dim. Juin 14th, 2026

Être connecté sur la plateforme professionnelle LinkedIn ne confère pas automatiquement le droit de recevoir des newsletters ou des annonces publicitaires par email. Ce point a été précisé par un jugement du tribunal de Düsseldorf (Az.: 23 C 120/25), comme l’a souligné le portail juridique du Deutscher Anwaltverein.

Dans cette affaire, une société spécialisée dans les supports publicitaires a porté plainte contre une entreprise de sécurité informatique, car cette dernière avait envoyé à plusieurs reprises des emails publicitaires à une adresse professionnelle. Toutefois, aucun consentement explicite n’avait été donné, les dirigeants des deux entreprises n’étant que connectés de manière indirecte sur LinkedIn.

Le newsletter est-elle une forme de harcèlement ?

La société plaignante a décrit ces envois d’emails comme un harcèlement inacceptable, demandant des mesures d’interdiction ainsi que le remboursement des frais liés à la mise en demeure juridique.

De son côté, la société défenderesse a soutenu qu’elle pouvait présumer qu’un accord pour l’envoi de sa newsletter existait, grâce à leur connexion sur LinkedIn. De plus, elle a mentionné que l’adresse email avait été retirée de la liste de diffusion après la mise en demeure.

Décision du tribunal

Le tribunal n’a cependant pas suivi cet argument et a donné raison à la plaignante pour l’interdiction ainsi que pour le remboursement des frais. L’envoi d’emails publicitaires non sollicités constitue une ingérence dans l’exploitation du commerce, a souligné la chambre.

Pour l’évaluation juridique, les critères relatifs à la publicité intrusive sont déterminants. En principe, la publicité électronique sans consentement préalable explicite est interdite.

Le tribunal a ainsi conclu qu’un tel consentement n’existait pas. Le simple fait que deux entrepreneurs soient connectés via un réseau professionnel ne suggère pas qu’ils aient consenti à recevoir des emails publicitaires. De plus, la publicité avait été envoyée non pas par le biais du réseau social, mais par voie d’email.

Mandater un avocat était donc, dans ce cas, justifié et nécessaire pour écarter tout risque de récidive par le biais d’une déclaration d’interdiction assortie de sanctions. Se contenter de se désinscrire de la newsletter ou de déposer une plainte auprès des autorités n’aurait pas suffi à atteindre cet objectif.

Points à retenir

  • Une connexion sur LinkedIn ne garantit pas le consentement à recevoir des emails commerciaux.
  • Les entreprises doivent obtenir un accord écrit pour l’envoi de communications promotionnelles.
  • L’envoi non sollicité d’emails peut être considéré comme du harcèlement commercial.
  • La mise en demeure peut entraîner des coûts pour la société fautive.
  • Les décisions judiciaires relatives à la publicité électronique sont strictes et veillent à la protection des entreprises.

Ce cas soulève des questions essentielles sur la frontière entre le marketing et le harcèlement commercial. En tant qu’observateur attentif des pratiques commerciales, je me demande où se situe cette limite dans un monde où le digital accompagne chaque interaction professionnelle. Le consentement éclairé pourrait bien devenir un enjeu central dans la relation entre entreprises, une évolution que je trouve fascinante et à suivre de près.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *