mar. Juin 16th, 2026

Les technologies analogiques sont en pleine renaissance. En particulier, la Génération Z cherche à passer moins de temps dans des espaces purement numériques, un phénomène qui touche aussi les jeunes LGBTIQ*. Selina Hellfritsch, rédactrice chez SIEGESSÄULE, examine les motifs derrière ce revirement.

Analogique ou numérique ? Des appareils photo au lieu de smartphones, des platines vinyles plutôt que des plateformes de streaming, des magazines imprimés ou des fanzines au lieu de Pinterest, et même le tricot au lieu du défilement infini. Au cours des dernières années, un mouvement a émergé, où les jeunes, en particulier la Génération Z, s’efforcent d’échapper à l’attrait du numérique. À l’ironie près, ces mêmes personnes partagent souvent leurs loisirs analogiques sur les réseaux sociaux. C’est au point qu’il existe désormais de nombreux contenus sur TikTok et Instagram liés au soi-disant *Analog Movement*. En outre, l’année 2026 a été proclamée « année analogique » et le magazine américain Cosmopolitan a désigné le « sac analogique » comme l’accessoire tendance, c’est-à-dire un tote bag rempli de cahiers, de livres, d’outils de création ou même de puzzles, conçu pour réduire le temps passé devant les écrans.

Un ras-le-bol de la dépendance aux réseaux sociaux

Pour certains, cela peut sembler absurde, mais derrière ces tendances, il y a de vraies personnes qui tentent désespérément de se libérer de leur dépendance aux réseaux sociaux. Il n’existe sans doute pas une seule explication quant à ce changement de comportement, et il est incertain que cette tendance vers l’analogique perdure – nous ne pourrons le dire que dans quelques années. Cependant, il est indéniable que quelque chose évolue, et nous, utilisateurs des réseaux sociaux, commençons à ressentir un profond ras-le-bol de cette dépendance à des plateformes qui, comme Meta, collectent nos données et nous bombardent de publicité, tout en offrant peu d’espace réellement social.

Capture d'écran d'une vidéo sur TikTok
Capture d’écran d’une vidéo sur TikTok sur le thème de la « analog bag ».
Sur TikTok, divers contenus sont consacrés à la « analog bag » et à l’« année analogique 2026 ».

Il est presque impossible de suivre le rythme dans ce monde en ligne effréné. Nous restons « chroniquement connectés » tout en nous demandant pourquoi nous nous sentons épuisés et débordés.

Il est presque impossible de suivre le rythme dans ce monde en ligne effréné. Nous restons « chroniquement connectés » tout en nous demandant pourquoi nous nous sentons épuisés et débordés. Les psychologues notent qu’un retour à la nostalgie survient souvent en période de complexité et d’incertitude. Lors de crises sociétales et politiques multiples, nous cherchons instinctivement du réconfort dans des pratiques plus simples et familières. Récemment, j’ai vu une vidéo affirmant que « autrefois, on utilisait Internet pour échapper au quotidien, tandis qu’aujourd’hui, c’est l’analogique qui nous permet d’échapper à Internet ».

Malgré cela, le besoin de se connecter et d’échanger en ligne persiste. Beaucoup d’entre nous – moi y compris – ont trouvé refuge sur les réseaux sociaux pendant la pandémie. En rétrospective, j’ai beaucoup appris grâce à des comptes queer féministes, me sentant partie intégrante d’une communauté, même sans avoir jamais mis les pieds dans un bar queer.

Les espaces en ligne restent essentiels pour inclure les personnes marginalisées et celles vivant avec un handicap.

Ces espaces numériques continuent de revêtir une importance capitale pour inclure les personnes marginalisées et celles vivant avec un handicap. Il ne s’agit donc pas de rejeter complètement nos dispositifs numériques – bien que cette pensée puisse parfois me traverser l’esprit –, mais de créer un équilibre entre la vie analogique et la communauté numérique, tout en revendiquant des réseaux sociaux qui respectent réellement leur nom.

Points à retenir

  • La Génération Z se détourne de la vie numérique pour se reconnecter au monde analogique.
  • Le phénomène des « analog bags » témoigne de ce désir croissant d’échapper à la dépendance numérique.
  • Un ras-le-bol des plateformes qui collectent des données sans véritable interaction sociale.
  • Le besoin d’appartenir à une communauté, que ce soit en ligne ou dans la vie réelle, demeure primordial.
  • Les espaces numériques jouent un rôle crucial pour les voix marginalisées et les personnes handicapées.

En conclusion, cette tendance vers le retour à l’analogique me fascine. Elle met en lumière non seulement notre rapport à la technologie, mais aussi notre besoin fondamental de connexion humaine. Dans un monde où le virtuel prend de plus en plus le pas sur le réel, se tourner vers des pratiques simples et authentiques peut sembler redonner du sens à notre quotidien. Alors, et si on réfléchissait à cette dualité entre analogique et numérique ? N’est-il pas riche d’enseignements sur notre façon de vivre ensemble ?


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