mer. Juin 24th, 2026

En 2010, deux officiers de police de l’Arkansas, Brandon Paudert et Bill Evans, surveillaient le trafic de drogue sur l’Interstate 40 lorsqu’ils ont arrêté une fourgonnette blanche. Après une brève altercation avec le passager Jerry Kane, son fils Joseph est sorti et a ouvert le feu avec un AK-47, tuant les deux agents.

Les Kane faisaient partie d’un large mouvement souvent qualifié de « citoyens souverains », qui se compose de gourous, de groupes Facebook anti-gouvernementaux et de séminaires où les Américains sont persuadés que la majorité des lois du pays ne les concernent pas. Kane parcourait le pays pour diffuser ces idées avant de tuer les officiers, en étant ensuite abattu à son tour lors d’un échange de tirs avec la police.

Bien que la violence de ce type soit relativement rare aux États-Unis, l’Australie a également une histoire longue et complexe autour des croyances liées au « pseudodroit ».

Desmond Filby, alias Dezi Freeman, est le principal suspect du meurtre de deux policiers et de blessures infligées à un troisième lors d’un incident à Porepunkah. Ses traces numériques suggèrent un lien avec certaines de ces idées. Des vidéos le montrent en train d’être appréhendé lors d’une manifestation en 2021 devant le palais de justice de Myrtleford, en réaction à une accusation de trahison portée contre l’ancien Premier ministre victorien, Daniel Andrews, pendant la période de Covid, un cas qui a finalement été rejeté.

Freeman a participé à un podcast partageant des arguments de pseudodroit, où il a élaboré sur une prétendue arrestation d’un magistrat en 2019. Des documents judiciaires indiquent qu’il qualifiait souvent la police de « frigging Nazis », « Gestapo » et « voyous terroristes ».

Le pseudodroit n’est pas strictement un mouvement structuré ; il n’a pas de hiérarchie ni d’adhésion formelle. Ses partisans adoptent ses idées, qui soutiennent que les lois sont illégitimes et que le gouvernement est corrompu, par divers moyens.

Ces arguments, souvent revêtus d’un jargon légal trompeur, sont qualifiés par l’académicien canadien Donald Netolitzky de « collection de règles légales sonnant vraies mais sans fondement ». Les “gurus” profitent de la détresse des individus, leur promettant des solutions à leurs problèmes financiers ou juridiques, un phénomène accentué par la pandémie de Covid-19.

Dans tout le pays, les travailleurs des tribunaux locaux et des conseils municipaux ont rencontré ces arguments, se traduisant par des comportements comme le refus d’identifier leur nom en cour ou la soumission de papiers excessifs.

Dans le cadre des affaires familiales, comme j’en ai fait état l’année dernière, la propagation de ces idées entraîne des perturbations considérables, pouvant aller jusqu’à l’enlèvement illégal d’enfants.

Bien sûr, tous ceux qui adhèrent à ces idées ne passent pas à l’acte. Il existe un éventail de convictions, des individus en détresse personnelle à ceux qui sont des “croyants fervents”.

Harry Hobbs, universitaire en droit à l’UNSW, a exploré le pseudodroit en Australie pendant plusieurs années. Il a rencontré des magistrats confrontés à ces arguments, qui décrivent des expériences allant de l’intimidation au harcèlement, avec un potentiel d’escalade de la violence.

« L’idéologie affirme qu’autrefois, la loi était juste et protégeait nos droits individuels, mais qu’elle a été pervertie par un système tyrannique. Ceux qui y croient peuvent se voir comme des gardiens de la loi et de la justice, tandis que les forces de l’ordre apparaissent comme des agents d’un ordre illégitime », explique-t-il.

Nous manquons encore de détails sur l’identité du suspect de Porepunkah, ses motivations et les circonstances précises de l’incident survenu lors de l’arrivée de 10 policiers sur place.

De nombreuses questions se posent, mais Hobbs souligne la nécessité d’agir contre les excès de ces idées. Les cibles prioritaires sont les individus qui tirent profit de ce mouvement, en vendant des scripts pour les tribunaux ou en se présentant comme des avocats légaux, ce qu’il qualifie de « vente de faux remèdes ».

Points à retenir

  • Le phénomène des “citoyens souverains” se distingue par une méfiance à l’égard des lois traditionnelles et du gouvernement.
  • Des personnalités comme Desmond Filby illustrent le lien entre pseudodroit et actes violents, mais tous les adhérents n’agissent pas de manière extrême.
  • Le pseudodroit se propage principalement par des sentiments de désespoir, exacerbés par des crises personnelles ou des périodes comme la pandémie.
  • L’impact du pseudodroit sur le système judiciaire australien soulève des défis importants, notamment dans le domaine des affaires familiales.
  • La réponse à cette idéologie nécessite une exécution ciblée contre ceux qui exploitent ces croyances pour leur profit.

Ces événements soulèvent des questions fondamentales sur la manière dont la société devrait naviguer entre la liberté d’expression et la nécessité de protéger les institutions. À quel moment la dissidence devient-elle dangereuse, et comment optimiser la lutte contre ce type d’idéologie sans compromettre nos valeurs démocratiques ?


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By Maria Rodriguez

Maria est Journaliste Trilingue indépendante depuis 2015, elle intervient sur LesNews Le Web est à nous dans les univers : International, Economie, Politique, Culture et d'autres faits de Société

5 thoughts on “Des groupes Facebook aux affrontements avec la police : plongée dans l’univers des « citoyens souverains »”
  1. C’est fou comme des idées farfelues peuvent mener à des actes si extrêmes. On dirait un mauvais film, mais c’est bien réel ! La désinformation fait vraiment des ravages.

  2. Cet article met en lumière un enjeu capital : comment concilier liberté d’expression et protection de nos institutions. Une réflexion nécessaire dans notre société moderne !

  3. Cet article aborde un sujet fascinant et troublant à la fois. La complexité des croyances autour du pseudodroit m’intrigue vraiment. Cela mérite d’être mieux compris!

  4. C’est fascinant de voir comment des idées extrêmes peuvent influencer des comportements violents. La désinformation peut vraiment avoir des conséquences graves, même en justice.

  5. Les idées du pseudodroit m’évoquent une toile éclatée, où chaque coup de pinceau représente un défi à l’ordre établi. Comment apporter la lumière sans masquer la créativité individuelle ?

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