01.07.2026
Politique
Un éventuel interdiction de TikTok pour les jeunes thaïlandais jusqu’à l’âge de leur diplôme scolaire ?

Alors que bon nombre de parents s’efforcent de déconnecter leurs enfants au dîner, la Thaïlande envisage déjà une démarche bien plus radicale. Le gouvernement étudie la possibilité d’interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants et adolescents de moins de 16 ans.
Cette initiative n’est pas entièrement nouvelle. Des pays comme l’Australie, l’Indonésie et la Malaisie ont déjà mis en place des législations similaires. La Thaïlande pourrait devenir le prochain État cherchant à limiter l’impact numérique sur ses jeunes.
Une addiction au smartphone : huit heures de connexion par jour
Le fait que ce sujet soit soulevé ne surprend guère. Plus de 93 % des Thaïlandais utilisent Internet, affichant une moyenne de près de huit heures par jour. Cela ne laisse que peu de place à des activités comme les conversations réelles ou le simple fait de lever les yeux vers le ciel.

Les experts s’inquiètent tout particulièrement de la situation chez les plus jeunes. Selon la fondation de santé publique thaïlandaise ThaiHealth, 72,6 % des enfants de moins de deux ans passent déjà plus d’une heure par jour devant un écran, alors que ce devrait être l’âge de l’apprentissage des compétences motrices et sociales.
Quand TikTok devient une baby-sitter
Les pédiatres et chercheurs en développement tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Une trop grande exposition au monde numérique pourrait nuire au développement du langage, à la concentration et aux comportements sociaux. Les enfants passant leurs premières années à glisser sur un écran, plutôt qu’à s’engager dans des jeux, acquièrent des compétences différentes, souvent moins adaptées à la vie réelle.

Les dangers des réseaux sociaux, tels que le cyberharcèlement et le contenu problématique, sont à portée de clic. Les enfants et adolescents ont souvent du mal à évaluer ces risques, ce qui inquiète les spécialistes de la santé mentale.
Les impacts psychologiques associés à une utilisation excessive des réseaux sociaux deviennent de plus en plus préoccupants, comme le montrent les augmentations d’anxiété, de problèmes de sommeil et de modération de l’estime de soi.
La Thaïlande s’inspire de l’Australie
Aucun projet de loi n’est encore définitif. Le gouvernement, en collaboration avec ThaiHealth, désire évaluer les impacts d’un âge minimum pour l’utilisation des réseaux sociaux et étudier la faisabilité d’une telle réglementation.

Le modèle à suivre est l’Australie, qui interdit l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans, imposant des vérifications d’âge strictes aux plateformes.
De son côté, l’Indonésie a également introduit des mesures similaires, tandis que la Malaisie renforce le contrôle des âges pour l’ouverture de comptes sociaux.
Plus qu’une simple interdiction
En outre, la Thaïlande ne souhaite pas s’appuyer uniquement sur des interdictions. Le ministère de l’Économie numérique collabore avec ThaiHealth pour élaborer un plan de protection complet pour les enfants en ligne.

Ce plan comprend une meilleure éducation numérique, des contenus adaptés à l’âge, des campagnes de sensibilisation sur les risques en ligne, ainsi que des outils techniques pour identifier plus rapidement les contenus illégaux. La coopération entre les autorités, les entreprises technologiques et les organisations sociales sera également renforcée. L’objectif n’est pas de séparer complètement les enfants du monde numérique, mais de leur inculquer des pratiques plus sûres et plus responsables.
Bien que de nouvelles recommandations puissent voir le jour, les experts estiment que le rôle principal revient aux parents. Ils devraient ajuster le temps d’écran en fonction de l’âge, inciter les enfants à jouer à l’extérieur, faire du sport et partager des activités familiales. Il est crucial de discuter des avantages et des risques des médias numériques dès le plus jeune âge, car même la meilleure législation ne peut remplacer l’attention parentale.
La question de savoir si la Thaïlande appliquera un interdit strict pour les moins de 16 ans demeure ouverte. Cela dit, la discussion en cours révèle que de nombreux gouvernements dans le monde commencent à se poser la question : doit-on vraiment permettre aux enfants un accès illimité à des plateformes dont le modèle économique repose souvent sur la captation de l’attention des utilisateurs ?
Peut-être verrons-nous bientôt une génération passer ses après-midis à jouer au football ou à profiter des parcs, au lieu de regarder le centième influenceur commenter un bubble tea ou nous expliquer pourquoi tout le monde a tort. Une telle évolution pourrait sembler catastrophique pour certains adolescents, mais je suis convaincu qu’à long terme, cela pourrait bénéficier à leur concentration et à leur bien-être global.
Points à retenir
- La Thaïlande envisage des restrictions sur l’utilisation des réseaux sociaux pour les jeunes.
- Plus de 93 % des Thaïlandais sont connectés à Internet, avec une moyenne de huit heures d’utilisation par jour.
- Les enfants de moins de deux ans passent déjà plus d’une heure par jour devant des écrans.
- Les experts s’inquiètent des conséquences néfastes sur le développement des enfants.
- La coopération entre différents acteurs est cruciale pour une approche globale.
- Le rôle des parents reste essentiel dans l’éducation numérique de leurs enfants.
En réfléchissant à l’ensemble de cette problématique, je me demande si les solutions envisagées pourront véritablement changer les habitudes. Les défis posés par la technologie sont immenses, mais je suis confiant que des approches responsables peuvent offrir aux jeunes un environnement plus sain et équilibré.
