mar. Juin 23rd, 2026

Les céphalées constituent un problème de santé majeur à l’échelle mondiale, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En Espagne, on estime que plus de 5 millions de personnes souffrent de migraines (un type de céphalée), dont presque un million sous sa forme chronique. Le coût moyen par patient et par an atteint 12 970 euros pour la migraine chronique et 5 041 euros pour la migraine épisodique. De plus, elle se classe au deuxième rang en termes d’années de vie vécues avec handicap, selon l’Étude sur la Charge Mondiale des Maladies 2019.

Malgré cet impact, le Conseil Général des Collèges Officiels de Pharmaciens (CGCOF) souligne qu’au moins 50 % des patients ne sont pas correctement diagnostiqués ni traités. D’après leurs données, un patient peut mettre plus de 6 ans à obtenir le bon diagnostic, et il peut parfois s’écouler jusqu’à 14 ans entre la première crise et la première consultation spécialisée. Une des principales raisons de cette situation est le manque d’information chez les personnes concernées.

Pour sensibiliser le public à l’impact considérable de cette maladie invalidante et pour mieux faire connaître ses symptômes et ses traitements, chaque 12 septembre a lieu la Journée Mondiale de Lutte contre la migraine, à laquelle le Conseil Général des Pharmaciens s’associe en publiant le Point Pharmacologique 192.

Ce rapport couvre non seulement les aspects fondamentaux de la migraine, y compris son étiologie, ses aspects cliniques, l’épidémiologie et le traitement, mais également le rôle des pharmaciens pour un meilleur contrôle de cette maladie.

Types et symptômes

La International Headache Society (IHS) classifie les céphalées primaires en quatre types : la migraine, la céphalée tendineuse, la céphalée autonome du trigéminal et “autres céphalées”. Parmi ces catégories, la migraine est la plus fréquente dans la pratique clinique courante, représentant plus de 50 % des cas consultés dans les unités spécialisées, et est celle qui a été le mieux étudiée.

Typiquement, la migraine se manifeste par une douleur localisée principalement d’un côté de la tête (bien qu’elle puisse parfois être bilatérale), d’un caractère pulsatile, semblable à un battement à l’intérieur de la tête, et qui s’intensifie avec l’effort physique. Elle peut également s’accompagner de nausées et de vomissements, de photophobie et de phonophobie (hypersensibilité à la lumière et au bruit).

Le terme “aura” est également souvent associé à la migraine. Il désigne un ensemble de symptômes sensoriels additionnels qui précèdent le mal de tête et est défini comme un syndrome d’attaques récurrentes de courte durée, souvent graduelles, accompagnées de douleurs et de manifestations migrainiques. Ainsi, les migraines peuvent être classées en migraines avec aura ou sans aura.

En outre, selon la fréquence des épisodes, la migraine peut être épisodique, lorsqu’il y a moins de 15 jours de céphalée par mois, ou chronique — un sous-type ayant acquis une entité propre — lorsqu’il y a 15 jours ou plus de céphalées par mois, avec au moins 8 jours de migraine sur une durée de plus de 3 mois. Environ 2,5 % des patients atteints de migraine épisodique évoluent vers une forme chronique au cours d’une année, bien que la forme chronique puisse parfois retourner à la forme épisodique.

Facteurs déclenchants

De nombreux facteurs peuvent provoquer des crises de migraine, que les patients identifient souvent de manière subjective. Bien qu’une relation de causalité directe n’ait pas été établie, les identifier peut aider à adopter des modifications du mode de vie.

Parmi ces facteurs figurent le stress, les périodes post-stress, le cycle prémenstruel, certains aliments (alcool, chocolat, fromages ou le jeûne), ainsi que divers facteurs environnementaux et de sommeil. En ce qui concerne le traitement, on différencie actuellement entre le traitement épisodique ou symptomatique et le traitement préventif, liés à des mesures non pharmacologiques et d’hygiène de vie.

Pour le traitement pharmacologique des migraines épisodiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont utilisés pour les cas légers à modérés, tandis que les triptans sont prescrits pour les migraines modérées à sévères. Ces derniers agissent en provoquant une vasoconstriction et en réduisant la libération de médiateurs inflammatoires et la transmission de la douleur.

Aujourd’hui, le lasmiditan a également été introduit, dont l’efficacité en tant qu’antimigraineux est liée à l’inhibition de l’activité des neurones du trigéminé sans provoquer de vasoconstriction.

La grande nouveauté dans ce domaine est constituée par les “gepantes” ; des anticorps monoclonaux administrés par voie parentérale et certains oraux, utilisés comme traitements préventifs, qui ont montré une efficacité supérieure par rapport aux médicaments traditionnels, ouvrant de nouvelles perspectives pour la prévention de la migraine.

Le rôle du pharmacien dans l’assistance

La gestion de la migraine, étant complexe, nécessite une approche pluridisciplinaire intégrant différents professionnels de la santé, dont les pharmaciens.

En effet, les pharmaciens exerçant dans le domaine d’assistance jouent un rôle essentiel auprès des personnes venant demander un traitement pour leur migraine.

Ce rôle est tout particulièrement pertinent dans le cadre du Service de Dispensation, que ce soit en pharmacie communautaire ou en pharmacie hospitalière, ainsi que dans la détection de possibles cas de migraines et dans la référence à l’Attention Préventive des patients demandant une solution pour leurs céphalées.

De plus, en se basant sur la fréquence de distribution de certains traitements, les pharmaciens peuvent aider à identifier les céphalées dues à une utilisation excessive de médicaments.

Enfin, dans le cadre du traitement intégral de la migraine, les pharmacies peuvent mettre en place des mesures pour éduquer et informer les patients sur des aspects tels que les symptômes qu’ils vont expérimenter, l’évolution de la maladie, les complications possibles, la promotion de l’observance thérapeutique et l’identification des déclencheurs et des facteurs de risque pour la chronicité, afin d’instaurer des habitudes saines et des mesures d’hygiène et alimentaires pour leur prévention. À cet égard, le pharmacien peut fournir des recommandations sur le mode de vie visant à réduire la fréquence de ces épisodes.

Bon à savoir

  • Il existe plusieurs types de céphalées, la migraine étant la forme la plus fréquente.
  • La migraine peut être épisodique ou chronique, selon la fréquence des crises.
  • Des facteurs tels que le stress ou certains aliments peuvent déclencher des crises.
  • Le rôle du pharmacien est crucial dans l’assistance des patients migraineux, notamment dans l’éducation et l’accompagnement.
  • Des traitements innovants, comme les gepantes, promettent des avancées intéressantes dans la prévention des migraines.

En somme, la migraine engage une multitude de dimensions, tant sur le plan médical que psychosocial. La prise en charge de cette affection nécessite non seulement des traitements adaptés mais également une sensibilisation accrue pour mieux comprendre ses mécanismes. Quelles autres approches pourraient être explorées pour améliorer la qualité de vie des patients ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *