dim. Juin 14th, 2026

La monétisation de la plateforme X entraîne une afflux d’accounts étrangers inondant le contenu japonais avec des commentaires souvent insignifiants ou plagiés, afin d générer un maximum de vues et de bénéficier des revenus publicitaires. Ce phénomène suscite de vives critiques au Japon, où l’on souligne que cette pratique favorise la diffusion de fausses informations.

Le Japon compte entre 60 et 70 millions d’utilisateurs de cette plateforme, ce qui en fait l’un de ses marchés les plus importants. Ces comptes sont souvent utilisés par les internautes et les autorités pour des nouvelles, des alertes en cas de catastrophe et des rapports en temps réel, accélérant ainsi la propagation de fausses informations.

La monétisation incite aux commentaires en masse

Les utilisateurs japonais qualifient ces comptes de « zombies des impressions », car ils se concentrent principalement sur les réponses aux publications populaires, avec des contenus courts ou dépourvus de sens. Ce comportement résulte du modèle économique de la plateforme, qui rémunère les utilisateurs en fonction de leurs vues.

Chaque affichage d’un message compte comme une impression, y compris si la même personne le voit plusieurs fois. Pour participer, les utilisateurs doivent souscrire à un abonnement payant et atteindre plusieurs millions de vues en trois mois. Les revenus proviennent des publicités affichées en réponse à ces messages.

Un homme originaire du Pakistan a confié à NHK qu’il avait généré des dizaines de milliers de vues en laissant des réponses simples comme « Wow » ou « Oui » sur des publications concernant le tremblement de terre de Noto ou un accident d’avion à l’aéroport de Haneda. Les petites comptes, avec entre 8 000 et 12 000 abonnés, auraient des paiements initiaux d’environ 100 à 250 dollars américains.

Automatisation et scripts simples amplifient le problème sur X

Nombre de ces comptes sur X fonctionnent de manière automatisée ou semi-automatisée. Ils utilisent des programmes simples pour publier en masse sous des publications virales, cherchant à atteindre rapidement une grande visibilité, car plus une publication est populaire, plus elle génère de vues.

Le YouTuber Tetsuya du groupe Tokai On Air a réalisé un test pour évaluer l’ampleur du problème. Il a partagé un message en demandant à ses abonnés de le diffuser sans commenter. Cependant, plus de 99 % des réactions provenaient de ces « zombies des impressions ». La quantité élevée de réponses a paralysé ses notifications pendant un certain temps.

Les fausses informations se propagent rapidement lors des catastrophes

Outre les commentaires de spam inoffensifs, certains de ces comptes diffusent des informations erronées pour attirer l’attention. Pendant le tremblement de terre de Noto, un post a circulé affirmant qu’une femme disait que son mari était coincé sous des décombres. Ce message s’est révélé être totalement faux.

Un autre exemple concerne de prétendues inondations de la rivière Tama à Tokyo et Kawasaki. Plusieurs publications ont affirmé que le fleuve débordait lors de fortes pluies, mais ces informations se sont avérées fausses. Parallèlement, de vrais rapports sur des pluies torrentielles, appelées pluies « guerilla », ont augmenté la crédibilité des fausses nouvelles.

Les autorités japonaises utilisent activement les réseaux sociaux pour alerter sur les tremblements de terre, les typhons et les fortes pluies. En cas de catastrophes, les fausses informations peuvent induire des évacuations inutiles ou une mauvaise allocation des équipes de secours, retardant ainsi les opérations de sauvetage. C’est pourquoi les autorités mettent régulièrement en garde contre la diffusion de fausses informations après des catastrophes naturelles.

La responsabilité de la modération incombe aux opérateurs de la plateforme

Il n’existe pas de loi spécifique contre les fausses informations sur les réseaux sociaux au Japon. Les mesures pénales s’appliquent uniquement dans des cas évidents de fraude ou de sabotage des opérations de secours. La modération est donc essentiellement à la charge des opérateurs de la plateforme.

À ce jour, la plateforme n’a pas annoncé de mesures pour contrer cette situation. Dans le même temps, des entreprises d’analyse rapportent une baisse du nombre d’utilisateurs, augmentant ainsi la pression économique pour maintenir l’activité sur la plateforme. Le processus de plainte de la plateforme X est actuellement examiné par le gouvernement japonais.

Des solutions externes pour atténuer le problème

D’autres entreprises tentent de limiter les impacts de ce phénomène. LINE Yahoo a intégré des mécanismes de filtrage dans sa fonction de recherche « Yahoo! Realtime Search » pour masquer les contenus inappropriés. Les utilisateurs avaient auparavant signalé que les tendances étaient faussées par des contenus copiés et des fausses informations.

Des extensions de navigateur, comme « x-zombie-killer », visent également à filtrer ces comptes. Cependant, ces solutions sont techniquement limitées et ne fonctionnent pas dans toutes les applications, notamment pas sur les applications mobiles.

Des plateformes comme YouTube et TikTok ont mis en place des critères de monétisation plus stricts. Les interactions purement textuelles sont difficilement rémunérables, ce qui limite la prolifération de phénomènes similaires.

Points à retenir

  • La monétisation de la plateforme X entraîne des commentaires non pertinents, nuisant à la qualité de l’information.
  • Une part importante des utilisateurs se concentre sur des tendances pour maximiser leur visibilité.
  • Les fausses informations peuvent avoir des conséquences graves lors de catastrophes naturelles.
  • Les autorités recommandent la vigilance face à la désinformation sur les réseaux sociaux.
  • Les solutions de filtrage existent mais ont leurs limites techniques.

En réfléchissant à ces enjeux, je me demande dans quelle mesure nous pouvons vraiment contrôler la qualité des informations qui circulent en ligne. À l’ère numérique, où l’information est à portée de clic, notre responsabilité personnelle en tant qu’internautes prend une dimension essentielle. Ne pas se contenter de croire sur parole est plus que jamais nécessaire. Comment pouvons-nous, en tant que consommateurs de contenu, agir pour favoriser une circulation plus saine et plus fiable des informations ? C’est un sujet qui mérite d’être débattu, et chacun de nous a un rôle à jouer.


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