devenir des instruments de son amour, et confions ce chemin à l’intercession de Marie, notre Mère d’espoir ».

Une expérience née du Concile. L’Union internationale des supérieures générales a été fondée canoniquement en 1965, sur l’inspiration du Concile Vatican II, afin de promouvoir une collaboration plus approfondie entre les congrégations féminines de la vie religieuse apostolique. Aujourd’hui, l’UISG est constituée de 1.903 supérieures venant du monde entier, organisées en trente-six « constellations » régionales. Une réalité d’envergure mondiale : leurs généralats se trouvent non seulement en Europe (la majorité, 1.046) mais aussi en Afrique (166), en Asie (184), aux Amériques (479) et en Océanie (28). Parmi les objectifs de l’UISG : créer une « plateforme internationale » où les supérieures générales peuvent partager des expériences et des informations et se former mutuellement ; encourager les dirigeants des congrégations religieuses à promouvoir le dialogue et la collaboration, tant dans l’Église que dans la société ; promouvoir le travail en réseau et la solidarité entre religieuses du monde entier. La mission de l’UISG aspire à promouvoir une connaissance toujours plus large et plus profonde de la vie religieuse féminine dans toute sa complexité et son hétérogénéité, mettant en lumière la richesse des charismes qui inspirent les congrégations et le désir d’être de plus en plus « voix prophétique dans l’Église et dans le monde ». Cela se manifeste notamment par la proposition d’une journée de jeûne et prière pour la paix.

La « Prière pour la paix » proposée par l’UISG

Marie, Mère de la Paix,

en ce temps blessé par la guerre,
nous te confions les peuples déchirés par la haine,
les familles divisées, les cœurs brisés par la violence.
Toi qui as gardé dans le silence la douleur,
enseigne-nous à veiller, à ne pas fermer les yeux,
à rester auprès de ceux qui souffrent,
à prier même lorsque les mots manquent.

Donne au monde la paix, Seigneur Jésus,
non pas celle qui s’impose par la force,
mais celle qui naît de la justice,
du pardon, de la vérité, de l’amour.
Rends-nous instruments de ta paix :
des mains qui relèvent,
des voix qui consolent,
des cœurs qui s’ouvrent.
Nous te prions pour les femmes et les enfants victimes des conflits,
pour les migrants en fuite, pour ceux qui sont prisonniers de la peur.
Nous te prions pour ceux qui ont perdu espoir,
et pour ceux qui continuent de semer la haine.
Fais que notre jeûne soit solidarité,
que notre prière devienne action,
que notre silence soit voix pour ceux qui n’ont pas de voix.

Marie, Reine de la Paix,
intercède pour nous,
pour que dans chaque coin de la terre
brille à nouveau la lumière de l’Évangile.
Amen.

Bon à savoir

  • La journée de jeûne et de prière pour la paix coïncide avec la fête de l’Assomption de Marie, une date symbolique pour de nombreuses communautés.
  • Les effets des conflits armés touchent principalement les femmes et les enfants, qui sont souvent les plus vulnérables dans ces situations.
  • Les femmes jouent un rôle de premier plan dans les initiatives de paix et de reconstruction au sein de leurs communautés.

En conclusion, cette initiative de l’UISG souligne l’importance du rôle des femmes dans la promotion de la paix, tant à l’échelle locale qu’internationale. En incitant à agir collectivement, elle rappelle que chaque voix compte et que l’union dans la prière et l’action peut véritablement faire la différence. Quels autres moyens pourraient être envisagés pour renforcer cette dynamique de solidarité et d’engagement envers ceux qui souffrent ?


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