dim. Juin 14th, 2026

L’orbite de la Lune autour de la Terre n’est pas circulaire, mais elliptique : son trajet est ovale, ce qui signifie qu’à certains moments, elle se rapproche davantage de nous. Ces moments, appelés périgées lunaires, donnent lieu aux phénomènes connus sous le nom de « superlunes », événements qui se produisent plusieurs fois par an. La première superlune de 2026 sera observée le samedi 3 janvier, lorsque notre satellite sera à une distance géocentrique de 362 282 kilomètres.

Cependant, malgré certains titres sensationnalistes qui ont circulé lors de la dernière superlune de décembre, celle-ci sera très similaire à celle de ces dernières semaines : rien d’extrême, rien d’irrépétable, rien qui ne modifie notre perception du ciel, ni même à attendre jusqu’en 2042, comme certains l’ont prétendu.

Alors, qu’y a-t-il de spécial dans cette première superlune de l’année ? Oui, mais cela sera difficile à reconnaître pour l’œil non averti, car un concept complexe entre en jeu : le lunasticio (ou « Major lunar standstill » en anglais).

Lunasticio

Le lunasticio est comparable au solstice solaire, mais appliqué à la Lune. Alors que le Soleil connaît deux solstices par an (été et hiver), la Lune observe deux lunasticios tous les 18,6 ans, soit le temps nécessaire pour compléter un cycle complet d’orientation de son orbite.

Contrairement au Soleil, la Lune ne suit pas constamment le même chemin dans le ciel, car son orbite est inclinée de 5,1° par rapport à l’écliptique (le plan de mouvement du Soleil), qui est lui-même incliné de 23,4° par rapport à l’axe de la Terre. Ainsi, la Lune atteint un point extrême dans son orbite tous les 18,6 ans. Pendant cette phase, elle monte quelques degrés plus au nord-est ou descend quelques degrés plus au sud-est, traçant un chemin que le Soleil n’a jamais emprunté, et ne l’empruntera jamais.

Cela ne se traduit pas uniquement par deux dates précises, comme c’est le cas pour notre Soleil. Le lunasticio s’étend sur une période de deux ans, donc chaque superlune durant cette période est considérée comme un « lunasticio » ou une phase cyclique au cours de laquelle notre satellite atteint ses extrêmes maximaux de déclinaison, autrement dit, ses points les plus hauts et les plus bas dans le ciel. Celle de cette année a commencé en 2024 et se termine en 2026.

Cet événement est important car il permet aux scientifiques d’explorer des caractéristiques de la Lune qu’ils ne peuvent observer qu’une fois par génération, mais il n’a rien à voir avec la taille apparente de la Lune, son éclat ou sa visibilité, ni avec quoi que ce soit que nous puissions percevoir à l’œil nu.

Un autre aspect intéressant du lunasticio est son lien avec certaines constructions anciennes, comme les roches mégalithiques de Stonehenge, à Londres, où des équipes d’archéo-astronomes étudient si, en plus de l’alignement bien connu avec les solstices solaires, le monument pourrait également être connecté aux positions extrêmes de la Lune durant un lunasticio majeur.

Si cette hypothèse se confirme, elle pourrait offrir de nouvelles perspectives sur la manière dont les cultures anciennes observaient et comprenaient les événements célestes.

Mais quiconque observe la Lune depuis sa fenêtre ne verra qu’une Lune pleine normale, qui sera plus intense en raison de son statut de superlune, mais rien d’absolument extraordinaire comme certains médias l’annoncent.

Le seul changement sera sa trajectoire dans le ciel : elle sortira plus au nord-est que jamais et se déplacera un peu plus haut que d’habitude. Ce détail ne sera perceptible que pour ceux qui étudient l’orbite lunaire ou planifient des photos très spécifiques, comme nous, les astrofotographes, mais cela ne sera même pas évident.

Comment profiter de la superlune et du lunasticio ce samedi prochain ?

Si vous avez des connaissances en astrofotographie et en alignements, vous pouvez rechercher un monument situé au nord-est (comme une église ou un château) afin d’essayer de photographier la sortie de la Lune, qui ne ressortira plus de ce point jusqu’en 2043.

Vous pouvez choisir un horizon dégagé, comme un phare, et planifier une photographie où la Lune interagit avec ce phare ou d’autres éléments du paysage, en utilisant un téléobjectif pour capturer des détails ou un objectif polyvalent de type 24-70 mm, tirant avec un intervalomètre toutes les secondes pour enregistrer son mouvement. Des applications comme PhotoPills ou Stellarium vous aideront à prévoir les événements astronomiques à l’avance.

La superlune du samedi 3 janvier apparaîtra à l’horizon vers 18h00, avec une variation d’environ 20 minutes en fonction de la localisation, mais coïncidera pour la plupart avec la fin de l’heure dorée (la fin du coucher de soleil, avec le soleil déjà couché et le ciel commençant à prendre une teinte bleuâtre).

Donc, si vous me demandez si cela vaut la peine d’observer la dernière superlune de 2025… Oui, elle en vaut la peine, car la Lune ne déçoit jamais, et toute excuse pour lever les yeux vers le ciel et rêver est toujours valable.

Points à retenir

  • L’orbite de la Lune est elliptique, ce qui influence son interaction avec la Terre.
  • Les superlunes se produisent lors des périgées lunaires, où la Lune est plus proche de la Terre.
  • Le lunasticio se produit tous les 18,6 ans, modifiant la trajectoire de la Lune dans le ciel.
  • Les superlunes n’entraînent pas de changements visibles pour l’observateur ordinaire.
  • Des études anciennes pourraient relier le lunasticio à des monuments comme Stonehenge.

En tant qu’astronome amateur, je trouve que ces événements célestes, bien que parfois dépeints comme spectaculaires, nous rappellent la beauté continue de notre univers. Même si nous ne percevons pas tout, chaque occasion de contempler la Lune stimule notre curiosité et nous connecte à la nature. La magie des cieux reste un sujet de discussion enrichissant, ne pensez-vous pas ?


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