ven. Juin 26th, 2026

À Madrid, le 14 septembre, des représentants américains et chinois ont entamé une première journée de discussions concernant leurs relations commerciales tendues, alors qu’une échéance de cession approchait pour l’application de vidéos courtes TikTok. Ces discussions se déroulent sur fond de demandes de Washington visant à inciter ses alliés à imposer des droits de douane sur les importations en provenance de Chine, principalement à cause de ses achats de pétrole russe.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré à la presse en quittant le palais du gouvernement : « Nous recommencerons demain matin. »

Ces négociations, qui se sont tenues dans le baroque Palacio de Santa Cruz, siège du ministère espagnol des Affaires étrangères, ont vu s’affronter des délégations conduites par M. Bessent, le représentant commercial américain Jamieson Greer, le vice-premier ministre chinois He Lifeng et le principal négociateur commercial de Pékin, Li Chenggang. Elles se sont conclues après environ six heures d’échanges.

Cela représente la quatrième réunion en quatre mois des deux parties dans diverses villes européennes, tentant de prévenir l’effondrement d’une relation commerciale déjà fragile en raison des taxes douanières imposées par le président Trump.

Leur dernière rencontre s’est tenue à Stockholm en juillet, où ils ont convenu en principe de prolonger de 90 jours une trêve commerciale qui avait réduit de manière significative les lourds droits de rétorsion imposés de part et d’autre, tout en rétablissant l’acheminement des terres rares de la Chine vers les États-Unis.

M. Trump a approuvé la prolongation des taux de droits de douane actuels sur les biens chinois, qui s’élèvent à environ 55 %, jusqu’au 10 novembre.

Les experts en commerce estiment qu’il est peu probable qu’un réel progrès soit réalisé lors des pourparlers organisés en Espagne.

Le résultat le plus probable des discussions à Madrid serait une nouvelle extension du délai accordé à ByteDance, propriétaire de TikTok, pour céder ses activités américaines avant le 17 septembre, sous peine de fermeture aux États-Unis. Une source familière des discussions de l’administration Trump a indiqué que ce délai serait prolongé une quatrième fois depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump en janvier.

Questionné sur l’avenir de TikTok, cette problématique n’avait pas été abordée lors des précédentes rondes de négociations à Genève, Londres ou Stockholm. Cependant, son inclusion sur l’agenda des discussions constitue un soutien politique pour l’administration Trump en vue d’une nouvelle prolongation.

M. William Reinsch, spécialiste du commerce au sein du think-tank Centre for Strategic and International Studies à Washington, souligne qu’« il n’y a pas d’attentes de résultats significatifs entre les États-Unis et la Chine tant qu’il n’y a pas de rencontre directe entre Trump et Xi Jinping. Organiser cela est vraiment l’objectif de ces discussions ». M. Trump a à plusieurs reprises exprimé le désir d’une telle rencontre, mais M. Reinsch précise que les Chinois préféreraient attendre de connaître les résultats avant d’accepter.

Quant à Mme Wendy Cutler, ancienne négociatrice commerciale pour l’USTR, elle s’attend également à ce que des « résultats plus substantiels » soient réservés pour une éventuelle rencontre entre Trump et Xi, possiblement lors d’un sommet de la coopération économique Asie-Pacifique à Séoul à la fin octobre. Cela pourrait inclure une résolution définitive concernant TikTok, ainsi qu’une levée des restrictions sur les achats chinois de soja américain et une réduction des droits de douane sur les produits chinois liés au fentanyl.

Selon Mme Cutler, « la Chine n’est pas pressée d’accepter un accord sans concessions significatives sur les contrôles à l’exportation et des tarifs plus bas, qui sont leurs priorités majeures. Et je ne pense pas que les États-Unis soient en position de faire de grandes concessions à moins qu’il n’y ait une avancée sur leurs demandes faites à la Chine. »

Le département du Trésor a aussi indiqué que les discussions de Madrid porteront également sur des efforts conjoints des États-Unis et de la Chine pour lutter contre le blanchiment d’argent, notamment face aux demandes de l’administration américaine visant à ce que Pékin réprime les envois illicites de technologies vers la Russie pour soutenir sa guerre en Ukraine.

M. Bessent a exhorté, le 12 septembre, les alliés du G7 à imposer des « droits de douane significatifs » sur les importations en provenance de Chine et d’Inde pour les inciter à cesser leurs achats de pétrole russe, dans le but de réduire les revenus pétroliers de Moscou et d’encourager des négociations de paix en Ukraine. Les ministres des Finances du G7 ont mentionné le 12 septembre qu’ils avaient discuté de ces mesures et convenu d’accélérer leurs discussions sur l’utilisation des actifs gelés en Russie pour soutenir la défense de l’Ukraine.

M. Bessent et M. Greer ont ajouté dans une déclaration distincte que les alliés du G7 devraient se joindre aux États-Unis pour imposer des droits de douane sur les importations des pays qui achètent du pétrole russe.

Les États-Unis ont déjà appliqué un tarif supplémentaire de 25 % sur les produits indiens en raison des achats de pétrole russe, mais n’ont pas, à ce jour, imposé de telles sanctions sur les produits chinois.

Le ministère chinois du Commerce a déclaré que les discussions à Madrid porteraient sur des enjeux économique et commerciaux tels que les droits de douane américains, “l’abus” des contrôles à l’exportation et TikTok.

Les pourparlers doivent reprendre entre 8h et 10h, heure locale (14h à 16h, heure de Singapour) le 15 septembre, avec des conférences de presse potentielles programmées dans l’après-midi.

Points à retenir

  • Les discussions américano-chinoises ont lieu à Madrid et abordent des enjeux de commerce international et de technologie.
  • Le délai accordé à ByteDance pour TikTok pourrait être prolongé, ce qui est devenu un point sensible dans les relations commerciales.
  • Le contexte géopolitique, notamment les achats de pétrole russe par la Chine, influence fortement les négociations.

Dans ce contexte complexe, il est important de se demander quelle sera l’issue des pourparlers entre deux grandes puissances mondiales. Les décisions prises auront-elles un impact durable sur leurs relations économiques, et quel rôle ces négociations joueront-elles dans l’équilibre géopolitique mondial ? Ces questions méritent une réflexion approfondie, notamment en considérant l’influence croissante des nouvelles technologies sur le commerce et la diplomatie.


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